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(108) « Depuis la néoménie de Thoytb. » Je remarque que, dans tous les papyrus et les inscriptions, on rencontre l'orthographe ©wuô, non 0w9. C'était, en effet, la véritable , qu'on retrouve encore dans le copte ocoore.
Ce passage n'a pas été bien compris. Le grec signifie sim-
plemenl que la fête se rélébrera pendant cinq jours à partir du 1" Thoyth. Pourquoi cette époque plutôt que toute autre? Est-ce parce que le commencement de Tannée était une époque plus particulièrement solennisée?
£n insistant sur le mot néoménie, on a cru qu'il s'agissait du 1®' jour de la lune, jour de fête chez les Grecs (Ameilhon, p. 101, Drumann, p. 255), Mais la nouvelle lune n'a rien à faire ici. Le Thoth ou Thoyth , comme tous les mois de Tannée solaire vague égyptienne, ne pouvait, que par 1q plus grand des hasards, commencer à la nouvelle lune. Le rédacteur grec a donc tout simplement exprimé le premier du mois, par un nom grec qui n'avait de sens que dans son propre calendrier; c'est ainsi que Ptolémée dit, la néoménie des Épagomènes, pour, le 1" des Épagomènos {Almag, III, ï, p. 315 Halm.), et la néoménie de Thoth, pour, le 1" (VI, 12, p. 874; V. mes observ. dans le Jownal des Savants^ 1818, p. 267). Ceci est encore un indice que la rédaction primitive est grecque ; dans Thypothèse où le grec aurait été écrit après Tégyptien, celui-ci exprimant le quantième par « le premier», le rédacteur grec n'aurait pas été chercher le mot « néoménie » .
Autre observation à faire : à l'exception de la date du décret, le calendrier macédonien ne parait plus nulle part dans l'inscription. En effet, les rapports compliqués et nécessairement variables des deux calendriers ne permettaient pas d'établir une concordance fixe, à moins de désigner Tannée ; dans l'indication générale des jours à fêter, il était nécessaire de choisir Tun ou Tautre. Or, les cérémonies devant être célébrées par des prêtres égyptiens dans leurs temples, c'était leur calendrier qu'il fallait employer. Nulle équivoque ne pouvait alors exister pour eux.
(109) Dans cette fête annuelle, outre les sacrifices et les libations, qui ont lieu aux autres fêtes, on fera une cérémonie particulière, à laquelle il parait qu'on attachait de l'importance, puisqu'on prend la peine de Texprimer, ev al; xat cteçavr,(popvf<you«7iv. Ameilhon a déjà cité le passage analogue du décret des Sigéens : oTav iè Tuoic^ai BuTia;, crTeçavyjÇopetToxyav
(1. 30, 31, ap. Chish., Ant. As., p. 52). 11 semble donc que ce soit là une cérémonie grecque, insérée au milieu de toutes ces pratiques égyptiennes. En efTet, sur aucun monument égyptien, on n'aperçoit rien qui ressemble à une couronne, comme l'entendent les Grecs, soit portée à la main, soit mise sur la tète, et par conséquent rien qui ressemble à ce qu'ils appelaient aTeçavYjçopia. Il se pourrait que, pour le culte des Ptoléniées au moins, on eût ajouté une cérémonie grecque à toutes les pratiques égyptiennes; cela n'aurait rien que de vraisemblable. Mais cette cérémonie est bien plus ancienne en Egypte. Lé remarquable passage déjà cité d'Hellanicus de Lesbos (5* siècle avant J.-C.) nous montre Tusage des couronnes de fleurs, dans les fêtes des Généthlies, sous le prédécesseur d'Amasis, Apriès (ap. Athen. XV, p. 680, B). Serait-ce là un usage déjà emprunté à la Grèce, ce qui n'aurait rien d'étonnant à cette époque? En tout cas, la aTeçavviçopia, dans les fêtes célébrées lors de la naissance des rois d'Egypte , est sans nul doute une cérémonie bien antérieure aux Ptolémées.
Le signe qui, dans l'inscription hiéroglyphique, correspond au mot (JTeçavy.çopyiGoucriv, selon l'analyse de Champollion, est une espèce de rameau à cinq branches tout à fait analogue à celui qui exprime la végétation dans la notation des mois (plus haut, note 100), excepté que les branches en sont courbes et un peu couchées; ce signe est surmonté d'une sorte de nœud entrelacé (1).
La réunion des deux signes exprime très-bien la double idée que présenteje mot couronne, celle de fleurs et celle d'entrelacer, avÔT, 7r>.exojjL6va; comme dit Hellanicus : crTeçavo;, ôv eTrejJL^ev, (fi) àvôecov 7:X£$a[Aevo; ty; wpa 7:epixx>.).e'7TaTwv.
(110) Le supplément que je propose pour la fin de cette ligne, au lieu de celui qu'a proposé Porson, donne un sens complet et satisfaisant.
(1) [C.-à-d. du signe meA; la figure se trouve dans Toriginal.]