LIGNE XLVII
(101) Le parfait vevofxixa^rtv (sous-entendu oî Upeiç) est à remarquer. Les jours de la naissance et de l'avènement d'Épiphane étaient déjà reconnus pour éponymes, c'est-à-dire, qu'ils portaient le nom du roi ; mais, à dater du couronnement, ils seront désormais célébrés par une fête et une pané7 gyrie.
Quant à l'expression « jours éponymes » et à l'usage qui s'y rattache, les inscriptions de Dendéra et des Cataractes, ainsi que mon commentaire à ce sujet (dans les Recherches pour servir, etc., p. 168 et 383), l'ont, je crois, suffisamment éclaircie. Ces jours portaient le nom du roi, de même que chez nous ceux des saints ; et^ comme le nombre de ces consécrations devait être fort considérable, les mêmes jours pouvaient porter différents noms dans divers temples ; c'est ainsi qu'à prendre les diverses parties du monde catholique, il y a plusieurs saints fêtés le même jour.
Ces deux jours sont le principe, la cause de tout bien, al Sy) X. ây. àpy7)yoi. Le ^y) n'est pas inutile, il donne une force plus grande à cette flatterie. L'emploi de l'adjectif àp)^ir)y6ç, au
lieu de aïno;, est une élégance qui se retrouve dans le style de Polybe(v. Lex. Polyb.) et des Septante (v. Schleusner, 1, 482). L'emploi de ce mot appliqué à une chose, non à un homme, dans le sens de cause, de principe, a une teinte poétique. Euripide a dit de màme xaxGv âpjrT,yov sxçaivet; loyo^^ [Hippol.yW 88i , ibique Valckenaer). Platon avait déjà employé les deux adjectifs TO... aiTiov xal âpy^viyôv aÙTwv eîvai to wOo'jv [CratyL, p. 401 D) ; ce que Polybe a redit plus tard, en mettant àp/;/;y6; le premier (I, 66, 10). La gradation des idées est mieux observée dans Tordre contraire.
« Ces mêmes jours. » L'égyptien dit, selon ChampoUion : « ces jours, le XXX et le XVII {Gramm. égypt,, p. 186). » L'adjectif « mêmes » est remplacé par le nombre répété encore une fois, apparemment pour plus de clarté.
(102) Le supplément, proposé par Porson, éop[TJ)v xxl Travifyvpiv êv toi; xaT* AtJyrjTrTov tepoi;, ne laisse aucun doute : outre que cette restitution est appelée par le sens, l'égyptien montre que la lacune était ainsi remplie ; car il porte : « On î< solennisera ces jours le XVII et le XXX par une panégyrie, « chacune dans son mois, dans tous les temples de l'Egypte.»
Des deux idées de fête et de panégyrie, le rédacteur égyptien n'a rendu que la dernière. Il aura pris sur lui de retrancher l'autre, la croyant comprise dans celle de panégyrie. Encore ici, il est peu probable que l'addition soit du fait du rédacteur grec.
La différence principale consiste dans l'idée « chacun dans son mois », que dit l'égyptien, selon ChampoUion, au lieu de chaque mois, xxTa [x^va, que dit le grec.
L'expression xari (xviva n'est susceptible que d'un seul sens. Comme xax' tviauTov, chaque année, et xaô' Tiuipav, chaque jour, xarà (jLr.va ne peut signifier que chaque mois; c'est notre « par mois ». Citer des exemples à propos d'une chose si claire est parfaitement inutile. D'ailleurs, s'il ne s'était agi que de fêter le 17 Méchir et le 30 Mésori, l'addition « chacun dans son mois » serait absurde. On ne la comprend bien que dans le cas où, pour honorer les deux jours, on les
fête chaque mois, c'est-à-dire, que le 17 et le 30 de chaque mois seront célébrés. L'hésitation de Heyne et de M. Drumann (p. 333) sur ce point n'est pas motivée. Ainsi la fête et la panégyrie en Tbonneur d'Épiphane doivent se célébrer vingtquatre fois par an. La différence est donc encore ici tout à lavantage du grec. Il est clair que le rédacteur égyptien n'a pas compris la locution xa-i (ti^va.