ADÉLAÏDE, SOPHIE
ADÉLAÏDE
Je revois la lumière , et tu veux que je vive ! Mais, sous quel astre enfin? Suis-je reine ou cap- Parle, dois je bénir ou détester tes soins? [tive? Tes yeux de tant d'horreurs étaient-ils les témoins?
SOPHIE
Won, madame; j'étais dans ce palais errante, Lorsque, sans mouvement , pale , froide et mou- Jevousai priseicidela maindesvainqueurs. [rante, Etaienl-ce vos tyrans ou vos libérateurs? Ma vue à tout cela ne s'est guère attachée. Léonor de mes bras venait d'être arrachée. Mon trouble, votre état, des cris renouvelés, Par ces cris les vainqueurs au combat rappelés. De tant d'événemens et le nombre et la suite IN'ont pu de notre sort me laisser bien instruite ; Et du feu meurtrier le bruit sourd et lointain Dit trop que le succès est encore incertain. Mais l'inhumanité que j'ai le moins conçue, C'est l'état déplorable où je vous ai reçue.
ADÉLAÏDE
Tu pâliras ; Sophie, au récit du danger
Qu'en ce désordre affreux l'on m'a fait partager.
Sur ces bords, dont l'hiver a glacé la surface.