‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 68 sur 152 · PRÊTRES · texte numérisé non relu

PRÊTRES

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et des Ptolémées.

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Il ressort de la seule inspection de ce tableau plusieurs particularités curieuses.

a) Tous ces noms sont grecs ; les deux ou trois qui peuvent avoir été mal lus, par suite de Textrème difficulté résultant de l'absence des voyelles, conservent encore une physionomie grecque : Ghrysarmos (qu'on avait aussi lu Horoshermès ou Horhermës) sera difficilement un nom grec; ce peut être Ghrysormos (au collier d'or) ou tout autre nom commençant par Ghrys. Le nom Sithaltës doit être SitalcëSi nom thrace d'un roi des Odryses ; ce qui ne surprendrait pas dans une population mélangée comme celle d'Alexandrie, où les Macédoniens et les Thraces leurs voisins devaient abonder, quand même on ne trouverait pas, dans un papyrus du musée du Louvre, le nom d'un Ptolémée fils d'Amadocus le Thrace (toO 'A(iLaS6xou 6pax6;), autre nom royal des Odryses, connu par l'histoire et par les médailles. Quant à Ménapion, c^est un nom double comme Hermapion, dans lequel entre le nom de la lune {[^yivin) et le dérivé d'Apis.

b) M. GhampoUion-Figeac a déjà reconnu que les fonctions de la plupart de ces prêtres et prêtro^ses étaient annuelles {Not. de devxpap. égypt., p. 1 3 et 14). Le fait résulte complètement de notre tableau : 1° Aétès fils d'Aétès, prêtre en l'an VII de Philopator, avait cessé de l'être en l'an VIII d'Épiphane, mais il le devint de nouveau l'année suivante^ Âlç ^^f^^^i expression d'une inscription de Gartas en Nubie {Recherches pour servir à thistoire d'Egypte^ p. 214, 489). 2^ Les athlophores et les oanéphores des deux années consécutives VIII et IX d'Épiphane sont différentes à une année de distance. 3"" Mais un indice plus frappant ressort de cette circonstance qu'Aria fille de Diogëne, athlophore l'an VIII d'Épiphane, était canéphore l'année d'après. Ge qui prouve à la fois que ces fonctions ne duraient pas plus d'un an, et que la même personne pouvait passer de Tune à l'autre dans deux années consécutives ; d'où il suit que l'athlophore était au moins sur un pied d'égalité avec la canéphore; et que, si l'athlophore est nommée la première dans les actes, cela doit tenir

à une autre cause qu'à un rang plus élevé dans la hiérar* chie.

Le même savant a conjecturé que la prêtrise (UpxTeia) d'Arsinoé Philopator était perpétuelle ; ce serait une anomalie difficile à expliquer au milieu de ces prêtrises annuelles. Il est bien vrai que la prêtresse mentionnée dans les actes démotiques des années VIII, IX et XXI d'Épiphane est la même, à savoir, Irène, fille de Ptolémée; mais, comme Tacte de Tan VIII est du mois de Pharmuthi, c'est-à-dire antérieur seulement de 10 mois, à la date do l'inscription de Rosette, l'année sacerdotale de cette prêtresse pouvait ne pas être révolue.

Quand ensuite nous retrouvons la même Irène, fille de Ptolémée, prêtresse en l'an XXI d'Épiphane, douze ans après son couronnement, la seule chose que nous puissions en conclure, c'est qu'elle avait été renommée; elle était alors èiç ou TpU lepeioc.

Ce sacerdoce annuel constituait une sorte d'éponymie, tout à fait conforme à l'ancien usage grec des éponymies sacerdotales. Ceci explique pourquoi les Ptolémées étaient si soigneux de l'insérer dans leurs actes publics, quoique cette insertion fût désormais rendue inutile par l'indication de l'année du règne, selon l'usage égyptien. C'était un souvenir de la mère patrie, à côté des formes du nouveau régime.

c) Les canéphores d'Arsinoé Philadelphe se retrouvent dans tous les actes, à partir d'Évergète qui, en effet, ne pouvait manquer, dès son avènement, de rendre cet hommage à sa mère. Quant à l'athlophorie de Bérénice Évergète, et à la canéphorie d'Arsinoé Philopator, les actes des années III et VII de Philopator n'en font pas encore mention. Ce silence s'explique par ce' qu'on sait de ce prince qui, peu de temps après son avènement au trône, fit mourir son frère Magas et sa mère Bérénice , et plus tard sa femme Arsinoé (Polyb. V, 36, i). Après de tels attentats, il ne devait pas être fort empressé de rendre les honneurs divins à l'une et à Tautre de ses victimes; ce fut leur fils et petit-fils Épiphane qui établit

on même temps Tathlophorie de son aïeule et la prêtrise de sa mère, réparant aussi la double cruauté de son père. Mais pour honorer spécialement son aïeule, il ordonna que son sacerdoce serait placé, dans les actes, avant même celui d'Arsinoé Philadelphe. Voilà, je pense, pourquoi cette athlophorie ne se montre que sous le règne d'Épiphane, et pourquoi l'ordre chronologique se trouve interverti.

2* Bérénice, femme de Soter, n'est pas au nombre des reines qui ont une prétresse athlophore ou canéphore. Les deux contrats grecs nous expliquent cette singularité, en nous apprenant que le culte particulier de Bérénice Soter existait à Ptolémaïs ; et l'un d'eux nous montre même que cette princesse y avait des prêtresses et une canéphore. Pourquoi notre décret ne parle-t-il pas de ce culte particulier de Soter et de Bérénice à Ptolémaïs? On l'ignore.

(14) Dans ce protocole, le roi régnant est au nombre des rois divinisés. Il est donc certain qu'aussitôt qu'un de ces rois succédait à son père, qu'il fût majeur ou mineur, il était mis au rang des dieux, et venait grossir le nombre de ceux dont le culte se célébrait à Alexandrie. C'est ainsi que le jeune fils de Ptolémée Philométor, dit Enpator, fut mis au rang des dieux, quoiqu'il n'eût régné que deux ou trois mois sous la tutelle de s^ mère (Champ. — Fig., Éclaire, snr le Contr. de />to/.,p.25, 26).

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