‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 86 sur 152 · LIGNE XXX · texte numérisé non relu

LIGNE XXX

(89) La lacune de six ou sept lettres a été remplie par Heyne et Porson, au moyen de A [EAEIMJMENHS ; mais régyptien s'oppose à cette restitution ; il porte, selon ChampoUion : « Le roi a ordonné, concernant les droits d'une artabe par aroure de terres appartenant aux dieux, ainsi que celui de Tamphore par aroure de vignobles dus aux dieux, qu'on en fît la remise. » Il ne s'agit pas seulement de la remise de Tàrtabe non payée ou arriérée, mais de la suppression générale et absolue du droit : il y avait donc dans le grec un autre mot que ^eX8i;x;x6vr<ç ; et comme la lettre initiale peut être aussi bien un A qu'un A, j'ai lu A[110TETAr]MENHS, qui rend justement l'idée de l'égyptien.

Ameilhon trouve ici la tournure embarrassée. Le sens est assez clair; mais il semble que la construction la plus naturelle serait : [âire^uce] xal — toO JcepajjLtou tt) cêpoupa rvi; à;j!.ire- ^iTiSoç yf.ç. Dans tous les cas, comme ttiç â(XTCe^tTiSoc y^,; dépend do ffi àpoupa, il ne faut pas mettre, comme Porson, un tt après ôpioi;, ce qui rompt inutilement la phrase ; cependant le changement du génitif s'explique bien par l'ellipse de îcara devant tô xepajiiov. Les mots ttîç Upàç -fr,^ appelaient xat ty,; àjj!.7r€\tTtSo;; et il était plus élégant de continuer par un accusatif absolu que d'attacher encore un génitif à âxe^udev. Je ne traduis pas xepajAiov par amphore, parce que ce dernier mot présente une idée de plus que xepa'jxtov, et peut-être même étrangère à celle que les prêtres veulent exprimer : que jcepa- [jLiov soit une mesure de liquides, comme artabe une mesure de solides, cela est certain ; que, dans plusieurs textes de l'époque romaine, xepa(jLtov soit employé comme un synonyme d'amphore, cela n'est pas non plus douteux ; mais ici le rédacteur

a-t-il voulu exprimer une mesure identique avec Tamphore grecque? C'est peu probable. A coup sûr, le mot xepajxiov représente une mesure égyptienne, dont la capacité était bien connue de ceux qui employaient le mot; à peu près comme les termes vagues pot et bouteille, dont le sens propre est celui d'une sorte de vase, mais qui se prennent aussi comme l'expression d'une mesure : « de la bière à 30 centimes le pot, « la bouteille. » Dans cette incertitude, j'ai conservé le mot « kéramion » sans le traduire.

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