‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 87 sur 152 · LIGNE XXXI · texte numérisé non relu

LIGNE XXXI

(60) Les prêtres distinguent par leur nom les taureaux Apis et Mnévis ; les autres animaux sacrés, ils ne les désignent que vaguement par les expressions : xal toi; iWon; Upoi; J^woi;, toi; év AtyuiuTw. Le décret confirme le témoignage de tous les auteurs anciens qui mettent au premier rang des animaux sacrés en Egypte, les taureaux Apis et Mnévis. Ils nomment tous Apis le premier et Mnévis le second, excepté pourtant Ammien Marcellin {Mnévis et Apis sunt notiora. Amm. Marc, XXII, 14, 7). Tous s'accordent également à dire que le siège du culte du premier était à Memphis, le second à Héliopolis (V. les textes dans Jablonsky, Panth. jEgypt,, IV, c. 2 et 4); ils étaient consacrés l'un à la lune (Isis)^ l'autre au soleil (Osiris)^ quoique, selon Diodore de Sicile, on les considérât tous deux comme consacrés à Osiris (I, 21); il dit également que leur culte n'était pas limité à ces deux villes, mais s'étendait à toute l'Egypte; et partout sans doute ils étaient représentés par des animaux vivants ; le seul qui soit connu, outre Apis et Mnévis, est TOnuphis ou Pacis, adoré à Hermonthis (Jabl., Panlh. jEg., I, p. 99; II, p. 273, 59).

Les papyrus grecs confirment ce témoignage, en nous indiquant qu'il y avait à Memphis même, outre Apis, un taureau Mnévis, dont on célébrait aussi le deuil à sa mort; car j'ai trouvé dans un papyrus (appartenant à M. l'abbé Greppo) un état des dépenses faites par les Didymes (prêtresses du Séra-

:ji6 inscription grecque de rosette.

piéum) pour le deuil de Mnévis (to oêvoXco^ia tûv Aiju(<.ûv toO irevôouç toO MvTjycioç (pour MvTjeio; ou Mveuio;). Un papyrus de Leyde (dans Reuvens, Lettres, III, p. 80 et suiv.) contient les pétitions d'un Pétésis, fils de Chénuphis, archentaphiastc d'Osorapis et d'Osoramnévis (àpyevTaçiaoTT); toO 'Offopamo; xal 'Oçopa{i.veioç, Oeôv juyiffTcov).

Cette addition des trois syllabes Osor ou Osora, devant les noms d'Apis et de Mnévis, est un fait aussi nouveau que certain. Dans un autre papyrus de.Memphis, relatif aux Didymes, rhomme chargé de soigner Apis est appelé ô ^ouscoXoç toO *0<7opaTCioç {Papyr. Gr. of the Brit,Mus.,Xlh 1. T); et, dans un autre, il est question de la cérémonie dite âvaywyYi toîj 'Ooopdcmoç (XIY, 32). Ces trois syllabes se retrouvent ailleurs; par exemple, dans les noms royaux Osor-sen, Osor-tasen, Osor-kôn; et le nom divin Ar-Oérîs (ou Or-oeris). Les deux noms propres "Onpi; et '0<jop-67}piç, que donnent des papyrus (ap, Peyron, II, p. 86), ne diffèrent que par l'addition de ces trois syllabes. Je soupçonne qu'elles rappellent les deux noms divins *'09[ipi;] et 'ûp[oç]. Ainsi, les noms 'OaopotTuiç et 'Odopscpeuiç seraient une combinaison des noms d'Apis et de Mnévis avec ceux d'Osiris et de son fils Horus; combinaison d'autant plus naturelle que la liaison religieuse de ces animaux avec la triade dlsis, d'Osiris et de leur fils Horus est au nombre des points les moins incertains, dans cette profonde obscurité qui enveloppe la religion égyptienne.

(61) ^povTîÇwv iirep tûv. On pouvait se passer de la préposition ûirtp ; car le verbe çpovTiÇeiv est ordinairement suivi du génitif sans préposition. Cependant la locution n'est point insolite. On trouve non seulement fpovri^eiv irepi rivoç dans Démosthène (p. 131, 10), Xénophon {Apomn.,l, 4, 17) et les Septante (Sirach, XLI, 18); mais aussi «Wp tivo; (Démosthène. p. 9, 13; 826, 28).

INSCRIPTIOiN GRECQUE DE ROSETTE. SU

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