‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 140 sur 152 · SUR LE PROPYLON DU TEMPLE D'HERMÈS A DEKKÉ · texte numérisé non relu

SUR LE PROPYLON DU TEMPLE D'HERMÈS A DEKKÉ

L'ANCIENNE PSELaS OU PSELCHIS EN NUBIE

Dekké est un lieu de la Nubie situé sur la rive gauche du Nil, à environ vingt-quatre lieues au-dessus de Syëne : on y voit les restes d'un temple assez bien conservé, précédé d'un grand propylon sur lequel, à diverses époques, des Grecs et des Romains ont gravé des inscriptions dont il subsiste une quarantaine environ, la plupart fort courtes ; plusieurs même ne contiennent que des mots tronqués, qui laissent deviner qu'elles sont, comme les autres, des proscynèmes ou actes d'adoration. J'ai donné dans mesBecherches toutes celles qui avaient été copiées par Burckhardt, et fait voir que ces proscynèmes eux-mêmes, bien qu'insignifiants par leur objet, peuvent contenir beaucoup de notions curieuses et neuves. Un assez bon nombre de celles que M. Gau a recueillies à Dekké présentent cet avantage, et je m'attache à le faire ressortir dans l'explication que j'en donnerai dans les Antiquités de la Nubie que publie cet habile architecte.

En attendant, j'ai pensé que nos lecteurs verraient avec

plaisir le texte et la restitution d'un de ces proscynëmes , qui me parait offrir des détails intéressants.

Voici d'abord la représentation, aussi exacte que possible, de la copie de M. Gau :

HAeCCTPATHrOCCCONAnOMCONIOCOHOAAIKAZWN

COIA€ANAZrEAXIAOOOOIICACOIC

VTHZTAZYKAlAieiorC

xo A . NocpezœvHnc. . .

Cette copie est, comme Ton voit, fort mutilée : la première ligne est peu distincte en quelques endroits ; quant aux autres, il en manque le commencement et la fin; et même, en comparant les longueurs , il est facile de voir que la moitié seule des deux dernières nous a été conservée. Je crois cependant pouvoir en présenter une restitution qui sera certaine, du moins pour le sens.

D'abord la première ligne, si nous suivons exactement toutes les traces des lettres , ne peut se lire que de cette manière :

HAe€ aPATHroC CWN AnOAAWNIoCCNeA AIKAZWN,

savoir ?iX6e (rrpaTTjyoç èwv 'Aico^^civto; evOot ^ixà^cov, c'est-à-dire « Apollonius, stratège, est venu rendre la justice en ce lieu ». *H^6e...^wca!^wv est analogue à 7iïe...7caî^cov dans un vers cité par Athénée, que j'ai expliqué dans le Journal des Sau,^ 1817, p. 45. Cette restitution nous apprend déjà que l'inscription est en vers ; car cette ligne est un vers hexamètre , malgré deux licences qui ne surprendront pas beaucoup dans une inscription de ce genre : l'une consiste en ce que la dernière de 7)>6e reste brève, quoique les trois consonnes qui commencent le mot suivant la rendent longue par position; l'autre en ce que l'auteur a fait brève la seconde de 'Airo^^câvioç, qui devrait être longue. Au reste, cette faute, si c'en est une, est fort légère, vu l'extrême liberté qu'ont prise à l'égard de quantité de noms propres les auteurs des nombreuses ins-

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