XLII ET XLIII
Je place ici la copie de ces deux inscriptions, que Sait a données séparément. Je les ai disposées comme elles le sont dans le dessin de Pocopke, mêlées en quelque sorte, et confondues l'une avec l'autre :
Ana)NIC(OPAA
HKOYCA. . Ac|)POAITAPIOYTOnPOCKYNHMA-
[r€rPA(j)A.M.
KAIKIAIATPEBOYAAAC€MHCAAMAPTOCHN€XOI-
[MOLON(l)(|)eErrH
erPA+AAKOYCACATOYA€M€MNONOC 5 CePAYC €KAMBYCHCM€TONA€TONMeON BACI>€OC€a)oY€lKONA€KM€MArM€NON (jXONHAOAYM^CHNnAAAIMoiMEMNONoC TAnAGHTo oCAHNA(|)€IA€kAMBYCHC ANAPOPAANYNKAIACA(|)HTAc|)eErrMATA 10 OAO(|>YPOMITHCnPOCe€A€iYANONTYXHC
Au premier coup d'œil, il est douteux si TP6B0YAAAC (1. 3) doit se joindre avec KAIKIAIA qui le précède, ou si ce nom tient à CMHCAAM APTOC qui vient ensuite: Je ne pense pasqu'ily ait à hésiter. Le prénom KAIKIAIA ne peut se passer du nom qui le suit, et, dans ce cas, Caecilia étant une femme, les mots è[xr,; ^ajxapToç ne peuvent lui appartenir.
11 s*ensuit que le titre de la pièce de six vers qui vient après doit se lire : KAIKIAIA TP6BOYAAAC CrPAtA AKOYCACA TOYA€ M€MNONOC. Les trois copies de Pococke, de M. Hamilton et de Sait s'accordent sur la leçon TPEBOYAAAC; ce génitif, placé après le nominatif KaixiXia, montre que Tauteur des vers n'est pas la Cœcilia Trebulla qui a écrit les deux numéros précédents. D'ailleurs, celle-ci a écrit d'abord deux vers (n° XL), puis cinq autres (n° XLI), après avoir entendu Memnon une seconde fois, ^eiJTÊpov axo'Jdxca. Cette pièce-ci aurait donc été tracée après que TrébuUa aurait entendu Memnon une troisième fois; mais alors, pourquoi n'a-t-elle pas mis TpiTov à)co'j<7ac3t? L'expression axo'jçxax toOSê Meavovoç annonce que l'auteur n'a entendu Memnon que cette seule fois-là. Je crois donc que ces vers sont de la fille de Cœcilia Trebulla^
(1) Poe. OCON.
portant le même prénom que sa mère; et je traduis : « Moi, cf CaBcilia, fille de [Cœcilia] TrébuUa, j'ai écrit [ces vers], « ayant entendu ce Memnon. » Au reste, cette Cœcilia était plus exercée que sa mère dans la versification grecque. Ses vers sont des trimètres ïambiques très-passables.
La copie de Pococke est assez exacte. Cependant Leich n'en avait lu que quelques lignes ; Jablonski s'était trompé, comme lui, sur le sens de Tinscription entière, dont Pott, Buttmann et M. Jacobs ont rectifié presque tous les passages; et j'ai peu de chose à changer à la leçon que ce dernier en a donnée dans V Anthologie (1). Les corrections proposées par M. Welcker (2) pour les deux derniers vers ne sont point fondées :
eOpau<ye Kx(A6u(nriÇ [xe tovSc tov Xt6ov
$(ovy) ^' oSupjjLo; tjv irà}vai jjioi, Mejjivovoç Ta TraÔY) yoô(rx, ^tjv àçeî^e Ka|J!.êuffy)ç • i^xp^fOL ^7) vOv )câ(yaç7i Ta çB^yjjLaTX 6Xo<p'jpo[xat, TYÎ; irpoçOe Xet']/avov tuj^y)ç.
V Cambyse m'a brisée, moi cette pierre que voici, représentant l'image « d'un roi de l'Orient. Jadis, je possédais une voix plaintive qui déplorait « les malheurs de Memnon. Depuis longtemps Cambyse me l'a enlevée. « Maintenant mes plaintes ne sont plus que des sons inarticulés et dé- « nues de sens, triste reste de ma fortune passée. »
J'ai rétabli l'élision €ix6v' exjy.. et la crase xkaoLtfri. Au vers 4, on avait lu yoû<ja, riv açerXe; mais il y a au-dessus de l'A de rOCOCA un A; M. Boissonade pense qu'il faut le joindre
(1) Anthol. palaL Append.^ n9 391, et depuis dans les Abhandlung., S. 119, 120. — Sylloge epigr., p. 232.
(2) Il propose de lire :
Auafopd ^t vuvi XAuraçt) Ta çOÉYi&axa ôXo9upo|&ai vfii icpôoOe, deiXoTary], tv/t);.
C'est revenir assez mal à propos à la leçon de Leicb. J'en pense autant des leçons paatXéoc ^Xiou (vers 2), et fuv^ ^ rfiyi\Loç^ quoiqu'il dise qtue sunt vera sine dubio.
i88 LA STATiJE VOCALE DE MEMNON.
avec HN pour en faire Tadverbe AHN, leçoa que j'ai adoptée, en joignant toutefois ^-nv avec oc(ffiVkB plutôt qu'avec yowca, parce que cet adverbe se met plus ordinairement avant le verbe dont il modifie le sens.
Le vers 8 reproduit en d'autres termes ce que dit Lucien {Philopseud., § 33), à propos de la voix de Memnon, aemiJLoçTi; fcûvn. Le mot a<Dr)(Aa est opposé à voepà xal ^iY]p6pa>[iLéva, dans Maxime de Tyr {Dissert. VII, 7, p. 117).
Caecilia ïrébulla a adopté l'opinion qui avait cours alors, que le colosse parlait bien mieux quand il avait sa tête. Dans le silence de la trçidition, il était tout simple de présumer que si Memnon rendait de tels sons, à présent qu'il était brisé, il devait articuler de véritables mots alors qu'il avait une tète et une bouche,
Il reste pour celle-ci, écrite postérieurement à la précédente.
An(i)NIC (OPA A
HKOYCA A(J)POA€ITAPIOYTonPoCKYNHMArErPA(|)AM 6MHCAAMAPTOCHN€XOlMOLON(J)e€rrH-
M. Jacobs {D. M.j 62. Abh. S., 147) a lu : KAIKIAIATPEBOYAAA. . . AAMAPTOCHM€PON OEION
[(J)eErrMA.
L. 1. La leçon ATTCONIC est aussi claire dans la copie de Pococke. C'est probablement le nom ATTCONIOC, qui se trouve assez souvent. La lettre exprimant le prénom n'a point été vue (1).