Bruslart de Sillery, coînte de Genlis
3. Boyer-Fonfrède, le plus jeune des Girondins : il n'avait que vingt-sept ,-ins. Son beau-frère Ducos, à qui l'unissait la plus tendre amitié, en avait vingt-huit.
.'i. Bristol démasqué, violent pamphlet publié par Camille Desmoulins en février 1792. Il avait été suivi, en 1 7^3, d'une Histoire des Brissolins, autre pamphlet, qui avait achevé de discréditer Brissot et ses amis politiques. Mais, quel qu'ait clé le succès île ces brochures, elles ne contribuèrent que pour
hl RMERS MOMBNtS DES GIRONDINS
puis supportai la rue de mon ouvi ige! je sens les ooutti leur ~.ni rejailli] sur oette m. nu qui les a 'linon (
jeune homme était ' amille Desmoulins, inconséquent dans x.i pitié t omrae dans -.1 liainc, el donl la i perverse ou puérile cédait aux larmes comme elle provoquai I le sang. La foule, indifli le retint . et le
lit taire 1 omme nu enfant,
Il ci.ut onze heures du toii Vprèsun moment <l< m 1 1. contre-coup du jugement, à l'émotion des condamnes, sus cris de Vive la république! ■ poussés par la roule, l< séant e lui l<-\ 1
Les Girondins, en descendant un •> un de leurs bam groupent autoui du 1 idavre de \ alazé étendu sur un le touchent respectueusement du doigl poui^s'as 11 l rcs pire encore; puis, comme saisis' d'une inspiration électrique au eontacl du républicain sacrifié pai sa propre main, ils s'écrient d'une seule voix: Nous mourons innocents, vive l.i république! Quelques-uns jettent au même instant des poignées d'assignats, non. comme on l'a cru, pour faire appel ii la corruption et .1 l'émeute, mais pour léguci au peuple, comme les Romains . une monnaie désormais inutile 1 leur propre vie. La foule se pré» ipile sui a mourants et
parait s'attendrir. Hermatan ordonne aui gendarm leur devoirel '1 entraîner !<•> condamnés. Il- rentrent sous la voûte de l'escalier qui descend au'i cachots. Leui >li-l«iii. un moment déconcertée, revient tout entière La certitude de leui sort. Mon ami, 'lit en affectant le rire Ducos 1 Fonfrède, )'• ne vois plus qu'un moyen dénoua sauvci : c'est de déclarer Yunili de nos deux v^eset ['indivisibilité de nos deux tètes. Fonfrède sourit mélancoliquement. Sa pensée, plus conforme nvee un pareil moment, pleurait
une faible part a la parti dea Girondins — Tout cea détails mit l'altitude dea condamné* et aur celle di Camille Dramoulina *unt oonfon t «I un
t' moin w ulaire, \ il tte, juré au tribunal révolu tionnairo.
1. Allusion a la coutume romaine ilu distribuer île l'argent a l'occasion dos funérailles,
j. Préaident du trilnin.il révolulionnairvi
au loyer de la jeune famille à laquelle il était arraché. « Ali ! mes pauvres enfants ! s fut sa seule réponse.
Cependant, fidèles à la parole qu'ils avaient donnée aux autres détenus de la Conciergerie de les informer de leur sort par les échos de leurs voix, ils entonnent, en sortant du tribunal, l'hymne des Marseillais :
Allons, enfants de la patrie, Le jour de gloire est arrivé !
et le chantent en chœur avec une énergie désespérée qui fait trembler les marches de l'escalier et les voûtes des guichets et des corridors.
A ces accents les détenus s'éveillent, et comprennent que les accusés chantent l'hymne de leur propre mort. L'horreur èl la pilié leur répondent par des acclamations, des gémissements et des adieux, du fond de tous les cachots.
On les confina tous pour cette dernière nuit dans le grand cachot, cette salle d'attente de la mort. Le tribunal venait d'ordonner que le corps à peine refroidi de Valazé serait réintégré dans la prison, conduit sur la même charrette que ses complices au lieu du supplice, et inhumé avec, eux. Seul arrêt peut-être qui ait supplicié la mort !
Quatre gendarme^, exécuteurs de ce jugement d'Ilermann, suivant pas à pas la colonne des condamnés sous les voûtes du corridor, portaient sur un brancard le cadavre sanglant, cl le déposèrent dan- un angle du cachot. Les Girondins vinrent un à un baiser La main héroïque de leur ami. Ils lui recouvrirent le \isage de son manteau. Si près de se rejoindre, l'adieu fut plus respectueux que triste. « A demain, » dirent-ils au cadavre ; et ils recueillirent leurs forces pour ce lendemain.
