‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 94 sur 152 · LIGNE XLI · texte numérisé non relu

LIGNE XLI

(81) J'ai déjà dit (note 77), d'après Champollîon, que le signe hiéroglyphique qui correspond à notre Çôavov, est celui d'une statue assise ; ce qui s'entendra aussi bien d'une statue de bois que d'une statue de pierre. Bien que Çoavov ait été quelquefois employé , par les auteurs récents , pour statue en général, sans acception de matière, il est certain néanmoins que le plus souvent ce mot est employé dans son sens étymologique; et spécialement pour désigner ces statuettes portatives, simiilacra brevia quœ portabantur in lectù cis, comme dit Servius {ad jEneid., VI, v. 68). Que si le rédacteur a employé Çoavov, air lieu de àv^piivra ou de ayaXjia, qui sont les mots propres pour indiquer une statue de grandeur naturelle ou au-dessus de nature, c'est qu'il voulait parler d'une figure destinée à être placée dans le naos ou édicule portatif dont le nom vient après.

C'est cet édicule qui devait être mis dans chaque temple ; on l'appelait aussi rracTo; ou iraaTa; ; une foule de bas-reliefs égyptiens de toutes les époques nous le montrent placé sur un bateau porté par des hommes.

Gos édicules, portatifs comme la figure qu'ils contenaient,, étaient en bois selon l'expression d'Hérodote, vr^ot (xixpoi $u- >ivoi (II, 63), et dorés, xaTaxeypuGwjxevot ; ce que notre inscripr tion exprime par l'adjectif yp[u(youv; à moins que l'idée de dorure ne s'applique à la fois à la statue et à l'édicule, auquel cas la lacune devrait être remplie par XP^^« ou par y pu<yo'jjuv*. Quoique l'une etlautre hypothèses soient vraisemblables, la seconde est cependant favorisée par lu construction; car, si le rédacteur eût voulu ne faire tomber l'idée de dorure que sur vaoç, il aurait plutôt mis l'adjectif avant : Çoavov Te xai xp«<yoOv vxov, comme l'a fait Diodore de Sicile : iyaT^fiiaTa xe jcal j^pu^ cyjq vxoù; xaTx<j3cei»a<jaiÔai (I, 15). D'ailleurs, ces statues portatives étaient ordinairement dorées : ev Tai; xa>.ou|jLivxi; Tcap' AiyoTîTiot; xcD'xaaixt; , twv ôfcwv "^f^GÎ àyiXjxaTa repif^pouc^

(Clem. Alex., Strom., V, 7, 44, p. 671 Pott.). J'ai donc lu ypuiia, le participe 7pv<rou[X€va étant trop long pour la place.

C'est à rintention de faire tomber Tidée de dorure sur les deux objets en même temps, que j*attribue le choix que le rédacteur a fait de Thendiadys Çoavov Te xat vxov xp^^« (comme Hérodote II , 152, tov auj^éva xai t7)v xeça>.Y;v çaivei x. — >texpy- 9ci)[jt.£va), au lieu de ^^pucouv vaov xat èv aÛTû Çoavov, qu'il aurait sans doute préféré dans Tautre cas.

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