‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 22 sur 152 · NOUVEAU TEXTE · texte numérisé non relu

NOUVEAU TEXTE

f(ii>vac Ta; 6eiaç MfjjLvovoç fi *a«.6vco6. 'HCXOov ûjAOt 4' epaTa ^a<JiW^i Turôô Saêiwa •

wpaç ^à irpwTa; a>.to; r})^8 Jp6(JLOÇ, xoipavo) 'A^piavw 7ré;i.7r7cd Bexorco t' éviauTÔ •

[çÔTJa S' Ij^e^Txev aôiip eïxocn xal irl(jupa. EîxooTcâ icé[jLTCT(o ^' ajAaji [atqvoç âOup.

TRADUCTION

« La pierre ayant rendu an son, moi, Balbilla, j*ai entendu la voix a divine de Memnon ou Pharaénoth. J'étais accompagnée de cette aimable « reine Sabine. Le soleil tenait le cours de la première heure, la quinzième « année de l'empereur Adrien ; athyr était à son vingt-quatrième jour.

K Le vingt-cinquième jour du mois athyr. )>

Les phrases se suivent mal et sont mal liées. Tout sent ici la précipitation. Balbilla a mieux rénssi dans Tinscription n« XIX.

n y a de notables changements à faire au premier vers, d'où résulte une construction différente pour le second. La copie de Pococke donne. TTYAieO) BAABIA Al, celle de Sait nYAieCi) BAABI A A A, exactement comme celle de M. Hamilton. L'auteur est donc une femme nommée Balbilla, et non un homme appelé Publius Balbinus; car de TTYAIGCO, qui est dans les trois copies, il n*y a pas moyen de faire TTOBAIOC. Nous lirons : eyw ttu XtOw BakèiXkx. C'est notre grammairienne si recherchée sur l'article des dialectes : elle va nous donner ici de nouvelles preuves de son pédantisme.

La leçon ^ajAevwO existe aussi dans les trois copies. On avait lu à tort *a(jLevw(p, d'après le *à[Aevw(pa de Pausanias. Dans l'inscription n'^XXV, nous avons aussi 'AjAevwO, qui est le même mot sans le préfixe.

V. 2. Les mots <{>CUN A TAC GEIAC peuvent être au génitif singulier^ aussi bien qu'à l'accusatif pluriel; car on dit xkûtvi f (ovY)v ou (f(ùrfii. Cependant le singulier me semble plus

naturel. M. Jacobs a mis le pluriel çwviç xàç ÔÊta;. Dans toutes les copies, il y a 4)C0N A, et non <{>CON AC; le graveur a oublié le C. Dans Saêiwa, le N est doublé. Les fautes de ce genre sont communes; ainsi ASINNI AN, AHnnNNOS (1).

V. 3. Les copies de Pococke, de M. Hamilton et de Sait donnent bien clairement toutes trois Y MOI et TYIAE; il ne faut pas lire ojxoa rfi&e, comme l'ont fait d'Orville et M. Jacobs. Balbilla montre ici sa recherche ordinaire. Les Eoliens mettaient souvent u en place de 9, et i au lieu de u ; ils disaient uptov pour opiov, et âvSpcoTroiç pour avOpwirou; (2). Balbilla a mis aussi iiprpour6(JLou. Quant à TYIAE, pour THIAE ou TAIAE, on le trouve dans Sappho {In Vener. v. 6) : âXXà tuiJ' cX6' aï TzoTLOL xocT^pcoTa. La place qu'occupe Tf.^e m'empêche de le prendre comme adverbe de lieu, sens qu'il a quelquefois (3). Balbilla veut dire : avec cette aimable reine qui est à mes côtés.

V. 4. Pococke et Sait donnent tous deux HXEAPOMOC. D'Orville a lu il(T/jL Spapv, M. Jacobs T^px« ^p6(i.ou; mais il faut lire, sans changement, r^yi} ^p6(/.oç, ces deux mots étant des dorismes pour eïx^ ^popu;. L'expression est analogue à cBkivaç Tol TpwTetç [ayivcov àvioxeOvTO ^popi (4).

V. 8. L'iota après KOI PAN CO est dans les trois copies. C'est encore une faute du graveur; comme le A au lieu de T,dans AEKOTCi)AENIAYT(U, faute qui tient à la prononciation. Je n'ai eu garde de faire disparaître les dorismes xotpavw, 'A^ptavû; non plus que ^exorw pour &)caTw.

