‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 126 sur 152 · PREMIER VOYAGE EN NURIE · texte numérisé non relu

PREMIER VOYAGE EN NURIE

M. Belzoni partit du Caire, le 28 juin 1816, avec des instructions de M. Sait portant qu'il ferait transporter la tète colossale en porphyre à bord d'un bateau et l'amènerait à Alexandrie. Ce premier voyage contient, outre le détail des opérations de M. Belzoni pour le transport de la tête colossale, le récit de sa première excursion dans la Haute-Egypte et en Nubie, jusqu^à la seconde cataracte. Il dit quelques mots des antiquités de Thèbes, d'Esné, d'Edfou, d'Éléphantine et de Philé; nous ne trouvons à en extraire que cette observation : « On ne voit de représentation d'éléphant sur les monuments

(1) « I found that M. Belzoni lived in Ihe house {of AT. Sait), and waa not only a résident with, but in the pay of M. Sait ». Ce sont les expressions de M. Fiu-Clarence, Journ. o^ a route across India through Egypt, p. 433.

d'Egypte qu'à l'entrée du temple d'Isîs, dans l'île de Philé; le cheval, comme hiéroglyphe, ne se voit que sur l'extérieur du mur 0. de Médinet Abou; et la girafe, sur le mur du Sécos du Memnonium » . Je ne me souviens po\nt que d'autres voyageurs aient dit avoir vu la figure de l'éléphant à Philé; cette observation est d'autant plus curieuse que, selon une opinion de Bochart (1), assez probable, le nom d' c< île de Philé », le seul endroit où l'éléphant soit représenté, signifie a ivoire » et « éléphant », et l'on a tout lieu de croire que, dans l'antiquité, Philé et Éléphantine, dont le nom parait avoir eu la même signification dans les deux langues égyptienne et grecque, étaient l'entrepôt du commerce de l'ivoire apporté des régions de l'intérieur.

Dans son excursion en Nubie, M. Belzoni note tous les endroits où se trouvent, sur les deux rives du Nil, des ruiner de temples antiques : ces indications existent déjà dans le voyage de Light (2), mais principalement dans celui de Burckhardt. La description qu'en donne Burckhardt est beaucoup plus complète que eelle de M. Belzoni : ainsi nous ne nous arrêterons point sur cette partie de la narration.

De retour à Thèbes, M. Belzoni commença quelques fouilles dans la vallée adjacente à celle de Biban el-Molouk ; puis il revint au Caire à l'époque où le capitaine Gaviglia, commandant d'un bâtiment de commerce sous pavillon anglais, faisait des découvertes qui l'ont rendu célèbre. M. Gaviglia trouva que le puits de la grande pyramide, sur lequel on a fait tant de conjectures^ n'est qu'un canal aboutissant à une chambre creusée dans le roc, au-dessous du sol de la pyramide; c'est encore lui qui fit déblayer le grand sphinx, qui jusqu'alors avait été enterré jusqu'à la poitrine, et découvrir un temple placé entre ses deux pattes de devant. M. Belzoni décrit en détail ces belles découvertes; comme elles ont été très-bien

(1) Bochart, Geogr. sacra, I, 4, 26; Jomard, dans la Descr. Aniiq., I, 18.

(2) Un fragment de ce voyage a été publié dans les Nouv. Ann. des voyages, IV, pag. 47-86.

expliquées dans le numéro 37 du Quarterly Review^nous terminerons ici Textrait du premier voyagé de M. Belzoni.

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