‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 74 sur 152 · LIGNE XI · texte numérisé non relu

LIGNE XI

(21) Je donne à radjeclif citijco;, opposé à àpyupwcoç, un sens plus large que celui de (revenus) en blé. Sîtoç et citiov se disent, en général, de vivres, quand ils sont opposés à un autre mot indiquant des objets qui ne peuvent servir à la nourriture ; par exemple, atro; xai eùvt) , le vivre et le couvert, et ctTa xal veaç irapeyeiv (Hérodot., VII, 21). Plus bas, lig. 18, (juvTa$8iç çiTiîtal xal àpyupwcai, sont des contributions en nature et en argent; comme lig. 21, JaTravai àpyjpixal xal GiTtîcat; lig. 29, <ïtTo; xoci àpyupiov; dans Tédit de Tibère Alexandre (1. 47) : TEXéafxaTa aitr^à xal àpyupwta.

Ces ffpoço^oi sont appelés à la ligne 18, cuviraÇetç, mot qui s'entend proprement des contributions recueillies pour les affecter à un emploi déterminé. Ces revenus, ces contributions ne provenaient peut-être pas directement du trésor royal ; elles devaient résulter plutôt d'un impôt particulier, espèce de centimes additionnels, colligés ('TuvTaTTOji.eva) par un mode spécial de perception. Cette idée me semble, en effet, comprise dans le mot cuvTa^ei;, d'après les exemples cités par Villoison, et d'autres qu'on y pourrait ajouter.

Ce passage s'explique très-bien, au moyen des papyrus relatifs au Sérapiéum de Memphis, où Ton voit que les Ptolémées rétribuaient tant en argent, qu'en blé, orge, olyra, huile, etc., certains prêtres ou fonctionnaires sacrés, à divers titres , employés dans les différentes parties de ce grand ensemble qui formait le Sérapiéum. Ces espèces de pensions, en argent, comme en nature, étaient fixées à tant par an, xaT* èviauTov. Mon commentaire sur ces curieux papyrus explique cela fort en détail. Ce que j'en dis ici peut suffire.

(22) En traduisant eù^ta par sérénité, j'ai voulu conserver la couleur poétique de l'expression (etç eu^iav âyayeîv). Autant l'emploi de ei^ta ,est ordinaire au propre, comme Topposé de j^etawv (Platon, Legg.jXlly 961, E, ev ye yeipiwci xai cv eù- Siaiç), autant il est rare au figuré, du moins en prose. Dans

Pinâare, 6v eiJia TtÔ£iç {Fragm. 228, Bœckh) revient justement à notre et; eO^tav iycLytayf. La même figure se montre encore, non sans une certaine affectation , dans la stèle de Turin : [aÙToù; otTro tôv àvTiJirà^wv yeiiAcivwv eîç eiJivouç "kitU^xç r^ya^Ev.

(23) Tout ce que Ptolémée a fait pour les temples est exposé plus bas (I. 33-34). Les mots rà Upx désignent donc ici, non les temples, mais les choses sacrées, le culte qu'on y célébrait. Yilloison ne laisse aucun doute sur ce point; dans l'autre sens on n'aurait pas employé xaOwxTavai (3' Lettre, p. 6).

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