‹ Œuvres choisiesChapitre 41 sur 124 · LA RÉVOLUTION FR 1 WÇ USE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION FR 1 WÇ USE

Dans sa Critii/nc de l'Histoire des Girondins, écrite en 18G1, Lamartine reconnaît lui-même ([lie cette appréciation île l'esprit de la Révolution est « plus lyrique que politique » el qu' a il faut lire ces pages avec une extrême précaution de jugement ».

Il va dos objets dans la nature dont on ne distingue bien la for me qu'en s'en éloignant. La proximité empêche de voir comme la distance. H en est ainsi des grands événements. La main de Dieu est visible sur les choses humaines, mais cette main même a une ombre qui nous cache ce qu'elle accomplit. Ce qu'on pouvait entrevoir alors1 delà Révolution française annonçait ce qu'il y a de plus grand au monde : l'avènemenl d'une idée nouvelle dans le genre humain, l'idée démocratique, el plus lard le gouvernement démocratique.

Cette idée était un écoulement du christianisme. Le christianisme, trouvant les hommes asservis et dégradés sur toute la terre, s'était levéà la chute de l'empire romain comme une vengeance, mais sous la forme d'une résignation. Il avait proclamé les trois mots que répétait à deux mille ans de distance la philosophie française : liberté, égalité, fraternité des hommes. Mais il avait enfoui pour un temps ce dogme au fond de l'âme des chrétiens. Trop faible d'abord pour s'attaquer aux lois civiles, il avait dit aux puissances :

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