LIGNE XXX'IV
(65) On voit bien que des gens de Memphis sont les premiers intéressés dans ce décret. Toutes les fois qu'on sort des choses générales, et qu'on particularise les bienfaits du roi, c'est une divinité ou un temple de Memphis que l'on indique. On dit qu'il a étendu ses bienfaits à tous les temples de l'Egypte ; mais on n'en nomme pas un seul de Thèbes ou d'aucun autre lieu. L'Apiéum, dont on parle ici, me parait être le temple que, plus tard, les papyrus nomment exclusivement le ^erapiéum (voir note 18).
(66) On pourrait croire que les travaux dispendieux (epya Tçtihà'zikr) dont Epiphane a embelli TApiéum, consistaient en propylons ou autres constructions accessoires, qu'on distingue
eucore avec les noms des Ptolémées dans quelques-uns des plus anciens édifices de Thëbes.
Dans ce cas, les mots >t6ot irrAuTc^eî;, ne seraient pas ce que nous appelons des pierres précieuses, tels qu'agate, cornaline, jaspe, saphir, rubis, émeraude, diamants, etc.; mais des matériaux précieux, tels que marbres divers, granit vert ou rose, basalte, etc.
Mais, outre que le sens naturel des mots conduit à l'idée de pierres précieuses, ces mots étant joints à ceux d^or et d'argent, il ne peut être question que d'ornements, non de construction. On trouve de niéme dans Josèphe : jcalirpoç
irapacTxeuYîv Se xpanfipwv ercejxij^e X?^^^^ K^^ ô^xyîç TaXavra
TuevTTjXovTa, XiGwv ^i iro^ure^civ àcu^^oyiCTOv ti tc^tîôo; {Ant.
Jud.y XII, 2, 5); dans Callixène: <rT6(pavoç Xf^^^^^t ^'^^^'
TcohjTtkéfjf. xeîco<j[i.7)[JLévoç (ap. Athen. VI, 202, D) ; Lucien :
Xiôoiç toi; iroXuTe^Êffi 7)(jxy)(i^voç, xal XP^^^i ^*'' ypaçalç
ii7iv6i<j(Aévoç {Imag.^ § 11), ce qu'Hérodien exprime par XtOoi; Ti(jLtoiç(V, 5, 4), et Clément d'Alexandrie, parxpy<r4> ^^'^ apyupcp
xal YjXéxTpw xal toT; iiA Iv^taç xai AMiomaç XiGi^ioiç
{Paedag.y III, 2, p. 252, fin.). Ces epya Tco^uTe^T) sont donc la dorure (^rpw^w'ri;) de quelques parties du temple, et l'embellissement de quelques chapelles par incrustation de pierres précieuses, d'or et d'argent.
(67) Il faut remarquer le choix et la propriété des termes qui expriment tous ces travaux d'Épiphane. 'iXpuaaTo est le mot propre appliqué à Pwpç, vao; ou upov, pour exprimer qu'on a bâti, élevé, autel, temple ou naos [Thés, gr, ling.,l\, p. 523, B. éd. Didot). C'est ce passage qui m'avait conduit à ridée que les édifices ou parties d'édifices égyptiens, sur lesquels des inscriptions grecques se trouvent, n'expriment pas de simples dédicaces; et conséquemment que ceux qu'a élevés Épiphane, étaient de style égyptien {Journal des Savants, 1 821 , p. 454); idée confirmée depuis par tant de monuments.
(68) Le roi a restauré tout ce qui) dans les anciens édifices, avait besoin de réparation : èTCKixeuYi peut bien signifier construction ajoutée : mais se mot se dit le plus souvent de ré-
paradons, sens appelé d'ailleurs par irpocSicopôwçaTo. Aux exemples cités dans le Thésaurus gr. Ling.^ t. III, p. 1773, éd. Didot^ on peut ajouter des phrases semblables à la nôtre : .w..Etç èrKT/^euTîv wv av ât'ïiTai to Upov TX^avra xevTvi^tovTa (Joseph., ^w/. Jud.j XII, 2, 6) ; et ev oîç av eTriçaveaTepav yivecôai rfiv Toijf iepoS £7rKy3C6UY)v ^éoi (id. XII, 3, 3).
Il y a de plus dans les deux composés nPOS^cojAevx et nPOS^MopOïoGaTo, l'idée de réparations antérieures, auxquelles Épiphane ajouta les siennes. C'est là une nuance délicate qui exprime que le roi a continué l'œuvre de ses prédécesseurs. J'ai tâché de la rendre par les mots « à son tour » et « encore ».
(69) Le choix de l'adjectif e'jcpyeTwo; n'est pas indifférent. On aurait pu mettre ôeoiï euepy^rou, le sens eût été le même, mais il y aurait eu amphibologie; on aurait pu voir là le dieu É vergeté.
(70) Le supplément de la lacune est dû à Porson. Heyne suppléait : âvY)xo[u<7t TTjv] ôeîov ^làvotav ; leçon incorrecte, le verbe âvYixouGi n*ayant pas son complément nécessaire ; d'ailleurs il faudrait ttiv toO Oetou Siavoixv. La construction revient à ..Tcepl Tîiç 7cpo;To Oêwv eiceêeiaç {Inscr, ap, Clarke II, p. H4), à -h wpo; TO 9eîov ÔGtoTY); dans un papyrus du Louvre, et principalement à cette phrase de la stèle de Turin : to Sa irivTcov irpûTov xal l^lytaTOv, [TCoiY)<ji(;.€vo; T7]v 7ca<ja]v 67;ijj(iX£iav tûv eîç to 6etov âva-
^e[A770[Jlivù)V.