‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 93 sur 152 · LIGNE XL · texte numérisé non relu

LIGNE XL

(79) Le service religieux (ftepxireiîeiv) est exprimé dans rég}'ptien par le simple mot « servir» (Champ., Gramm. cy.^p. 807); il devait se faire trois fois par jour : il consistait sansdoutQ en quelques formules de prières, ou en quelques actes d'ado-

ration, xpoiJKuyjojxaTa. M. Drumann cito fort à propos un passage de Plutarquc, où il est dit que Ton sacrifie trois fois par jourau soleil, vî(x£paç éxiaTvjç Tpiyco; [de Is. et Osir,, p. 372). Le nbmbi:e trois est sacramentel ; il avait même passé dans Texpression de la langue (plus haut, note 39).

Cette lacune de 14 & 15 lettres est difficile à remplir. Les suppléments proposés par Heyne, ev [re ioprai; xal TCaJvYippe'Tiv ; et Porson, iv [Je éoprai; xai wa]v., pèchent Tun et l'autre par l'absence de Tarticlo. Le supplément èv [raiç jj^yi'kxi; Trajvr,- Yupi<?iv conviendrait fort pour l'espace d'environ 16 lettres qu'il s^agit de remplir. Mais Tégyptien ne le favorise guère, ce texte portant, selon ChampoUion : « comme on fait pour les autres « dieux, aux panégyries du pays » {Gramm. égypt., p. 479). Il y avait donc : év [raî; xarà rnv /^c&pav ou xaT* Atyuîrrov, ou enfin èv [Taïç eyjrtoptxi; ir«]vYî^pe<îtv.

(80) Une circonstance semble pourtant s'opposer à ce que la figure du roi et les accessoires soient des anaglyphes ou bas-reliefs; c'est celle qu'expriment les mots xai rapanOsvai aÙTaî; (rat; etxoçi) lepov xogjjlov. Il est naturel de penser que ce xocfxo; dont il s^agit n'est autre chose que le résultat du (xtoXmi{x6;, c'est-à-dire, de l'opération d'habiller les dieux à certains jours (plus haut, note 17). Au premier abord, cela ne se comprend guère que d'une figure de ronde bosse. Mais aussi, dans ce cas, on aurait mis, de toul!6 nécessité, IlEPI- TiflEvai, non IIAPAtiOIvxi. Ce dernier mot signifie mettre à côté, ou juxtaposer, et non envelopper ; ce qui s'entend trèsbien d'un ornement juxtaposé, ou accroché devant la figure, et non jeté autour d'elle. ChampoUion et M. Lenormant ont observé au temple d'Isis, à Philes, les trous qui ont reçu les clous destinés à accrocher les vêtements dont on habillait dans certaines cérémonies les figures en bas-relief de la déesse. (V. mes Matériaux pour sef*vir à l'Histoire du Chrisiiaiiisme, etc., 1. 1, p. 61). C'est cet usage qu'exprime le verbe irxpaTiOivai; ce verbe, qui a dans cet endroit une propriété et une précision remarquables, lève tous les doutes sur la justesse de l'observation de ChampoUion.

Page 1