LIGNE III
(7) Les qualifications honorifiques entre vfou et riro^eotaiou, faisant partie sans doute du protocole obligé, ne se retrouvent plus nulle autre part dans le cours de l'inscription ; tandis que les épithètes et les titres qu'on lit après IlTo>.£(Aaiou, se remontrent en plusieurs endroits. En effet, le nom du roi reparaît cinq fois accompagné des deux épithètes aiwvoêio;. , viyxrr,{xé-
vo; Oxo Tou *9à, et des deux titres royaux, 'Emçav?); , Eù^^pwrroç : quatre fois on le trouve avec les deux dernières, et jamais avec les deux premières seulement ; d'une autre part, les deux dernières sont toujours précédées du mot Oeo;, cequi • prouve que ce sont les titres sous lesquels il avait été divinisé, lorsqu'il succéda à son père. Une remarque qui ne doit pas non plus échapper, c'est que, dans l'endroit qui nous occupe, où le nom de Ptolémée paraît pour la première fois, on ne voit que les deux épithètes aiwvoêioç et Tiyair. Otto to'j $6a; mais les deux titres royaux ne paraissent qu'un peu plus bas, après les noms des rois ses prédécesseurs, divinisés comme lui. Quant aux deux épithètes, elles sont données également à Ramessès sur l'obélisque d'Hermapion, où l'on trouve Ta- (jtidonr); aîcovoêio;, *H>.tou irai; aîwvoêio;, ôv *'HXioç çi^ci, Oitj *H^iou çiXoiîjuvo;. Les titres 'ETriçavTjç, Eùj^xpwToç sont les seuls caractéristiques du cinquième Ptolémée ; aussi ils accompagnent son nom sur ses monuments et ceux de son fils. [Recherches pour servir à l'hist. de f Egypte, p. 53, 84 suiv.) Si quelquefois le titre ôeo; 'Eiriçavr,; est tout seul, c'est parce qu'en effet, il est le premier, le principal des deux et^le vrai titre distinclif.
(8) Si Ton mettait une virgule après {^iyxç ^xatkzijç^ le sens serait différent; mais en ce cas il aurait fallu ajouter un article devant. J'ai donc retranché cette virgule. Il en résulte que Tûv Tc avw x«i Tûv xixiû /(opùîv dépend de paçiXeuç , et non pas de ^x(siki(à^\ dans ce cas, ces régions hautes et basses ne sont pas la haute et la basse Egypte, que l'on ne désignait que par le singulier vi Te avw xai yj xaTO) x^P^î comme on le voit par l'inscription elle-même (1. 46, 49) ; ce sont les régions supérieures et inférieures du monde, que le soleil domine dans son cours. L'inscription d'Herriiapion nous offre encore un exemple analogue , dans le titre de (J^éya; ^«(ttwottîç oùpavoO, qu'elle donne trois fois au dieu soleil.
(9) *E^o)ct(ji.aaev ; « a approuvé, » Ameilhon ; « a éprouvé, » Yilloison. C'est le vrai sens. Gomme le feu éprouve la pureté de l'or, ainsi Héphœstos (pris dans le sens grec^ v. note 18), a
éprouvé la vertu de Ptolémée. Aux exemples cités par Villoison , on peut en joindre d'autres , tir^s des Septante : Aià toOto Toi^e Xéyet xupio;, lâ'où èyo) Trupco^co a*jToi>; xxi ^oxipicd aur Touç (Jerem. IX, 7) : ce passage de Job s'y rapporte également : ^ifîcpivc ^é (xc û<nrcp to x?^^^'^^ {^^^ XXIII, 10), où ^loxpivetv présente un sens analogue à ^oxijjLaJ^eiv ; ajoutez : â(77rep ^03ci[iià2^eTai ev xapiivù) apyupoç xal jrpufjo;, outcd; êxXexTal xapBiai TuapaxupCco [Prov. XYII, 3); et Se^oxt(Jia<7(ji.ivou iiro ttîXixouTou 6eoO [Epist. Vaphr. ad Salom. ap. Euseb. P. E. IX, 448, C) ; peut-être est-ce la même idée qui était exprimée sur Tobélisque de Ramessës, dans la formule qu'Hermapion a traduite par ov ''H^ioç irpo^xpivev, tandis que le mot propre eût été Stcxpivcv ou èSoxi[jLa<7ev^ comme on peut le conjecturer d'après Tinscription de Rosette, dont le protocole a tant de rapport avec celui de Tinscription de Tobélisque d'Héliopolis, qu'Ammien Marcellin a tirée d*Hermapion. Ces coïncidences et d'autres encore montrent qu'Hermapion a eu sous les yeux un texte hiéroglyphique , qu'il a réellement traduit. Les doutes de Villoison à cet égard, et ceux d'autres critiques, me paraissent peu fondés.
(10) "EScdxév t}}v vîxyjv. De même dans l'inscription d'Hermapion, le soleil dit à Ramessës : ^c^copmjxaC doi to xparo; xal T7JV xaTa iràvTcov eÇoudiav. Dans un papyrus de Léyde, les dieux sont invoqués pour qu'ils donnent au roi, ûyieiav, v(xriv, xpotTo;, a66/o;; et dans un autre, on lit : Sapamç ^i^oin dot \ur:cL TÎiç /Idw; vixy)v, xparo; tti; oIxou(jiivY)ç à-ïraoy,; (infrà 1. 35).
(11) La signification du titre de 'Exiçavif);, deus prœsenSy selon Visconti [Iconogr, grecque 11^ p. Î29), sera expliquée plus bas (1. 46). Quant à celui de EùyàpidToç, que Yisconti traduit par « propice », Heyne le traduit par « munificus, liberalis » ; Schneider, « gutthâtig » : c'est le vrai sens. Diodore a dit également : TO Tîi; 'f uy^Yïç eùyàpKTTov xal (xcyaXo^j^upv (XVIII, 28 ibù que Wesseling.); et, selon Ghampollion, ce mot est toujours représenté dans l'égyptien par un signe qui veut dire « celui dont la bienfaisance est connue *^ Eù^ip^y^oç est donc une espèce de synonyme de EùepyéTr,; ; mais celui-ci a plus de force
T. II. i8
et d'étendue, puisqu'il comprend Tautre, et emporte, en outre, ridée d'une volonté pour le bien qui s'étend à toute espèce de bonnes actions. Peut-être l'aurait-on encore employé pour Épiphane, s'il n'avait été déjà le titre officiel du troisième Ptolémée, comme il le devint du sixième.