‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 76 sur 152 · LIGNE XIII · texte numérisé non relu

LIGNE XIII

(26) La distinction entre les deux locutions èm tyîç paci- >£taç et £v T^ paai^eia, faite par Yilloison, est très-juste ; l'une signifie « sous le règne » ; l'autre, « dans le royaume. »

(27) On pourrait croire que, par xi paeri^iscà ôçei>.Yiu.aTa, les prêtres entendent les sommes qui étaient dues au Trésor, a à titre de prêt ». Il est certain, en effet, que le Trésor prêtait de l'argent aux particuliers. Dans un papyrus du Musée du Louvre, je lis... tûv jroprjyTjôévrwv rotç 7rpo<T8eo(ji6voiç xal ^aveicov VA Tou 13a(7i>.txoa. Un prêtre, chargé des funérailles d'Apis, fut obligé d'emprunter cinquante talents du roi, icapà Toiï IIto- >.ejJLaiou irevT7)îtovTa àpyupiou TaXavxa -Trpoae^aveiGaTO {Diod. Sic, 1, 84). Mais je crois qu'ici Paai^wcà oçfiiXiopiaTa comprend nonseulement ces dettes, mais tout ce qui était dû au Trésor à un titre quelconque, xi 6(p£i>.6[X£va eiç to padt^txov, « omne quod régi solvi ac praestari débet; » dans le sens où Zonaras dit : êxTipu^s toi; ôçei>.ou<ji tô paci>.i3t(o Txjjtieuo (p. 877).

La même idée, exprimée presque dans les mêmes termes, se retrouve dans Polybe iwapé^udc Âè xal toù; ev aùryj t^ Maxe^o-

via Twv PadtXuwv 6ç£iXY);j!.aTwv , i(fr\7Lt ^è 5cai to»jc êv rat; çu^*xaî; èyx6>cX£ia[Ji£vori; eTTi PadiXtxaî; aiTiacç (XXV, 5, 3). Diodore dit aussi de prisonniers pour dettes : àiv^Xuac toO xpeou;, ovro; ttVoÔouç 8v Taiç fu^axaic (I, 84).

(28) Ameilhon (p. 83) et M. Drumann (p. 181) joignent tô lu^.Yiflet à ovTa -iroX^a. La construction est fausse; tû ir^r^ei dépend de açwc, comme Ta très-bien vu Heyne. La même circonstance de la remise des dettes revient encore plus bas (1. 29), mais appliquée seulement aux temples et aux prêtres. Ici, la remise s'applique à tous les débiteurs de TÉtat, sans distinction, tô ir^TiOei, à la multitude en général.

LIGNE XIY.

(29) Kal Toù; èv cp. ài;. Je crois qu'on s'est mépris sur le sens de cette phrase, et qu'il est encore question des débiteurs du Trésor. Le roi n'a pas seulement remis l'argent à ceux qui lui devaient, mais, de plus, il a rendu la liberté à ceux qui étaient détenus pour dettes fiscales; et il a absous ceux qui, depuis longtemps, étaient sous le coup de réclamations et de procès (ev aiTtaiç ovre;) intentés au sujet de ces dettes.

La place qu'occupe l'énoncé do ce bienfait royal indique assez qu'il ne concerne que les débiteurs du Trésor et non, comme on l'a cru , les prisonniers et tous les prévenus en général. C'est qu'en effet il y avait prise de corps pour les débiteurs du fisc ; on voit par l'édit de Tibère Alexandre qu'ils étaient détenus dans une prison spéciale appelée T^paxTopeiov, ainsi que et; iXkoLç (pu>.axa(; (1. 18 et 16), ce qui est à peu près l'expression de notre décret. L'édit règle que nul ne sera détenu pour dettes, dans le praclorium ou ailleurs (et; (f\jkxx.h YjvTivouv 3taTax>.ei£(70at) , excepté s'il doit au fisc : eÇw tôv oçei- XovTwv elç Tov xupiaxov >.6yov.

Quant à l'expression, tv Txtç çuX. âTnrîyfxev. , on s'attendrait à voir fiiç Ta; çuXajca;, qui serait plus grec et plus conforme à l'usage (v. Lex. Polyb.), ou bien ev <pu>.axat; ovre; èyx£x>.€Ki[xivoi (comme dit Polybe). Dans le style alexandrin, à7riy6cô*i

s'employait même, d'une manière absolue, en sous-entendant «; ty;v çrj^axYiv [Gènes., XXXIX, 22), avec le sens, comme ici, d'être mis en prison pour dettes fiscales ou autres : (cf. Polyb., Lexicon). Mais l'emploi de év pour ei;, avec un verbe de mouvement, dans le style de cette époque, pourrait se justifier par beaucoup d'exemples. La locution £v aiTiai; elvai, £)^ec6ai, TtôeffOai, est employée par les auteurs du meilleur temps. {Thés, liiig. gr., 1. 1, col. HOO, éd. Didot). 'AiréXuac tûv êy)te)c>.Yi(i. se trouve dans Polybe (V, 27, 8).

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