SCÈNE m
CHRISTIERNE, FRÉDÉRIC, CASIMIR.
CHRISTIERNE.
Frédéric savez-vous le destin de la l'eine ?
FRÉDÉRIC
Seigneur , on me l'apprend : et le devoir m'amène...
CHRISTIERNE.
Vous a-ton dit aussi qu'infidèie à son roi
Mon peuple ose, pour vous , s'élever contre moi ?
FRÉDÉRIC
Ah! je le désavoue ! et je n'ambitionne...
Prince , on ne s'ouvre guère à ceux que l'on soup- Qui m'eût été suspect sur un tel intérêt , [çonne. Pour toute confidence, eut reçu son arrêt. Je vous connais si bien que mon ordre suprême , Du soin de nous venger vous eût chargé vo us-même. Si je n'avais pas craint , pour vous ; l'état fâcheux D'un amant qu'on arrache à l'objet de ses feux.
frÉdép.ic.
A de pareils égards je dois être sensible : i\Iais cet objet aimé , seigneur , est inflexible , 11 le sera toujours; et quelque éloignement Serait, pour moi , plutôt un secours qu'un tourment.
CHRISTIERNE.
Le désespoir vous trompe , et n'est qu'une faiblesse
i84 GUSTAVE-WASA.
Que de justes raisons défendent qu'on vous laisse ;
Et je veux...
FRÉDÉRIC
Vous voulez croître ce désespoir , Seigneur , en vous armant de tout voire pouvoir. Ah I laissez-moi me vaincre , et soyez moins rigide I Ne persécutons plus la triste Adélaïde ! Croyant par mon hymen adoucir ses malheurs , Mes assiduités secondaient vos rij;ueurs; Mais puisque sa constance, et vous et moi, nous brave; Puisque le nœud fatal qui l'attache à Gustave Est serré par le temps , loin d'en être affaibli ; Je ne veux, et n'ai plus que la mort ou l'oubli.
CnRISTlKRNE.
Espérez mieux d'un bruit que la cruelle ignore.
fbédÉric.
Et quel bruit?
Ce n'estplus qu'une ombre qu'elle adore
FRÉDÉRIC
Qu'une ombre! quoi! Gustave...
CHRISTIERNE.
Est tombé sous les coups D'une secrète main vendue à mon courroux. Voilà pour son amante une triste nouvelle ; Mais c'est une raison pour tout obtenir d'elle. L'intérêt de vos feux demandait ce trépas. Informez-l'en vous-même, et ne m'accusez pas. D'un glorieux hymen lui relevant les charmes , Achevez d'épuiser et d'essuyer ses larmes. Du reste , vantez lui vos soins officieux , Je leur accorde enfui son retour en ces lieux r Elle y peut revenir. Mais, plus de résistance.