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Art. XVII. — « Mais relativement aax anciennes contributions annuelles, sur lesquelles, malgré vos réclamations urgentes, les receveurs des ilnances ont souvent réglé la perception des impôts, en sorte qu'ils n'ont rien fait autre chose que d'enrichir les gens du flsc au détriment des laboureurs, j'en écrirai à César Auguste, empereur, et je lui ferai connaître les plus importants des autres abus que lui seul peut détruire radicalement ; car déjà vous ayez eu une preuve de ma constante et bienveillante sollicitude pour le bonheur de vous tous, la première année du règne de Lucius Livius Sulpicius Galba César Auguste, empereur, le 12 d'épiphi. »
Cette date du 12 d'épiphi est antérieure (c) d'environ trois mois (83 jours) à celle du présent décret, qui est du 1" phaophi de la seconde année de Galba (p. 536). D'après la restitution, qui me parait certaine pour le fond, d'un passage aussi misérablement mutilé, cette date doit être celle d'un décret analogue à celui-ci, et que Tibère Alexandre avait envoyé aux stratèges des nomes, aussitôt que la nouvelle de l'avènement de Galba fut parvenue à Alexandrie. Cet empereur monta sur le trône, le 9 juin de l'an 68 de notre ère ; ainsi la date du 12 épiphi de l'an P' (6 juillet de l'an 68) tombe vingt-sept jours après cet avènement. On peut juger par ce fait de la promptitude avec laquelle de semblables nouvelles arrivaient à Alexandrie (1), et de l'empressement que mettaient les préfets à signaler l'avè-
(1) Plin. II, 154. 12 ; Acad. des inscr. XII ; Hist. 116, 147 (c).
nement d'un empereur par quelque décret contenant des promesses qui sans doute ne s'effectuaient pas toujours.
Je me contenterai de faire ici une seule observation générale. Il est évident que ces deux décrets n'ont rien de particulier à la grande Oasis où ils ont été découverts; le second surtout embrasse TÉgypte entière, et le préfet s'adresse en plusieurs endroits aux Alexandrins eux-mêmes : ce décret a donc été expédié à tous les stratèges de l'Égjrpte, avec une lettre circulaire semblable à celle qui est en tète de celui de Capiton (plus haut, p. 536). On peut, d'après ce fait certain, concevoir l'espérance de découvrir le texte d'autres édits du même genre, en faisant des fouilles dans les temples principaux de l'Egypte ; car, comme il était prescrit aux stratèges d'exposer ces édits dans un lieu fréquenté^ et de choisir une place bien en vue, ces magistrats choisissaient les temples à cet effet : quand ces édifices contenaient quelque pylône non couvert de sculptures^ ils faisaient graver les édits sur la partie nue; autrement ils les exposaient sur des stèles dont plusieurs doivent être enfouies sous les décombres qui recouvrent le soldes enceintes sacrées, dans les temples égyptiens.