V. 6. Ce vers est acéphale: avant AAEXECKE, il manque certainement çût, ainsi que l'ont vu d'OrvîUe et M. Jacobs. Le graveur était fort distrait, à ce qu'il semble. Après €X€- CK€, il y a encore un A qui est de trop ; je l'ai remplacé par le N paragogique.

L'éolisme iriaupa est tout aussi bon que 7ri(yupa, forme plus

(1) Welcker, Sylloge, p. xxxix.

(2) Gregor, Côrinth. de DialecL, p. 585, Schaef. — /c/., pag. 618, 619.

(3) Jacobs ad Antholog. Palat., p. 86.

(4) Adespot., DCXLVI, Anthol. PalaL, I, 454.

usitée ; mais iTi<7up6ç ou TCi<;<rupeç, qui est le même mot que tecapeç ou xfodapeç, est encore moins voisin de cette fonne que iTcaupeç ou 7ré<yci»peç. Hésychius connaît celle-ci, x£<x<jupeç, dit-il, Twcyapeç, AîoXeiç.

Le vers 7 contient une autre date que le vers 6. On n'a su comment expliquer cette singularité. Zoêga {Nnmi jEgypt,, p. 94) rejetait ce vers, manière commode de se débarrasser d'un fait qui gène. Visconti croyait qu'il indiquait le jour où l'inscription avait été gravée; d'autres ont conjecturé que Balbilla, s'étant aperçue qu'elle s'était trompée de quantième, aura mieux aimé faire un autre vers que d^effacer celui qu**elle avait écrit d'abord (l).Mais l'inscription suivante nous donne le mot de l'énigme; nous y voyons que Sabine a entendu Memnon deux fois, l'une le 24 athyr, et l'autre le lendemain. C'est après cette seconde fois que Balbilla aura écrit au-dessous le V vers :

Elxo9tc5 ic£[i.irr(j> 8* àp^ti |i.v)vd( dOùp,

sous-entendu &Xuov : i] est possible qu'encore ici ^e soit pour Te, qui conviendrait bien mieux. Si Balbilla n'a pas exprimé l'heure cette seconde fois, c'est que cette heure était la même, ce qui résulte en effet du n*" XXII.

Sabine a donc entendu Memnon le 24 et le 25 d'athyr de l'an XV* du règne d'Adrien, ou le 20 et le 21 novembre de Tan 130 de notre ère.

Les circonstances de cette visite de Sabine sont très-différentes de celles qui ont été énoncées dans l'inscription n° XIX. BalbiUa, la femme peut-être de quelque grand personnage à la suite de l'empereur, a visité le colosse plusieurs fois, tant avec Adrien qu'avec Sabine. Il parait que cette impératrice ne l'a pas été voir les mêmes jours que son mari. Nous en verrons plus bas une autre preuve.

(1) Jacobs ad AnthoL Pal., p. 964. ^ Cf. Champollion-Figeac, Annales des Lagi4eSy I, p. 452.

Mais Sabine elle-même voulut faire graver sur le colosse un souvenir de son passage. Il est consigné dans Tinscription suivante, qui est inédite.

[Sajëeiva (xeêaerrrî [aÙTjoxpaTopoç Kai(;apoç • [cyeêa^ou, èvroç ôpa;

[A, Mejxvovojç 8iç Tîxouae.

« Sabine Auguste, femme de l'empereur César Auguste, a entendu « deux fois Memnon, pendant la première heure. »

On remarquera qu'il n'y a pas de place pour le mot ytivv), au commencement do la seconde ligne. Ce mot ne s'y trouvait certainement pas. La même ellipse a lieu sur les médailles des impératrices. Ainsi, SABINA. AVGVSTA. IMP. HA- DRIANI. AUG.^ pour ne citer que celles de Sabine.

Le supplément de la troisième ligne ne peut être que l'un des deux riibts'A^ptavou ou <xe6a<yToiï, qui peuvent aller aussi bien l'un que l'autre. Je préfère pourtant ce dernier. Le nom de Sabine dispensait de mettre celui d'Adrien, tandis que le titre d'Auguste ne pouvait guère être omis. On trouve de même sur une médaille : M6CCAAINH. kAIC. C€B., c'est-àdire, Me<7<7aXiv7i Kat<xapoç(KXauJiou) <xe6a<xTo5 (yuvYi).

