‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 27 sur 152 · V. 8. Il manque le mot tiimxtol (2), au commencement, pour · texte numérisé non relu

V. 8. Il manque le mot tiimxtol (2), au commencement, pour

(1) Comment, Epigr. ad cale, Epist. Holsten,^ p. 446, sq.

(2) Dans ses Abhandlungen, S. 123, M. Jacobs a lu ce vers : f.jxaTa • Ôl;, SaTi&ov, H oou SxXuov aOSiQoavTo;, ce qui «^éloigne peu de la vraie leçon que je

tompléter le sens de TpKJxaiSex' eyovTi. Les graveurs des inscriptions menaient souvent les lettres qui s'élidont. Nous en avons des exemples (n*"' XL, XLII) ; il faut lire de même, avec M. Welcker [Syllogeep. gr., n° 198*), ^à jcâyw et non Séxa èyw, comme je Tai fait à tort, dans une inscription que j'ai rétablie ailleurs (1). Le reste du vers est restitué d'après les lettres conservées dans les deux copies. La fin est encore homérique : Où^eiTw 'ArpiiSgco ottoç exXuov aù^TnçavToç [llliad.^ ii, 76). Les deux copies autorisent le dorisme têG pour f:vj.

V. 6. Dans ce vers doit se trouver l'indication de l'heure où le colosse s*est fait entendre. Le dernier hémistiche ne peut [se lire que KAAA€A PCIGPA AinONTOC, [xepiJxàUea ^eî6pa ^iTTovToç. Cela fait souvenir qu'Homère {Odyss. F, i) exprime ainsi le lever du soleil :

Notre imitateur d'Homère n'aura pas manqué de faire entrer dans son vers le mot AIMNH; et, en effet, les lettres NHC sont certainement la fin de ce mot. Il vient donc cette leçon, qui doit être celle que portait jadis la pierre :

[t^eXCou X([i]vir)(; [iteptJxa'X^.éa ^etÔpa ).iit6vT0(;.

Voss croit que Xt(xv7), dans ce passage d'Homère, désigue la mer Caspienne (1); c'est plutôt l'Océan, comme le remarque M. Wôlcker (2).

Y. 7, 8. Le commencement de ces vers a été restitué dans l'hypothèse, à peu près sûre, qu'ils expriment une comparaison entre l'ancien état et l'état présent du colosse. Le premier me parait certain. Dans le second, TICTPOY peut être TrerpoO pour eTreTpcâSv);, et on lirait à la fin 9cov})v ïmJtaç, locution home-

donne ici. Le 8à est peut-être placé singulièrement devant aoO. Du reste, cet habile critique a lu les quatre premiers vers comme M. Boissonade, dont il ne parait pas avoir connu la Commentatio epigraphica. Il n'a mis qu'une virgule après 9(ovti; (v. 3).

(1) [T. I de cette publication, p. 11.]

(2) Myth. Briefct II, 16, zw. Ausg. — Myth. Geogr., S. il3.

rique : owa uLeya^yjv U (mf}6eo^ wi [lliad. A, 221). Maïs les verbes au passé font difficulté avec viïv. C'est ce qui m'a fait préférer de lire Trerpoi et èçiY);, tous deux à la seconde personne du présent. L'iota de tr)|it.i et ses composés est long* dans Homère quand le vers l'exige : ^e>.o; ij^eTceuxèç éçtctç {lliad. A, 81).

V. 9, 10. Dans ces deux vers si maltraités, les lettres €M€A- AOC sont évidemment les restes du nom propre FeiuX^oç; c'est l'auteur de la pièce : dans le vers suivant, on distingue akojo} Pouçi^^Y) îcai Texeecçt, et le vers se complète avec certitude^ en lisant [cuv te <pi^]v). L'expression çiV/) aXoyoç est fréquente dans Homère. L'homérique Gémellus aura probablement donné à (fi'kn le sens du pronom possessif que cette épîthète a chez ce poète. Au lieu de <tuv Te 91XV), on peut lire aussi aiiv jce^vY), qui ne serait pas moins homérique. Le poète réunit souvent aussi les deux idées de femme et d*e?ifants : 7î|j!.£T€pai a>.oxoi )cal vYima Téxva {lliad. B, 136; A, 288, Z, 95; P, 223, etc); âXo/ouç jce^vàç jcal V7)7:ia réxvx {/liad. i2, 730; Odyss./ k, 323, 432, etc.); et Tyrtée, Ilatat Te aùv (Aupoi;, jcouptSifi t' àXoytp. Gémellus disait donc qu'il était venu là avec sa femme et ses enfants; et, en effet, après âpiêa^li;, on aperçoit le reste du mot evôa ou èvôàSe. Les lettres €ni, qui commencent la ligne 9, peuvent très-bien avoir fait partie du mot eyp^^'*» ®^ le vers entier devient :

