‹ Œuvres choisiesChapitre 95 sur 124 · T* HISTOIRE DES CONSTITUANTS · texte numérisé non relu

T* HISTOIRE DES CONSTITUANTS

A la suite, cl à une heure d'intervalle de cette écumfc du peuple, s'avançait en innombrable colonne le peuple iuimême de la ville et des faubourgs, hommes, femmes, enfants, armés de tronçons de sabres, de lames d'épées, de fers de piques, qui suppléaient les baïonnettes dans leurs mains Ils marchaient au chant du Ça ira, en dansant des farandoles patriotiques, et en conduisant devant eux des charrettes de 1 j ï « • et de farine enlevés à l'approvisionnement de Versailles, et ramenés comme des conquêtes sur la faim dans Paris. « Vive la nation et vive le roi ! » criaient-ils aux spectateurs sur la route. « Réjouissez-vous. ]\ous ne mourrons plus de faim. "Nous vous ramenons le boulanger el la boulangère] »

L'artillerie de la garde nationale les suivait ; mais les artilleurs avaient prêté leurs pièces à la sédition pour lui complaire et pour mieux fraterniser avec la populace, dont ils semblaient seulement orner le délire. Les chevaux, les moyeux." les timons, les affûts, les canons, les caissons euxmêmes étaient envahis par des femmes, véritables bacchantes de guerre : les unes debout, les autres assises, celles-ci couchées, celles-là à cheval sur le fût des pièces, couronnées de verdure arrachée aux jardins du parc, tenant à la main les mèches allumées, se versaient entre elles des flacons de vin qu'elles buvaient à la victoire du peuple et à la conquête de la nation.

L'armée parisienne, qui précédait et devançait le cortège du roi, marchait sur deux lignes épaisses de chaque côté de la route. Entre ces deux lignes, se traînaient les gardes du corps, leurs uniformes souillés et déchirés, la tète nue sous une pluie çlaciale, troupe décimée, désarmée, humiliée, pardonnéc, à laquelle il ne manquait que des fers pour représenter les captifs antiques suivant le char du vainqueur. Les gardes nationaux les protégeaient contre les insultes du peuple, et leur arrachaient, de distance en distance, le cri forcé de Vive la nation !

Lafavelle.pour laisser au roi l'ornement et la sécuritéd'une escorte personnelle el disciplinée au milieu de cette armée de

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volontaires, a rail rangé devant, den tutoui des \"«

tures royales le régiment <U' Flandre, <| ■ ■ 1 s'était fait donner ' les (li agons, les i has

leurs, le» grenadiers cl les ccnt-6uisses d< la garde, milice étrangère, fidèle, odieuse au peuple et o uslernéc de servi i ainsi «Il il.-, , ii ation ■> l.i 1 1 voile.

Les voitures roulaient lentement au pas des troupes dans des flots de boue et aoua un ciel sombn de baïonnettes et de curieux ai leui bords

d< ii roule de toutes les cami les ville

sinès de Pai is

I i bjet <l«' tous li ! - de « 1 1 i<fi j 1 1. -^ I imac

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1ère le spectacle < l< >i ■ t il était lui-mèmi visage, obligé d'afTectet la sérénité dans la contraint lisulction dans le désespoir, supportait dignement les veus <!.• les amis et de ses ennemis. Il apen .ut dans lea

groupes de paysanscl de citadins, ^m la i loues uns

ri *d( lespect, d'intelligence et de pitié qui --''il les ralraii Iiîssm menls de i àme tur i «des

vaincus La reine déguisait mal, sous ses paupièn

p. m les larmes et ! ■ paleui di ses inson s, la honte et

l.i douleui di sa situation, Elle savait que c'était surtout 'te son I • »n que ii iomp il !•• baine

jusque dans le silence, et l'insulU jusque danï le pardon. Elle s ici usait d'une incorrigible

jaillii sui i'' roi et ses enfants la colère 'i'- la nation obstinée contre elle seule. Elle cherchait et elle rencontrait par m.>menls lea regards attristés m.»i> fidèles de quelques amis -de aes jours heureux, tels que le comte de Feraen, seigneui dois, le comte de Mercyd Vrgenb au,ambassadeui d'Autriche,

i. Entendes qua lo peaple lui aviit pardonna I . •-■

ttes du corps avaient oflert, le i octobi • ment

arrivés i Versailles le régiment de Flandre j avait, comn bord l ' '" ". I,' blsn< I • ■ - si ao< lamé la ro] >l venait «l'-

en abandonnant l« r«»i .•( on fraternisant -i\ec 1 1 meute.

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