PAR M. GAU
(bxtrait du comptb-rbndu)
...Le premier monument qu'on rencontre à partir de Syène est un temple égyptien, situé en face de Débout ou Débode. Le savant M. Hamilton, qui Fa décrit le premier, pense que ce lieu est l'ancienne Parembolé, placée par l'Itinéraire d'Antonin [Itiner, vet.^ p. 161) à seize milles au-delà de Philes; et cette opinion me paridt certaine. M. Gau a consacré à ce monument six planches; il en a déjà publié deux très-intéressantes : l'une donne le plan de l'édifice, Tautre, les coupes, l'élévation de la façade et les détails des chapiteaux. Le plan nous montre que ce temple est composé d'un naos, précédé de trois propylons ou portes isolées, placées l'une devant l'autre et dans Taxe de l'édifice; la dernière sert de porte à l'enceinte qui entoure tout le terrain sacré ou hiéron. La disposition de ces propylons rappelle le passage où Strabon (XVII), décrivant le temple d'Héliopolis, dit : « Ensuite s'élève un grand propylon, puis un second, puis un troisième; après on trouve le naos »; le plan de Parembolé peut servir de commentaire à ce passage. Cet édifice offre d'ailleurs des particularités curieuses. La cella ou pièce centrale, qu'on peut regarder comme le sécos dans les temples égyptiens, est d'une construction beaucoup plus ancienne que le reste de l'édifice qui l'environne ; la façade est d'une époque récente, ainsi que les trois propylons ; deux des quatre chapiteaux du pronaos ne sont qu'ébauchés; sur la
50i ANTIQUITÉS DE LA NUBIE
frise et l'architecture on voit deux pierres d'attente, destinées à être sculptées en forme de globe ailé ; et tout annonce que quelques circonstances ont empêché les fondateurs des nouvelles constructions de les terminer, comme ils avaient l'intention de le faire. C'estsur un des trois propylons que M. Hamilton a trouvé une inscription grecque dont je donne la restitution et la date et dont j'explique l'objet, dans un ouvrage maintenant sous presse.
 peu de distance, au sud de Parembolé, on trouve des ruines assez considérables, et d'anciennes carrières oîi il existe des inscriptions ; trois planches leur seront consacrées dans les livraisons suivantes ; elles contiendront aussi les coupes et les vues pittoresques de deux monuments situés à Tehfal.
Les trois planches qui suivent immédiatement celles de Parembolé concernent le monument qui existe à Khalapshé; une inscription, découverte par M. Gau et expliquée par M. Niebuhr (1), démontre que c'est Tancienne Talmis. Le monument, taillé dans le roc, est couvert de sculptures extrêmement curieuses; on y voit un roi sur un char à deux chevaux richement caparaçonnés, poursuivant des ennemis qu'il perce de ses traits : ailleurs ce même prince assiège une forteresse garnie de créneaux; dans d'autres bas-reliefs, il est assis sur son trône, il reçoit ses soldats vainqueurs qui lui présentent des prisonniers enchaînés ou mutilés. Il est à remarquer que les premiers n'ont point de barbe, et que les seconds en ont tous une assez longue et pointue. Ce sont presque les mêmes sujets que ceux du temple de Karnak, représentés avec les mêmes détails, et tout semble nous avertir qu'ils sont du même temps et appartiennent au même prince, soit Sésostris, soit tout autre qui aura porté ses conquêtes en Ethiopie; car je regarde comme certain (2), d'après cette identité, que le lieu de la scène de presque tous les combats dont on voit la représentation dans les monuments de l'Egypte est la Nubie ou l'Abyssinie, et que ce sont des nations éthiopiennes dont
(1) Inscr. Nub., p. 10; voy. notre article, Joum. des Sav., 1820, p. 399.
(2) C*e8t ce que j*ai déjà avancé plusieurs fois. /6., pag. 306, 721.