ACTE II, SCENE VI
I^s autels sont alors les bornes de la haine. Les noms de roi , d'époux , ne désarment-ils pas? L'hymen a dos devoirs ; le trône a des appas : L'un ou l'autre peut-être adoucira son àme. Tantôt tu permettais plus d'espoir à ma flamme. D'un amant couronné tu relevais les droits ; Et l'amour , à t'entendre , obéissait aux rois.
RODOLPHE
Aussi je ne crois pas la princesse inflexible. Quelque soin , quelque égard peut la rendre sen- Si même à Frédéric elle résiste encor, [sible, JNe l'en accusez point.
CHRISTIERNE.
Et qui donc?
RODOLPHE
Léonor.
Cette femme, seigneur, vous est-elle connue?
CHRISTIERNE.
C'est, s'il m'en souvient bien , la suivante éperdue, Qui , le jour qu'en ces lieux je portais le trépas , Soutenait la princesse expirante en ses bras.
RODOLPHE
C'est votre véritable et mortelle ennemie, Seigneur : Adélaïde est par elle affermie Dans le ressentiment qu'elle fait éclater. J'ai surpris des discours à n'en pouvoir douter. Je dis plus, je la crois tout autre qu'on ne pense. Ce qu elle est se démêle à travers l'apparence; Et tout son air dénonce , à l'orgueil qu'on y lit , Quelqu'un bien au-de.ssusdu rang qui l'avilit. En tout ceci daignez souffrir que je vous guide. Séparons Léonor d'avec Adélaïde.
ao8 GUSTA.VE-WASA.
Cnr.ISTIEP.NK.
Avant à la fléchir , ce sera l'irriter. IV'importe : ton avis n'est pas à rejeter. Use , en homme éclairé , de ton zèle ordinaire. Obscrvc-les de près ; et , s'il est nécessaire , Pour peu que tes soupçons pénètrent plus avant, Tu peux les séparer. Ya : mais auparavant, A quelquegrand péril qu'un prompthymen expose. Vole au temple ; que tout pour demain s'y dispose. Préviens-en de ma part la filîe de Sténon. De l'époux seulement laisse ignorer le nom; C'est au pied de l'autel où je dois la conduire. Qu'en monarque ablolu je prétends l'en instruire.
RODOLPHE
Vous pouvez tout, seigneur. Si pourtant...
CHRISTIERNE.
Plus d^avis
IVi de retardemens. Je le veux ; obéis.