Il y a une inscription de Garthœa qui parait contraire à cette observation, puisque le titre d'Auguste manque après celui de César, du moins si l'on admet cette restitution qu'a proposée M. Bôckh {Corpus inscr.^ n' 3370).

[HBOYAHKA130AHMOZ

[ZAjBEINAAYTOKPATOPOS [AAPIANOY]KAIZAPOZrYNAlKA.

LA STATUE VOCALE DE MEMNON. i49

' Mais la leçon de M. Brôndsted (1), qui Ta copiée sur les lieux,

OAHMOZ AEFBIANAYTOKPATOPOZ KAIZAPOZrVNAlKA.

me semble de tout point préférable. Il est difficile qu'un œil même peu exercé, et celui de M. Brôndsted Test beaucoup, prenne BEINAN pour AEIBIAN. D'ailleurs, la symétrie des lignes, à laquelle on avait toujours égard dans les inscriptions de ce genre, est parfaite dans la seconde leçon, et entièrement perdue dans la première. Elle ne pourrait être ramenée qu'en changeant tous les rapports de position des lettres conservées; par exemple, en écrivant ainsi :

[HB0YAHKAI]0AHM02

[ZA]BEINANAYTOKPATOPOZ

[AAPIANOY]KAIZAPOZrYNAlKA.

Mais ce déplacement de toutes les lettres est inadmissible. Cette seule considération suffit pour montrer que M. Brôndsted ne s'est pas trompé, et que la dédicace, à laquelle il ne manque pas une lettre, concerne Livie, femme d'Auguste, souvent désignée par le seul mot KxiGXfoç, sans autre addition.

C'est d'après Tinscription précédente que j'ai lu èvroç <Spa; A. Sabine avait entendu Memnon pendant la première heure, le 24 et le 25 d'athyr.

XXIII (inédite)

Mais le colosse n'avait pas été trèsrcourtois le premier jour. Il s'était tu en présence de l'impératrice, comme le prouve

(1) Voyages et Recherches en Grèce ^ t. I, p. 29.

i50 LA STATUE VOCALE DE MEMNON.

cette inscription mutilée, dont lé sens heureusement est certain :

OT€THnPa)THHM€PAOYKA

KOYCAM€NTOYM€MNONOC

XOICAONMEN M€MNONOC

(OOTAAINAKMOTPIOCAZINNAANOC

nPH€4rAPC€ ArANOP(j>ABACIAHIAOC. .Mil

CXGolCAI. .YTAIGH. lAYONIH 5 MHKAITOIBACI A€YCKOTC. . . NYA APÔNNToA THNC€MAIANKAT€XHC..kOYPIAIO-AOXON K(0M€MN(0NTP€CCAICM€rAA(0M€NOIC ACIN 6'ÇAHINACAYAACAAOTOICHXAPH.

D'abord le titre, ^'Ore t^ irpcàry) -ni^épa oùx otxoucyajjLev (pour •nxorîç.) Tou M^povoç, annonce le sujet des huit vers élégiaques qui suivent. Il s'agit de personnes qui n'ont point entendu Memnon le premier jour.

Ensuite, les mots ^cnaAnt^oç (v. 3) et paai^eù; (v. 6) montrent qu'Adrien et Sabine sont pour quelque chose dans l'événement.

Le premier vers commence par les lettres XOICAONMEN, qui doivent être Xôto^ov pv pour ^ôi^ov (ùv^ le poète se servant, et avec aiïectation^ du dialecte dorique, comme Balbilla, qui pourrait bien être aussi l'auteur de cette pièce. Ces mots annoncent une phrase où l'on disait que la veille on n'avaitpas entendu Memnon, et on témoignait la crainte qu'il ne fût encore une fois défavorable, côç iriXiv àX^OTpio;, en cachant sa voix, paÇtv; car c'est, je crois, ce dernier mot, dont il reste les lettres OAZIN, employé comme synonyme de yXûwa, ç(ov7), aûS-n. La raison devait s'en trouver dans le vers suivant, à en juger par le yàp qui suit les lettres ITPHEI, yàp <x[e(jLv]à [xopçà PacjiW^oç. On pourrait lire aussi yap a [êparjct; mais, d'après tout ce qui suit, le pronom à la seconde personne serait déplacé. Au reste, l'expression d. (Jioptp. Pacr. rappelle la pé-

LA STATUE VOCALE DE MEMNON. loi

rîphrase poétique forma Junonis d'Ovide pour Juno (1), virtiis Scipiadœ d'Horace (2), etc.

