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LE RETOUR DE VERSAILLES

Un sait que le 5 octobre i~S() la populace parisienne, exaspérée j>ar la famine et par le fameux banquet militaire où l'on disait que la cocarde tricolore avait été foulée aux pieds, se porta en masse à Versailles, réclamant « Du pain! » à grands cris. Le lendemain, la foule, femmes, enfants, ouvriers sans travail, gardes nationaux, rôdeurs sans aveu, envahit pêle-mêle le palais, tua plusieurs gardes du corps, fit prisonniers le roi, la reine et le Dauphin. Puis toute la famille royale fut ramenée à Pan> au milieu de ce sinistre cortège.

L'armée marchait en trois corps : d'abord le groupe hideux des égorgeurs, suivis d'une multitude en haillons de femmes et d'enfants qui se pressaient pour contempler avec une curiosité stupide les tètes coupées des gardes du corps élevées eu trophée au bout des piques. Un homme à longue barbe, ilonl on ignorait encore le nom et la patrie et qu'on prenait à tort, à cause de sa haute taille et de ses membres d'athlète, pour un modèle d'atelier, portait la première tète.

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