VIE DE FAMILLE
Le premier livre des Nouvelles Confidences est consacré en grande partie à la peinture de la vie que menait à Màcon, clans la jeunesse du poète, la famille de Lamartine. Il contient une originale série de portraits des principaux personnages de cette famille, entre autres celui des deux tantes paternelles du jeune homme.
La vie que nous menions alors à Mâcon, dans ce cercle de maison paternelle, de famille et de société, était monotone, régulière et compassée, comme une existence monacale dont le cloître eût été étendu aux proportions d'une petite ville. Une pareille vie était de nature à faire croupir l'eau même des cascades des Alpes que je venais de visiter, ou à faire faire explosion par ennui à l'âme d'un jeune homme chargée de malaise, de besoin d'air, et d'énergie sans activité.
Je restais enfermé dans ma chambre haute, avec mes livres et un chien, jusqu'au moment du diner, qu'on sonnait au milieu du jour. Après le dîner, nous nous rendions respectueusement tous dans le salon du grand hôtel1, pour nous réunir au reste de la famille. Là, nous trouvions notre' oncle et nos tantes conversant, lisant, filant après leur diner. C'était
i. L'hôtel de Lamartine, maison héréditaire de la famille, que l'oncle du poète, François-Louis de Lamartine, possédait pt habitait conjointement avec ses deux sœurs.