LIGNE XVI
(31) La phrase JtSovat ciç to Tfi>.e<jTi3cov est analogue à celle de Jt^ovat, Tc^eiv, ouvreXeîv eî; to PaciXwcov; ainsi il est vraisemblable que le substantif sous-entendu , dans les deux cas, est Tapelbv. Il s'agit donc probablement d'une caisse destinée à recevoir un certain droit, dit télestique; à moins que to TEXetmxo'v ne désigne ce droit lui-même , sens qui me plait moins que l'autre.
Quelle idée doit-on attacher au mot TAedTwcov? Ameilhon et Pahlin veulent y voir un droit payé par les prêtres pour leur initiation aux mystères. Cela n'est guère vraisemblable; car ce droit, tout religieux, supposé qu'il existât, ne devait pas dépendre du gouvernement. Il s'agit évidemment d'une imposition qui revenait au roi, puisqu'il en dispense les prêtres, quand il le veut.
Donnant à Te>.eaTi>cov son sens étymologique, celui de perfection onde complément, je présume que c'est le droit payé pour devenir prêtre, rpo; to Upea TeXeiov yîvec^ai, comme parle HorapoUon (1, 39). Le sacerdoce, en effet, concédait de grands privilèges et mettait en possession de grands avantages tant honorifiques que pécuniaires. Il devait être fort ambitionné, et les familles devaient se montrer empressées d'y pousser leurs enfants. Il était donc naturel qu'on imposât à la fois
des épreuves de capacité, et quelques sacrifices, par exemple, un droit analogue à ce que nous appellerions « frais d'obtention de grade ». AtSovxi eî; to Tc>c<m5cov signifierait payer pour arriver au grade supérieur, au grade qui complétait les épreuves; c'était comme notre grade de docteur. Ma traduction est fondée sur cette hypothèse.
(32) Selon le sens donné jusqu'à présent à ce passage, Ptoléméc Épiphane aurait rétabli ce droit sur le pied où il était resté jusqu'à la première année de son père. Ce serait là une tournure assez délicate, pour faire un compliment à l'un sans nuire à la mémoire de l'autre : car il résulterait assez clairement de ce passage, ainsi entendu, que Philopator, en montant sur le trône, avait fait subir à ce droit une augmentation qui s*était maintenue pendant tout son règne, et que son fils avait rétabli le droit tel qu'il était avant l'augmentation, c'està-dire, avant le commencement (la première année) du règne de Philopator.
Mais je trouve en ce cas une assez grande difficulté dans l'expression : pourquoi a-t-on dit : ïwç tou wpclTou erouç 'EIII ToG -jTotTpoç aÙToO? La préposition èiui est tout à fait superflue, puisque toujours le motcTou; est suivi d'un génitif direct. On ne dit jamais eTouç irpcorou, ^euTepou... 'EHI tivoç, en parlant d'un roi, mais bien îtouç ...tivo; ou ttî; Pa^iXeiaç tivoç. Cette locution serait donc sans exemple. C'est ce qui ferait présumer qu'il y a peut-être un autre sens caché sous cette phrase, dont la traduction littérale est «... (que les prêtres) ne payece raient rien de plus que la taxe à eux imposée jusqu'à la « première année, sous son père. » Si l'on remarque que îwç, ainsi que [^'xP^) comprend bien souvent, au lieu de l'exclure, le terme qui le suit (note 87), c'est-à-dire, qu'il signifie « jusques et compris », on pourra présumer que Zwç toO 7rpa>Tou Itouç, signifiant « pendant, la première année, sous son père, » les mots, a la première année, » se rapporteraient aux prêtres, non au roi. En ce cas, il s'agirait du temps pendant lequel les prêtres devaient payer le droit dont il s'agit. Sous son père (stcI to'j Tçarpoç a'Woiï) ils ne payaient le droit que
jusques et compris la première année (de leur sacerdoce); pendant les années antérieures du règne d'Ëpiphane, ce droit avait été augmenté ; en ce moment, on le rétablit au même taux où il était sous le précédent règne.