A la fin du quatrième vers, les lettres lAYONIH doivent être, comme au n'* XIX, vers 8, a/ov wi, subjonctif qui dépend de la phrase contenue dans le vers 2. Les lettres EXeOICAl ne peuvent être que éySoîia, doriquement pour £y9ou(jy) : ce datif dépend de î^; et les mots (/.-n xai, qui commencent le vers 6, annoncent une proposition subordonnée. En suivant les traces avec toute l'exactitude possible, j'arrive à ce texte, qui n'offre qu'un petit nombre de leçons douteuses dans les six derniers vers :

XOwy^ov (jiiv MIjjLvovo;

w; iraXiv àXXoTpioç |3a$iv

(TupTiôet yàp «[[Av]i (Jiopçà pa<Ji>.YïiS5oç [«p.]jU.t[v], ejrôoiffa [t' a]Ù7à Bifipov] aj^ov Iri, 5 (AY) xai TOI PaTi^eiiçxoTé[Y), xxt] ^apov [à]vta (?) T71V (Tepàv xaTej^Y) 3toupi^i[av ojXojf^ov • Kfc) M^[i.V(ov, Tpfcffaiç (JicyaXw; (jl^vo; [alèv àvascTwv (?)|, eÇaîcivaç au^ad' à^ù, ôiotç t* èjripio.

« Hier, [n*ayantpas entendu] Memnon, nous l'avons supplié do n'être « pas une seconde fois défavorable, (car les traits vénérables de l'impé- « ratrice s'étaient enflammés [de courroux]), et de faire entendre un son « divin, de peur que le roi lui-môme ne s'irritât, et qu'une longue « tristesse ne s'emparât de sa vénérable épouse; aussi Memnon, crai- « gnant le courroux de ces princes immortels, a fait entendre tout-à- « coup une douce voix, et a témoigné qu'il se plaisait dans la compa- « gnie des Dieux. »

V. 3. rioToôêi pour irp-nÔTQ, par iotacisme, comme (JtYjTetp (n° XXXVI, 2), à moins qu'on ne veuille voir ici une de ces recherches de dorisme dont nous avons déjà rencontré tant d'exemples (3).

A la fin do ce Vers, après le mot |îa<7t>.r,tâo;, il y a une lacune

(i) m, Pont., I.

(2) II, Satir., I, 63; cf. Vechnep., HelienoL, pag. 517, 518.

(3) Koen., ad Gregor. Corinth., p. 261, Sch.

\o2 LA STATUE VOCALE DE MEMNON.

de deux lettres, puis les lettres MU peu distinctes. Il faut ici un mot de deux syllabes, dont la première soit une voyelle. Ces conditions sont remplies parle mot [AM]MIN. Le dorisme iu.iu.yf convient parfaitement au ton du morceau; ce datif de relation, après pa<ji>.Y)iSoç, au lieu du génitif 7)(jlc5v, est commun en vers comme en prose (1).

V. 4. L'ionisme Or/iov pourrait surprendre au milieu de ces dorismes, si nous n^avions pas au vers suivant, rJiv cepav. Qr/ioç Yiyoç rappelle çwvi ôeix du n** XXI.

Mt) xai; on fait craindre à Memnon que la colère ne gagne aussi (2) l'empereur. Je n*ai pas lu (a-o zaï toi, parce que la particule toi ferait un non-sens dans cette phrase conjonctive; TOI est TOI doriquement pour Tû, qui lui-même est pour auTô. Ainsi, Homère {//eW. K', 517), a ditr?; (se. 'AO-nvaiTi) xotiwv. J'ai lu îcoTéT) îcal, pensant que les lettres N Y peu distinctes, du moins la première, peuvent être les restes de KAI. Il est possible cependant que ce soit NY, ce qui changerait la construction ; on lirait alors xo7^[(ov pi]vu, qui peut être la vraie leçon. Le nominatif absolu est, en ce cas, une construction autorisée (3). L'expression ^apov àvta. . , xaTÉ/y) rappelle le Axpov yàp voO'Tot de îcaTa(7y7i<jou(7iv aeXTCToi d'un ancien oracle (4).