Ils v touchaient : il était minuit. Le député Bailleul, leur collègue de I assemblée, leur complice d'opinion, proscrit comme eux, mais qui échappa à la proscription après thermidor, leur avait promis de leur faire apporter du dehors, le jour de leur jugement, un dernier repas, triomphal ou funèbre, selon l'arrêt, en réjouissance de leur liberté ou en commémoration de leur mort. Bailleul, captif lui-même, avait
D1 I ; M 1 RS MOMI M - M - GIRONI
tenu m promesse par l'intermédiaire d'un ami Le aoupei funéraire élail dressé dans le grand I I ' i ■ < hei -
chés, les vina rares, les fleurs ch res, les Dambeaui i breux, couvraient la table de chêne des prisons. Luxe de l'adieu suprême, i des mourants «jni m mil rien a
épai . nri pour le jour suivant ! nd imnéa
fin nier banquet, d'abord poui restaurer en silence leurs : épuisées, puis ila j il |>oiir attendre avec paliei
avei distraction le jour. ' e n'était pas la peine de dormir. I n prêtre, jeune alors, destiné a leur survivre plus d'un demis|. ■, le, I abbé Lambfn i. ami I el d'au! lins,
introduit a la l isoler les mourant
I ii ii ir [es bénir, attendait dans le corridoi la fin du soupei I portes ' latent ouvertes. Il assistait de 1 notait dans son âm ipin el les [
convi* t de loi que la postérité tient la plus grande
partie de i es détails \ éridiques i omme la fidèles comme la mémoire d'un dernier ami*.
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Le repas fut prolonge jusqu'au premier crépuscule du jour. Vergniaud, place au milieu de la table, la présidait avec la même dignité calme qu'il avait gardée la nuit du toaoût en présidant la Convention. Vergniaud était de tous celui qui avait le moins à regretter en quittant la vie, car il avait accompli sa gloire, et il ne laissait ni père, ni mère, ni épouse, ni enfants derrière lui. Les autres se placèrent par groupes, rapprochés par le hasard ou par l'affection. Brissot seul était à un bout de la table, mangeant peu et ne parlant pas.
Rien n'indiqua pendant longtemps, dans les physionomies et dans les propos, que ce repas fût le prélude d'un supplice. On eût dit une rencontre fortuite de voyageurs dans une hôtellerie, surla route, se hâtant de saisir à table les délices fugitives d'un repas que le départ va interrompre. Ils manderont et burent avec appétit, mais sobrement. On entendait de la porte le bruit du service et le tintement des verres entrecoupés de peu de conversations : silence de convives cjui
« Je pris la poste, accompagné d'un jeune homme de Màcon, devenu de puis mon collègue à l'Assemblée constituante de 18^8. ..
« Le curé de Bessancourt. .. nous donna tous les renseignements désirés sur les derniers jours, sur les diverses dispositions d'esprit, sur les conversations des condamnés. Nous écrivions les scènes, les portraits, les paroles, à mesure que ces souvenirs, provoqués par nos questions, se retrouvaient et se déroulaient dans la mémoire du vieillard ; c'étaient comme les notes du tableau historique que je me proposais de composer d'ensemble à mon retour
« Peu de temps après, je repartis de Paris pour licssancourt, afin de compléter et d éclaircir quelques autres circonstances du récit restées obscures dans mon esprit. J'étais accompagné cette fois par un homme de lettres, confient de mes travaux et devenu lui-même leuiinent historien d'une autre époque de notre histoire... Ce second voyage de Bessancourt et les renseignements minutieux de l'abbé Lambert complétèrent ma conviction... Il est -ans doute possible qu'après un si loni; laps de temps", le curé de Bessancourt ait commis quelques inadvertances de noms, de dates, de détails sur les personnages si nombreux alors dans les [irisons et sur leurs rôles respectifs dan- ce drame pathétique de leur dernière heure; mais il est impossible à qui a entendu ce modeste et sincère témoin de ces scènes de révoquer en doute sa véracité... » (Critique de l'Histoire des Girondms, LV-LVI). .1
Cette justification de l'auteur reste insuffisante. On ne saurait aller jusqu'à nier, comme Cassagnac l'avait fait, l'existence de l'abbé Lambert. Mais le festin funèbre est une légende, due, semblé- Wl, à l'imagination fertile de Charles Nodier: elle apparaît en effet pour la première fois dans son Dernier Banquet des Girondins, publié en i833