‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 106 sur 152 · LIGNE LUI · texte numérisé non relu

LIGNE LUI

(113) Ici, comme à la ligne 38, le rédacteur a préféré la forme aîîÇw à xOÇavco, qui est plus usitée. A'ï^etv ou aùÇiv^iv Tiva pour dire, «élever quelqu'un, » ^oov, augmenter ses honneurs, rendre sa position plus belle, est du style des Septante : oTi Tti^rtçl^^ 6 ôeoç {Geîi. XLI, 52), où le Codex Alexandrinifs emploie le verbe O'^ouv (V. Schleusner, I, p. 494).

La fin de la ligne se remplit avec toute certitude par les mots que Porson a suppléés. La formule est connue et constante. Toute l'incertitude consiste à savoir s'il y avait èv (mo^y), ei; (TTviV/îv ou eTTi (jtti^tov, avec ou sans l'addition do «x devant (TTepeou ^t6ou, ces locutions étant également usitées. Dansja stèle de Turin, on lit : • . . . To^e v|;Y)çi(;(i.a âvaypa<];ai €7ri gttiXyiv ^lOivTjv Toîç Te é^XTjvixoiç xxl eyy wpioiç Ypa[JL[Jt.xGi ; cela est parfaitement analogue à ce qui se lit sur la pierre de Rosette. La stèle porto en effet deux inscriptions, la première démotique, entièrement effacée, la seconde en grec : comme dans l'inscription de Rosette, les caractères démotiques y sont appelés èy/ capta ypa[jL{xaTa, non ixiy copia, ce qui serait cependant le mot propre, s'il fallait s'en tenir aux distinctions subtiles, trop souvent chimériques, des grammairiens (cf. Bekker, Anecd. gr., p. 187, 28 ; 289, 18). Une remarque à faire, c'est que les caractères grecs sont nommés les premiers, quoiqu'ils ne viennent qu'en second. Dans Tinscription de Rosette, au contraire, les textes sont nommés dans l'ordre où ils sont rangés sur la pierre, sacrés, locaux et grecs. Pourquoi n'avaiton inscrit sur cette stèle que deux seuls caractères, grecs et démotiques? C'est, d'une part, que les auteurs du décret ne sont pas seulement les prêtres de Diospolis, mais aussi les magistrats civils et tous les habitants; et de l'autre, que le sujet n'a rien de religieux, puisqu'il s'agit de conférer des honneurs civils à un particulier.

Porson avait ajouté [xe^avo; devant aTepêou XiGou; mais Tidée do noîre n*est pas dans l'égyptien ; il n'y a que'celle de dure,

comme sur la stèle de Turin^ ex encXinpoiï XiOou (1. 28). Il ne manque qu'un a au commencement de la ligne 84, et peutêtre 63c; mais je crois que la cassure de la pierre, en cet endroit, existait déjà, et qu'elle a obligé de commencer cette dernière ligne un peu en retraite des autres.

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