V. 5. ^apov(adv.}estcertain; àvia Test presque. L'o qui précède l'alpha final peut être une illusion du copiste : l'extrême altération de la pierre ne lui a pas permis une grande exactitude. C'est ainsi qu'au vers 6, après xaTe/Ti, il a marqué une lettre qui n'existe pas, et que les deux lettres finales de xoupi^ixv ont été passées, de même que la dernière de a Ju (vers 8).

V. 7. TPECCAIC est certainement TpeVdai; poétiquement et doriquement pour Tpeaaç : (jievo; pour jAevoi; est probable, comme régime de Tpéaa;, qui est transitif, de même que dans ^u<jjA€V£(ov (jLoÔov où Tpfofiv (5). La fin aièv fltvaxTwv est tout à fait

(1) Boissonad., ad Inscript. Act. ad cale, epist. Holst., pag. 421, sq.

(2) Herman., ad Soph. Philoct., 13.

(3) Matth., Ausfùhrl. gr, Grammat, § 5B2.

(4) Ap. Plutarch. in Ages., 3; Lysand., 22. — Pausan., III, 8, fin.

(5) Anthol. gr. Adesp., p. 750. Anthol. Pal., II, 833.

conjecturale, quoique aièv paraisse caché dans les lettres AOIN. Toutefois ces lettres pourraient cacher AOIAAN ou A€IACON, ce qui changerait cette fin. MeyaXwç ou pyaXwv doit être la vraie leçon.

Quant au vers 8, êçairivaç aCiSac' àXù me semble certain, de même quQ r* ix^fn ; le mot OTOIC ne le paraîtra pas moins, si Ton fait attention à la recherche pédantesque des formes doriques qui domine dans ce morceau. On nepourra voir ici que le motCiOIC, forme laconienne, pour 9€OIC, ou 9IOIC, forme Cretoise du même mot (1) : Tune de ces deux leçons est la véritable. V\ et le T sont également confondus dans le mot X AP€ICTOC,mis deuxfois pour Xapeîcioç (n*** XII et XIII, V. i). J'ai donc lu Ôiotç (paroxyton) (2) t' éx^p-n : l'expression Oeot; x*^P^^^ ^® prendra dans le sens du (ptXoiç jr^cpeiv do Xénophon^ se réjouir, se plaire avec ses amis : ici ôeol s'entend de Sabine et d'Adrien.

Il résulte de cette inscription, que le colosse ne se fit pas entendre le premier jour à Sabine; mais que le lendemain il montra plus d'égards. Le silence du colosse en présence d'une impératrice avait, à ce qu'il paraît, donné de Thumeur à cette princesse; c'est là ce que le poète a voulu exprimer de son mieux. Memnon, comme on voit, n*était point à la dévotion des grands.

XXIV (inédite)

Voici une pièce de quatorze vers qui est encore de Balbilla, notre métromane, et toujours du même style. Pococke n'a donné que le commencement des deux premières lignes ; et il n'a point laissé de place pour le reste. Le dernier vers, qui commence par BAABIAAA2AEME9EN, ne nous permet pas le moindre doute sur le nom de l'auteur de la pièce. D'ailleurs, l'affectation des formes doriques, qui ne l'abandonne pas, nous l'aurait suffisamment révélé.

(1) Cf. Valcken., ad Adoniaz., p. 286, B. C.

(2) Bdckh, Staatshaushalt., II, S. 396, 5.

io4 LA STATUE VOCALE DE MEMNON.

Dans cette pièce, malheureusement bien mutilée, on discerne deux parties : Tune comprise dans les six premiers vers; la seconde dans les huit autres.

V. 1. On distingue d*abord les mots yaîpe xal aùJadaiç 7rpo(pp[6vwç, Mepov], « Salut, et puisses-tu résonner de bon « cœur, 6 Memnon ». Balbilla l'invite à parler; donc il n'avait rien dit lorsqu'elle écrivait ces vers. Je soupçonne qu'elle les a fait graver un jour où elle était venue en vain pour l'entendre. Notre poétesse avait tellement la manie des vers, qu'elle en faisait à toute occasion. Cette pièce a dû être en conséquence, composée et gravée avant les n*** XIX-

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