AU ROI
Pour olileiiir à M . de Fontenelle la permission île passer les Tuileries t-n clialse a porteurs.
Prince, honneur de la monarchie,
Roi, délices de vos sujets,
Et le désespoir de l'envie,
Gnînd, juste , heureux dans vos projets,
Sur l'éloge de qui s'accordent
L'étranger et le citoyen ,
Et qu'avec confiance abordent
La noblesse et le plébéien ,
Protecteur de tous gens de bien,
Nommément de l'académie,
' Allusion à ce joli madrigal de Voltaire adresse à la princesse Ulrique, soeur du roi de Prusse : Souvent un peu de ve'rite Se mêle au plus grossier mensonge ; Celle nuil , dans l'erreur d'un songe , Au rang des rois j'étais monte' :
Je vous aimais , Princesse, et j'osais vous le dire. Les dieuK à mon re'veil ne m'ont pas tout ôlé ; Je n'ai perdu que mon empire.
Sa ÉPITIIES.
Dont j'ai rhonneurd'èlre doyen , Grâce à près de cent ans de vie; :
Daij^ncz, Sire, je vous supplie , Me continuer le moyen Que j avais de voir une amie , En prison , de Taulorité Des juges de la Faculté, Et pour fait de cacochimic.
Hélas! entre elle et moi, le sort , Pour éternelles galeries, \icnt de poser , du sud au nord , La rivière et les Tuileries !
Heux serviteurs auparavant, L'un derrière, l'autre devant, Et moi, tant bien que mal à l'aise.
Entre la goutte et mes vieux ans, Ecuyers assez déplaisons.
Empaqueté dans une chaise , Clu z cette dame , à petit bruit , Depuis nombre et nombre d'années.
Tous les jolis jours que Dieu fit, >'ous allions les après dînées.
J'arrivais là, sans m'écbauffer :
Peu de pas en faisaient l'afifaire ; Là, près d'elle, nonagénaire, J'achevais de philosopher, Passant le temps de ma visite Au centre d'un cercle d'élite Attentif à ma faible voix ; Y parlant beaux arts et nature , Sciences et littérature .
i^Ième y poliliquant parfois;
Mais cela , Sire, je vous jure , Par amoni- pour vous loule pure, Seulement pour faire à mon choix Venir, comme par aventure, Le petit mot sur vos exploits, Et pour bénir les destinées D'avoir prolongé mes années Jusqu'aux jours heureux que je vois ; Jours de paix , et de paix durable , Paix glorieuse au nom français " , Digne ouvrage du plus aimable Et du plus aimé de nos rois.
J'en eusse eu bien encore à dire Avant mes cent ans révolus.
Et ! quel lenips y pourrait suffire !
Des sentimens qui vous sont dûs.
Et que votre ])ersonne inspire.
Le cœur s'emplit de plus en plus :
L'orateur en paix comme en guerre, Jamais ne fut donc mieux en fonds.
Je Iriomplierais, j'en réponds.
Mais voilà ma tribune à terre.
Et mes gens par-delà les ponts.
A travers vos jardins, en chaise, Permettez que je coure après :
D'un détour affreux qu'il vous plaise 3Ie sauver la honte et les frais !
Oui, la honte; car j'envisage Que ce serait acte peu sage, Et tout des plus irréguliers ,
' l'aix il'Aix-la Cliajiflle.
84 RPITHI-S.
Qu'un homme lettré de mon âge Prît le chemin des écoliers.
Si votre majesté bénigne, D'un lioti trouve ce placet digne, Foi de doyen, je \\\\ promets, Le premier jour d'Académie , Avant trois lieures et demie, De le dire à tous mes cadets.
A cette nouvelle , j ■ gage Que je vais, en brnyans parloirs, Changer vos tranquilles dortoirs, Tous nos fauteuils, en trémoussoirs ; Kt faire devant votre image Jouer trente-neuf encensoirs.
Puis envers vous faut-il ensuite Qu'en belles phrases je m'acquitte; J'aurai la clef des réservoirs.
Je serai là , dans l'hippodrome , Où Pégase a ses plus beaux airs, Dans l'endroit de votre royaume r^e plus fertile en gens diserts.
Sur une si riche matière Rester court en terrain si beau ; Dans le milieu de la rivière.
Ce serait ne point trouver d'eau.
En ce pays de connaissance , Depuis environ soixante ans , Sous mes yeux, la reconnaissance, Au sein de la pure éloquence, Puise et repuise à tous momens, Pour faits de bien moindre importance ; De merveilleux renicrcîniens ,
Mon crédit en ces lieux se vante D'en faire faire a votre gre; EtpourunquejevousdeNTa..
Je vous en garantis quarante.
A MONSlECB
LECOMTEDESAINT-FLORENTIN,