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I. V. Poésie, Introduction, p. ix-x

L'ABBfi SIGOB

des bienfaits qui nous ont donné dans ces tantes et dans icles de secondes mères etdcsccomls pi

A|ii.- cette rude qui se prolongeait une heurt

deux, el dont nous comptions les lentes minutes sur le cadran de la cheminée, dont L'aiguille nous semblait paralysée, ma mère rentrait clic/ elle avec ses lille> pour assister aux l< de leurs maîtres, ou bien elle recevait à son tour les visites incessantes des personnel <]<• la \illc qui préféraient h maison el son entretien gracieux et tendre à l'austérité un w u trop majestueuse de l'hôtel de la vieille famille, lion père allait faire sa partie d éi becs, <!c trictrac ou de boston chez quelque douairière de l'ancienn non <!>• M

die/ quelque officier de -mi régiment, marié el retiré comme lui, depu ition, dans >.< ville natale Quant « moi,

je u ii, ii- dans ni. i chambre, ou j'allais me promener seul

et mélancolique dans les sentiers déserts qui cpdpenl les champs, derrière L'hôpital. On voit delà les i ils de la \ille. m de l.i Saône, ses prairies a perte de vue, semblables aux steppes du Danube sortant de La Servie pour entrer en Il grie ', et enfin le Jura et les Mpës;les Unes, d'où mon I ne pouvait se détacher, comme ceux du prisonnier ne peuvent se détacher du mur derrière lequel il a ileil,

l'amour et l,i Liberté.

L'AUBÉ SIGOR'

Après la vie de famille, la wc do société. Le soir, l'oncle de Lamartin« i. unissait dans m>ii sal'.n un petit cercle d'habitués i t d'amis de l;i maison : il j avait là « tout ce que le pays comptait d'hommi éminents, intéressants ouspirituels, d

i était d'abord un vieil abbé vénérable el vénéré dans la province pt au-delà, avec une perruque lame, une longue

i. A l'Orient C> 833), Lamartine était \< . -rbie.

et grave figure de parchemin, une loupe énorme sur la lèvre inférieure, une pose de commandement, une voix de siècle sortant du fond d'une bibliothèque où l'on remue des in-quarto poudreux. 11 s'appelait l'abbé Sigorgne ; il avait occupé, avant la Révolution, quelque haute et souveraine fonction sur les prêtres du diocèse, dont j'ai oublié la nature et le nom1. Il avait beaucoup écrit, et entre autres un livre intitulé le Philosophe chrétien, qui a encore une réputation de séminaire et de théologie. Il était prodigieusement savant dans toutes ces choses que personne ne se soucie desavoir aujourd'hui : blason, droit canon, questions de bénéfices ecclésiastiques, questions de casuiste, etc. ; mais il cultivait en outre avec succès les mathématiques, les sciences naturelles, la chimie. Les prêtres de ce temps-là ne ressemblaient en rien à ceux d'aujourd'hui : ceux de ce temps-ci sont du sacerdoce seulement ; c'est mieux, mais c'est autre chose. L'abbé Sigorgne avait été toujours du monde le soir, tout en étant de la science et de l'Église le malin. Il avait voyagé, il avait habité longtemps Paris, il y avait été docteur en Sorbonne ; il avait fréquenté les salons de Mme du Deffant et de Mme Geoffrin ; il y avait connu les écrivains et les philosophes du dix-huitième siècle. Ses rapports avec d'Alembert et Diderot n'avaient altéré en rien ses opinions religieuses. Il discutait avec eux sans les haïr, mais sans leur rien céder de ses convictions. Son caractère était une de ces trempes sur lesquelles tout glisse sans altérer le tissu de l'acier ; doux au contact, ferme à frapper. Il avait eu avec Voltaire une correspondance et avec Jean-Jacques Rousseau une discussion imprimée2 dans laquelle le philosophe de Genève et le philosophe de Mâcon s'étaient combattus en présence du public avec talent, politesse, dignité, estime mutuelle. L'abbé Sia;ora;ne était naturellement fier de cette lutte avec un si célèbre adversaire. S'être mesuré avec Jean-Jacques Rousseau était une gloire même pour un orthodoxe et pour un vaincu. Il rejaillissait de tout cela une haute considération sur le nom

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