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LA JUMENT DE GIA B I

Le Voyage en Orient est suivi de différents appendices: entre autres, la traduction d'un récit de l'Arabe Fatalla Sayeghir, qui raconte son séjour chez les Arabes errants du Grand Désert, (l'est de ce récit qu'est extraite l'anecdote suivante.

Les Bédouins 1 aiment beaucoup à entendre des histoires après souper. En voici une que l'émir 2 nous raconta ; elle peint bien l'attachement extrême qu'ils ont pour leurs chevaux et l'amour-proprc qu'ils montrent pour leurs qualités.

Un homme de sa tribu, nommé Giabal, avait une jument très renommée. Ilassad-Pacha, alors vizir de Damas, lui en lit faire, à plusieurs reprises- toutes les offres imaginables, mais inutilement ; car un Bédouin aime autant son cheval

i . On sait que les Bédouins sont les Arabes nomades. 2. L'émir Douhi, chef de la tribu de YYould-Ali et de trois autres tribus campées, à trois journées de Damas, dans un endroit appelé Misarib.

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. I » j . . I . ■ 1 1 1 1 1 1 ■ • . Le pacha lit des menaces qui n'eurent paa plus de succès. Vlors un autre Bédouin, nommé Giafar, étanl venu le trouver, lui demanda < * • « j 1 1 i I lui donnerai! ^ il amcnail l.i juincnl de < îiabql. Je i emplirai <\ or ton répond il [lassad, qui rt.1nl.11i comme un affront de n'avoii pas réussi. La chose a van I fait du bruit, Giabal attachait sa jumcnl la nuil par un pied avec an anneau de fer donl la chaîne passai! dans sa tente, étanl arrêtée, pai un pique! fiché en terre, tous le feutre qui servait de lit < lui e! a sa Femme \ minuit, Giàfar pénètre dans la tente en rampant, et, se glissant entre Giabal et sa femme, il pousse doucement tantôt l'un, tantôt l'autre: le mari secroyail poussé par sa Femme, l.i femme par le mari, e! chacun faisait place. \l"i- Giafar, avec un couteau bien affilé, fail an trou au feutre, retire le piquet, détache la jument, monte dessus, et, prenant La lance de Giabal, l'en pique légèrement, en disant < est m far qui ai pris ta belle jument ; je t'avertis a temps El il part. Giabal s'élance hors '!<■ sa tente, . « j ■ | »« - 1 1 ■ * des cavaliers, prend la jument de son frère, et ils poursuivent Giafar peu danl quali e heures.

La jument du frère de Giabal était » 1 « - même sang que la

sienne, quoique moins bonne. Devan i t"u> les autn

valiers, il était au moment d'atteindre Giafar, lorsqu'il lui crie : Pince-lui l'oreille droite et donne un coup d'étrii Giafar obéit et part comme la foudre La poursuite devient alors inutile : trop de distance les sépare. Les autres Bédouins reprochent à Giabal d'être lui-même la cause de la perte de sa jument1. J'aime mieux, répondit il, la perdre quede ternir sa réputation. Voulez-vous que je laisse dire dans la tribu de Would-Ali* qu'une autre jumcnl a pu dépasseï la mienne? Il me reste du moins la satisfaction de dire qu'aucune autre n'a pu l'atteindre i II revint chei lui avec cette consolation, el Giafar reçut le prix »!<• son adresse

i. ce Chaque Bédouin accoul ■ son cheval à un signe qui lui fait dé|

tonte sa vitesse. Uni s'en sert que dans un pressa ni besoin, et n'en confierait |i.ts le secret même à son 61a (Note de Lam irtine.)

i. u Tribu dont les chevaux mil le plus de réputation parmi I douins » (Note de I amartine.)

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