[toOto 8' Jfyp*'!'^ r]£|iLe>.).oç à|iot6a8lç, êv6à[8' àve^8(6v.]

Le sens de apiêa^lç n'est pas bien clair; probablement ce mot ne veut rien dire autre chose que à son tour, soit qu'on le joigne avec eypa^e, soit qu'on le fasse dépendre de aveXôwv ; Gémellus annonce qu'il est venu ou qu'il a écrit ces vers à son tour, après tant d'autres qui sont venus voir le colosse, et ont écrit sur ses jambes et son piédestal. Le 13 pâchôn de Tan XI ou XII d'Antonin répond au 8 mai 149 ou 180 de notre ère.

Voici la plus récente de toutes celles dont la date est connue sûrement.

La copie de Pococke est un peu moins claire que celle de Sait, pour les parties qui n'offrent aucune difficulté; mais dans la troisième ligne, qui est la plus importante puisque là se trouve le nom de l'empereur, la copie de Pococke offre quelques traits de plus. On Tavait lue fort inexactement. Je Tai rétablie en entier dans mes Recherches (pag. 264), en me fondant sur Tinscription du nilomëtre d'Éléphantine, où il est question d'un Ulpius PrimianuSj préfet d'Egypte, l'an III de Septime Sévère; j'ai fait voir qu'il faut la lire ainsi :

M. VLPIUS PRfMIANUS PRAEG. AEG.

VI KA^ MARTIAS8EX(1) TR^"(2) CoSITERYM HoRA Dl€l SECVNDA AU8I MEMNONEM

BIS FcLiciTcR

M. VLPIVS. PRIMIANVS PRAEF. AEG.

VI.KAL. MARTIAS.D.N.SEV ERO.AVG.COS.ITERVM.HORA DIEI. SECVNDA. AVDI VI MEMNONEM BIS FELICITER.

Septime Sévère ayant été consul pour la seconde fois en l'an 194, c'est le 24 février de cette année que M. Ulpius Primianus entendit le colosse. J'avais conclu de la date de l'inscription latin^e que l'inscription grecque du nilomètre d'Éléphantine, tracée par M. Ulpius Primianus, devait être placée entre Tan 194 et l'an 202 de notre ère. Cette conjecture a été confirmée depuis par M. Gailliaud (3), qui a lu distinctement^ Lr AOYKIOY, etc. La troisième année de Septime Sévère, comptée à l'égyptienne, a commencé le 29 août 194 ; et comme

(1) Poe. DNX.

(2) Poe. IRONCOS.

(3) Voyage à Méroé, t. ÎU, p. 387.

rinscription n'a été gravée qu'après la retraite des eaux (novembre, décembre), elle est de la fin de cette année. Celle du colosse est du commencement de Tannée 194, antérieure d'environ huit ans au voyage de Septime Sévère.

Dans la copie de Pococke, on lit à côté de la cinquième ligne, en petits caractères, les mots €GI GRATI AS, qu'on a rapportés à Marcus Ulpius Primianus, qui n'a pu les écrire à côté, étant empêché par une autre inscription de les placer au-dessous : Sait n'a pas vu ces deux mots, à moins qu'ils ne se trouvent dans le fragment suivant :

• ..COMMESSALINC

NONIS AVDI €T €01 GRATIAS

Ce qui a dû être : [N. N..] cum Messalino... [vocem Memy nanis audi et egi gratias.

« Moi, N. N. j'ai entendu la voix de Memnon avec Messalinus,. ... et « j*en ai rendu grâces. »

Il paraît y avoir plutôt Messalino que Mes&alinâ.

Si les mots egi grattas de la copie de Pococke appartiennent à ce fragment, ils sont les restes d'une inscription difTérente de celle de M. Ulpius Primianus.

