‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 50 sur 152 · H, X, SCH · texte numérisé non relu

H, X, SCH

du son combiné,

et des voyelles,

Cet alphabet phonétique se présente donc à nous sous l'aspect d'un alphabet primitif réduit aux sons élémentaires^ plus les signes des aspiratiœis inhérentes à la langue égyptienne, et qui ont dû être inventés de bonne heure.

Cette coïncidence entre la composition de cet alphabet phonétique et le passage do Clément d'Alexandrie, expliqué en lui-même et sans égard à aucun système quelconque, me paraît bien frappante. Si, à présent, nous pensons a;u rôle important que cet alphabet joue dans Fécriture phonétique, il nous paraîtra bien difficile ou plutôt impossible que Clément d'Alexandrie n'en ait point parlé; et, comme, dans tout son passage sur les hiéroglyphes, il n'y a que les expressions ri Jià T(ov rpcoTcov dToi/etwv qui puissent s'y rapporter, la coïncîddnce observée prend un grand caractère de certitude, et laisse dans l'esprit une conviction, à peu près complète, que le sens de ce fameux passage est enfm trouvé.

Au reste, ce texte de Clément d'Alexandrie n'est pas le seul où l'on trouve la mention expresse de cet alphabet; on peut encore citer celui-ci de Plutarque : << Hermias dit qu'Hermès est l'inventeur des lettres en Egypte ; aussi^ pour représenter ta première lettre [de leur alphabet], les Égyptiens figurent un ibis (1), cet oiseau appartenant à Hermès. » On ne peut exr primer plus clairement la nature d'un hiéroglyphe phonétique,

(1) Ai6 xal .Twv YpQi(iK«'^^v AIyvict(QI «pcÔTOv r6iv YP^fouai, ûc *£p(iet icpoorixovaav. Sympos,, ix, 3, pag. 945.

savoir, un son représenté par Timage d*uti objet; et il est digne d'attention que, dans Talphabet dressé indépendamment do ce passage, la lettre A est en effet exprimée par an oiseau^ é'pei^* vier, canard ou ibis. G est un point trop important pour que je ne le fasse pas remarquer ici.

Oq ne peut voir autre chose qu'une expression propre à l'écriture hiéroglyphique phonétique dans le passage de Manéihoû conservé par Josèphe : « Bycsos signifie rois pasteurs; « car hyc veut dire ^oi, dans la langue sacrée (i), et sos, pas* « teur, dans la langue vulgaire (2). » Il est évident, d'après ce passage, que la langue sacrée ne se composait pas seulement Simages, mais qu'elle comprenait aussi des signes représentant des articulations, tels que ceux des hiéroglyphes phoné* tiques. On apprend aussi par là que certains mots égyptiens composés étaient hybrides, c'est-à-dire formés de deux mots tirés, Tun de la langue vulgaire, l'autre de l'expression phonétique.

C'est encore à l'écriture des hiéroglyphes phonétiques que se rapporte, je pense, cet autre passage d'HorapoIlon : « [Dans « les hiéroglyphes], un épervier veut dire âme, et cela d'après << la signification de cet oiseau ; car, chez les Égyptiens, on « rappelle Baîéth : or, ce mot, décomposé, signifie âme et « cmtr; car âme se dit bal en égyptien, et cœur se dit éth. « Les Égyptiens considérant le cœur comme l'enveloppe de « Tâme, il s'ensuit que ce mot composé signifie âme renfermée « dans le coeur (3). » Ainsi, un épervier se lisait Baîéth; et,

(1) Dans récriture sacrée, Fidée roi est en effet symboliquement rendue par ^v^ctff ou aspic; et Timage de ce reptile, employée dans les groupes phonéti- <iues, y exprime Tarticulation k '• cette lettre, placée devant une seconde con- ^i^ne, comme dans le mot K^COG, se prononçait Ikschos, suivant Tusage ^Pte. Le mot «ïicilC, schôs^ queManéthon écrit en grec £(i>c, existe encore dans 'H livres coptes, ou livres écrits en langue vulgaire égyptienne, et y signifie en ^^^^pnni^r. - J.-F. Champolllon.

(^) T& Ysp rK xaO ' Isfàv '{ktacc^M psaOiot OY}(&tt{ve( * t6 8è lÛS ffot|&iQy i^Ti xoil ^^^cvcçxttTtt Tf|V xoivT)v ôiàXcitTov. Mancth. ap. Joseph, contr. Appion.f pag. 445.

\3) ^'Eti yg |A^v «vtI 4^^^ * Î*P*^ tâffffeta(, Ix rn; toû iv6(iaTo; ip(iv)vt(a{ • ^^«Tat yàp ^ap* AlTVnxJoi; 6 Itptl, jlal^O * tOÛto W ti 6vo(La ôtaipsOàv +wx^,v

2oi EXAMEN DL TEXTE DE CLÉMENT D'ALEXANDRIE.

en prononçant ce mot, on avait l'expression du mot âme, selon la doctrine des Egyptiens sur le siège qu'occupait le principe de Tintelligence. Si l'auteur de l'ouvrage attribué à HorapoUon n'a pas fait ici quelque erreur, on doit retrouver parmi les hiéroglyphes phonétiques des expressions analogues à celle qu'il nous a conservée (1).

oTiiiaivtt xal xapSiav* IvTt y&P ^^ W* P'(* ^'^X^ to 8i v}0, xapSi'a * ifj 5è xap8 xst' AIyvictCov; ^^vx^ic ic£pC6oXo;, &(sxi Tfi^vbttvé ti^v avvOcvtv toO ôvôftaTo;, 4^vxv)v lyxapdîav. Hieroglyph,, i, 7.

(1) NouB trouvons encore, en effet, dans les livres coptes, les mots ÏWZ\ (bahï)^ vie, âme, et ?HT (hét) ou ^HO (Mth)^ cœur; et dans les textes hiéroglyphiques, Vâme est symboliquement exprimée par un épervier à tête humaine : cette tête barbue ou non barbue indique simplement le sexe. Nous devons dire aussi que Tidée âme est souvent rendue dans récriture sacrée par un groupe formé d*une cassolette ou encensoir, d*un épervier ou d*un autre oiseau, et d'une petite ligne perpendiculaire, signes qui, étant pris phonétiquement, donneraient également le mot baï. — J. F. C.

(2) Suprà, chapitre !•'.

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