ACTE V, SCÈNE II
• ADÉLAÏDE
Je puis y regretter l'état où j'ai vécu. Gustave, Léonor...
CASIMIR
Ciiristierneest vaincu.
ADÉLAÏDE
Et peut-être vengé ?
CASIMIR
Non , mais tout prêt à l'être.
ADÉLAÏDE
Ah! vous n'avez rien fait.
CASIMIR
Ayant vu fuir le traître 5 Qui , du milieu des (lots, brave à présent nos coups, Gustave impatient revenait près de vous. Mais , par des furieux qui refusaient Ja vie, Presque,;de pas en pas , sa course ralentie , [stant. Veutqu'il combatte encor, et vainque à chaque in- « Ami , prends, m'a-t-il dit , un soin plus inipor- « Jesaurai disperser cettefouleimpuissante. [tant, « Pans la tour cependant ma mère est gémissante; « Chasse de devant elle et la crainte et la mort; « Et, pour la rassurer, instruis-la de mon sort. « Je le quitte, et j'accours. Mais, hélas! du rivage, sur un navire exprès approché de la plage, Je découvre... o spectacle où de la cruauté Triomphe sous nos yeux l'horrible impunité ! Christierne, à ses pieds , d'une main forcenée, Tenant sur le tillac Léonor prosternée, Et de l'autre, déjà haussant pour se venger, Le fer étincelant tout prêt à l'égorger. A cet aspect , vers lui nos mains sont étendues.
248 GUSTAVL-VYASA.
Du peuple suppliant le cri perce les nues. Pour une heure le coup demeure suspendu; Et, par un trait lancé ce billet est rendu.
ADÉLAÏDE , le recevant Ali! je ne vois que trop le choix qu'on nous y laisse. ( elle lit bas. )