Je rapporte à la même époque une inscription latine copiée par Pococke, sans faute, et depuis par M. Jomard. Jablonski, qui l'a citée, n'en a expliqué ni la date ni le seul mot qui soit difficile et présente de l'intérêt :

V. NONAS (1). MARTIAS (2) FELIX. AVCC. LIBERTVS PROCVRATOR. VSIAÇUS HORA. PRIMA. SEMIS MEMNONEM AVDIVIT.

DaQS la copie de Sait le deuxième G du mot AVGG., Augustorum^ n'est pas bien formé ; il est parfaitement clair dans celle de Pococke. Cette circonstance prouve que Tinscription ne peut être plus ancienne que Septime Sévère et Caracalla, puisque Tusage de désigner les deux Augustes par le signe AVGG. ne s'est introduit que sous leur règne (3); elle serait donc postérieure à Tan 198 de notre ère, époque où Caracalla reçut le titre d'Auguste. Dans ce cas, elle pourrait appartenir également au règne des Gordiens, des Philippes, de Trajan Dèce, ïribonien, Volusien, etc.; mais la circonstance qu'aucune des inscriptions du colosse ne descend au-delà de Septime Sévère, et la place de celle-ci au milieu de la jambe droite, sont des motifs suffisants de croire qu'elle n'est point postérieure au règne de Septime Sévère et de Caracalla, et qu'elle doit avoir été écrite entre Tan 198 et l'an 208.

Il reste à expliquer la qualité do cet affranchi des Augustes, celle de Procurator Usiacus, Ce mot VSI ACVS est parfaitement clair dans les trois copies, et il n'y a pas moyen d'y faire de changement; cependant il ne se trouve dans aucun lexique. Ce mot me paraît ne pouvoir être que l'adjectif grec oùaiaxo; latinisé, formé de oùdîa, qui signifiait proprement ce qui appartient à l'empereur. Cet adjectif oùciaxo; n'est pas non plus dans les lexiques, mais on le trouve dans la grande inscription de rOasis, où le mot (xi<y6(i(jei<; ojciaxai comprend les

(1) NAN AS, copie de M. Jomard.

(â) Les trois copies portent MARTIAS, P pour R.

(3) EckhelL D. N., VIII, p. 358. Ces princes sont très-probablement désignés dans une inscription rapportée par Passeri, et reproduite par M. Orelli {Inscript, lat. sélect, ampl. colL^ n° 79\

fermes publiques des diverses propriétés impériales, tant impôts (Te^wveiai, conductio vectigalium) que terres impériales [agri vectigales et publici) (1). Comme on appelait o'jcta Kaiaapo; ce qui était du domaine de l'empereur, l'adjectif o'j<7iy.>co; joint au titre de procurator^ êirirporoç, peut avoir désigné le locator agrorum vectigalium. Ainsi le procurator tisiacùs^ en grec oOaiaxoç girirpoTroç ou ttî; oùtftaç (2), titre que ^rend Félix l'affranchi des Augustes, désignera un fonctionnaire chargé de l'administration de quelque partie des biens impériaux, sous l'autorité du procurator rei privatas, qui embrassait cette' administration tout entière, celui que Strabon {Strab, xvii, p. 797) appelle î^io; >.6yoç, c'est-à-dire ratio privata^ pour ralionalis rei privatss, comme on a trouvé dans une inscription ratio patrimonii pour rationalis patrimonii.

On voit par un passage de Strabon que les affranchis de César, aTre^euôepoi Kawapoç, étaient chargés de fonctions financières en Égjrpte, et la deuxième inscription de l'Oasis nous représente un de ces affranchis nommé Basilide, duquel relevaient les greffiers royaux, les greffiers des bourgades, xwjjLoypap.(jLaTeiç, et des villages, T07roypa(jL}«.aT£tc, de la Thébaïde. Cet affranchi paraît avoir été l'administrateur général de la province

Outre le passage cité de la grande inscription de l'Oasis, l'adjectif oOataxo; se trouve encore dans Harménopule . . .ai ^è, et; xTiaetç (I. jcnfieyei;) Ttvàç xai oùaia;, ;tai JcaXoOvTai oOataxat.

(1) DigesL, XLIX, 1. XIV, § 3, 5.

(2) Hésychius : 'Eicîxpoico; * 6 icpoaxaTÛv x<i>>pi<»Vi xai ôXi); tyjç oO^ia;.

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