‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 90 sur 152 · LIGNE XXXV · texte numérisé non relu

LIGNE XXXV

(71) Il y a encore une nuance à remarquer dans ce nPOSiruv- 6av6[jL6vo;; déjà, des informations avaient été prises avant Épiphane sur Tétat des temples ; mais il en a fait prendre d'autres, à la suite desqueUes il a renouvelé les plus importants des temples.

(72) L'expression ri tûv Upwv TijjiiwTaTa aveveoOTo (par erreur âvaveoOTo sur la pierre), a été diversement entendue. Ameilhon dit : « Les choses les plus précieuses renfermées

dans les temples ». La version de M. Drumann donne un sens analogue (p. 31). Heyne: « templa praecîpuo honore habita» : c'est le seul sens compatible avec le grec; comme tûv twrwv oi euçuéçTXToi (Xenoph., Apomn,, IV, 1, 3). DansTautre sens, le rédacteur, qui savait très-bien écrire sa langue, aurait dit : Tot £v Toîç iepoT; TifAKiraTa. Il s'agit donc des temples, et non des choses contenues dans les temples. Ceci est important d'après la force du mot, âvaveoCcôai, renouveler, qui signifie beaucoup plus que réparer; et, par exemple, refaire à neuf partie ou totalité d'un édifice fort endommagé ou même menacé de destruction (v. mes Recherches sur l'Egypte, p. 67).

Il y a dans l'égyptien : « il a renouvelé les honneurs des temples, comme il convenait sous son règne». Cette difi'érence provient de ce que le scribe égyptien n'a pas entendu le grec. En effet, les signes qui représentent les honneurs des temples sont les mêmes qui sont exprimés 1. 33 par Ta tijjlix tôv Upwv,

et à la fin de la 1. 36 par Ta ÛTCipjç^ovra TijJiia irdcvTa tcJ)

IlToXeaauo- Si le rédacteur grec n'avait fait que traduire l'égyptien, il aurait rendu de même la même expression, et n'aurait pas été chercher l'expression si différente Ta tûv Upôv Ti[JLwoTaTa. C*est donc évidemment celle-ci que le scribe égyptien aura mal coAiprise et mal rendue, la croyant identique avec l'autre ; et, de cette manière, il a dît deux fois la même chose. Cela prouve encorp que le texte grec a précédé l'autre; et que celui-ci est l'œuvre d'un Egyptien qui entendait le grec fort médiocrement. La justesse du supplément T'aX^x àyaO [à iràvTa] est d'ailleurs justifiée par le texte hiéroglyphique où se lit: « et tous les autres biens » (Champ. Gr. Égypt. p. 315).

Ainsi non-seulement Épiphane a élevé, i^pueraTo, des temples, mais il a embelli, réparé et refait de ces édifices. Or, les temples d'Ombos, de Philes, d'Edfou, etc., et quelques-uns de Thèbes, presque refaits sous les Ptolémées, notanmient le petit temple d'Esculape ou d'Imouth à Philes, et le propylon Ouest de la salle hypostyle au palais de Carnak, construit par Épiphane (Lhôte, Lettres écrites dÉgypte^ p. 208), prouvent que les termes de notre inscription n'expriment que la vérité.

(73) La circonstance, èirl xf,; àauToiï paatXetaç, « sous son règne », et non « dans son royaume», comme dit Ameilhon (plus haut, note 36), n'est pas à beaucoup près oiseuse. Les travaux dont il s'agit ne sont pas do son prédécesseur, ils ont été commencés et achevés sous son règne; à lui seul en appartient le mérite.

(74) « La royauté restant », etc., ce que Tinscription hiéroglyphique expx'îme ainsi : « LMionneur suprême (étant) établi «i en lui et en la race de ses fils » (Champ., Crr. ég., p. 419)» Le grec dit seulement « à lui et à ses enfants » : mais Tidée accessoire de la postérité entière du roi est exprimée par le verbe Siajxfvetv.

LIGNE XXXVL

(75) Le même vœu existe dans le décret des Sigéens, en rhonneur d'Antiochus Sôler : yivcçOai xa Te otkXoL âyaôà tzmtx Tô ^^oLGikiX, . . • xal Ta 7rpaY|jLaTa xal TTjv.paçiXetav $ta;jLeveiv >.a(jLéavouGxv emîofjiv (ap. Chish., Ant. As.j p. 51 et 82. — Cf. Drumann, p. 196).

'Ayaô^ ru-/Y^' iJoÇev x. t. >. Voilà encore la forme grecque toute pure ; Téconomie du décret ne s'écarte en rien de Tusage grec. Ainsi l'âyaûv) tu/yj vient après le considérant, qui dépend de ê7:«t ou de eTrci^Y), et précède e^o$ev, qui est suivi de tout ce qu'il a plu de faire pour le personnage qu'on veut honorer.

A coup sûr râyaSy) Tuyr) n'a rien d'égyptien, et n'était dans aucun des deux textes hiéroglyphique et démotique. Un translateur grec d'un texte égyptien ne l'aurait pas mis dans sa traduction. Nouvel indice que nous avons ici la rédaction originale.

Ici -h yi^% désigne toute TÉgypte; car on lit dans l'inscription hiéroglyphique : « Appartenant aux prêtres de la partie « septentrionale et de la partie méridionale » (Champ., Gr. éyypt,, p. 192). Si le rédacteur n'a pas mis, comme ailleurs (1. 46) xaTa Tr.yt re avio xat tyjv xaTw x^P*^> ^^^st que l'adjectif T. n. 21

iravTwv après Upûv rendait Texpression r^v ywpxv suffisammenl claire.

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