LIGNE IV-V
(12) Cette formule se rapporte au culte des Ptolémées, honorés comme dieux, même de leur vivant. Elle se retrouve presque identique; dans celle des deux contrats grecs d'Anastasy et de Casati et dans d'autres papyrus , en caractères démotiques. Il n'y a de difTérence que l'addition du nom des Ptolémées qui avaient régné depuis Épiphane : d'où l'on voit que chaque nouveau roi n'était point Tobjet d'un culte particulier, mais qu'il était successivement ajouté à ses prédécesseurs, adoré dans le même temple et par les mêmes prêtres. Les deux contrats grecs nous font connaître deux autres circonstances qui ont été négligées par les rédacteurs de l'inscription de Rosette : la première, c'est que les prêtres et prêtresses des Ptolémées et de leurs épouses résidaient à Alexandrie, car on lit éç' up^oiç toIj ovto; êv 'Â>.eCavSpe(a| x. t. X., et ailleurs twv oû<jc5v ev 'A^eÇavSpeia; la deuxième, c'est que, outre le culte commiin à tous les Ptolémées, le chef de la dynastie, Ptolémée Soter, et sa femme, étaient spécialement adorés à Ptolémaïs de Thébaïde, ville toute grecque., comme dit Strabon, fondée par ce prince. En effet, après la mention des autres rois, on lit dans un des contrats : èv Se IlTo^ejxaiii ttï; ©Tjêatôo; i<f îep^cov (ajoutez x.al Upeiwv) nTO>4jJixîou toO [Ùv ScoTîîpoç, Tôv ovTwv xoù oûdûv..., et dans Fautre : èv &à Ht. t. 0. if* lep^cDV 3cal lepeiûv xal xavvîçopou twv ovtwv xal o'jcûv.
Ce n'était donc que dans ces deux villes grecques , que le culte des Ptolémées était officiellement établi ; ce qui nous explique pourquoi les prêtres et prêtresses sont tous Grecs, issus de Grecs.
Dans les deux contrats grecs, ces noms ne sont pas men-
lionnes. Mais ils le sont toujours daus les textes démotîques. Cela vient de ce que le texte égyptien des contrats était le texte original, et le grec, seulement une traduction, qu'on devait joindre à l'autre, l'égyptien tout seul pouvant être mal compris des Grecs qui rendaient la justice. Aussi tout contrat en ég)q)tien, oLiywKxix (juyypaçY), avait son avriypaçov, sa traduction grecque, 5tY)pu.y)veu(ii£VYî éX^rivicrTi (Peyron, adPap. gr.y p. 114). Il suffisait donc que les noms des prêtres et prêtresses fussent consignés dans le texte égyptien; dans le grec, on se contentait de mettre twv ovtwv et tûv oùdûv, ce qui répond à notre « tels » et « telles » ; ou bien on enveloppait cette partie du protocole sous la désignation vague : (urà xà xovva; c'est-à-dire : « après la formule ordinaire.»