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minarets, les fidèles à li prière, montèrenl par son ordre au sommet «In dôme el Grent entendre poui la première fois aux rues désertes de la métropole <ln christianisme en Orient le cli, ml de Dieu est Dieu! Dieu seul est grand; venez n la prière. ■■ < >n renversa les croix, on vida le temple des innombrables images de saints et de saintes, objets de la vénération el de la presque adoration des Grecs Les architectes de Mahomet II commencèrent sous ses yeux a arracher les mosaïques de verre coloré qui forment les tableaux < I « - la voûte.
Vrpètez, leur dit-il, comme s'il eût puisé dans les histoires i|ii il lisait en latin et «mi persan le sentiment de la vicissitude des empires; bornez-vous à recouvrir ces mosaïques il une couche de chaux pour qu elles ne scandalisent l>;is les croyants, mais n'arrachez pas dé la voûte ces incrustations merveilleuses: qui sait si on ne les découvrira pi* un jour clans un autre changement de fortune el tir destinanation de ce temple ? »
Les Italiens et les Grecs de la cour de ce prince qui rapportenl ces paroles ajoutent que la religion «le Mahomet II. altérée en lui par une éducation savante el cosmopolite, étail au fond aussi dédaigneuse pour le fanatisme de ses derviches que pour les superstitions du christianisme grec.
L'iman prêcha dans la chaire du patriarche el célébra la prière d'actions de grâce, le Te Deam ottoman, sur ce même autel où l'infortuné Constantin avait vu le matin célébrer le» mvstères de sa foi el les funérailles de sa propre rnort*.
Mahomet, en sortant de Sainte-Sophie, se fil conduire au palais uY's Blakernes pour s \ installer lui-même avec I empire. La solitude et la tristesse de ce palais, qui changeait de maître en moins d'un jour, émut el attendrit l'âme enivrée mais méditative du conquérant. Le triornphe ne lui déroba pas le deuil. L'ombre de Constantin, dont le sort était encore inconnu, remplissait ces portiques, ces salles, ce troue vides. Quelques vers persans, d'un accent mélancolique, montèrenl
i Le matin, Constantin, bc disposant à la mort, s'était rendu suivi de 1 1 »i i- les grands de sa cour, h Sainte-Sophie après un court office, il y avait reçu li communion des mains du patriarche el y avait fait une confession publique de ses péi hés.
PRISE DE CONSTANTINOPEÉ PAR MAHOMET II 2'w
à la mémoire de Mahomet II à l'aspect de ce monument des inconstances humaines.
« L'araignée, murmura-t-il en posant le pied sur le seuil, flic sa toile dans la demeure des rois, et la chouette nocturne a attristé de ses cris sinistres les tours d Alraziab '. »
Scipion, en entrant à Carthage, avait récité ainsi un distique d Homère sur la ruine de Troie. Les poètes sont les interprètes des héros.
i. Roi légendaire des Touraniens, qui, d'après les traditions de l'Iran, tint longtemps les armées perses en échec.
HISTOIRE DE LA RUSSIE (i855)
XWVIII
PAUL I«r
Le tsar Paul lPr, fils <lr Pierre III el de Catherin^ II. succéda à S8 mère le 17 novembre 1796. Il devait périr assassiné au bout «le quatre années de règne (a a mars 1801).
Paul I" n'était ni borné d'intelligence ni méchant de volonté; son esprit riait étendu, son cœur sensible, ses intentions droites, ses instincts même généreux et magnanimes. Son seul malheur était d'avoir vécu quarante ans dans l'isolement des hommes et dans la terreur de sa mère, craignant sans cesse cruelle ne voulût lui enlever le trône, la liberté, et peut-être la vie. Passer sans transition de cette longue oppression à la toute-puissance était une secousse trop forte pour sa raison. Tremblant de rencontrer, dans le palais de sa mère morte, les pièges et les conspirations sourdes qui avaient couvé contre lui dans les conseils de Catherine, il caressa au premier moment tous les conseillers de l'impératrice, comme pour se faire pardonner de monter au trône, et pour obtenir grf-àcc plutôt qu'obéissance de ses sujets. C'est dans cette pensée qu'il conserva les ministres, et qu'il nomma son fils, le tsafewitz Alexandre1, gouverneur militaire de Pétersbourg,
1. Le futur Kir Alexandre Ier. 11 dut le trône à la conjuration formée avec sa connivence îjour déposer son père, et qui, en réalité, aboutit au meurtre de celui-ci.