LIGNE XLII
(82) Ces édicules portatifs étaient donc placés dans la partie des temples appelée a^urov : chez les Éthiopiens, ils Tétaient dans TotêaTûv (Diod. Sic, III, 6), partie également retirée, où les prêtres seuls avaient le droit de pénétrer (V. Recherches pour servir à T Histoire de l'Egypte, etc., p. 304, 305).
C'est de là qu'on les tirait à certaines époques pour leur faire prendre rang à la procession ; ce que notre inscription appelle i^o^elai, littéralement « sorties », seul exemple qui existe de ce mot en ce sens, de même que de è^o^eueiv ou du composé <Juv£;o Je'îetv à la ligne suivante.
Elle nous apprend en outre que cette sortie avait lieu dans les grandes panégyries (év Ta?; [xeYa>.aiç iravy.yupe<jiv) ; et par là on entendait sans doute des panégyries annuelles. Diodore de Sicile nous dit en effet que chaque année (xar' eviaurov), chez les Égyptiens, le temple ou édicule d'Ammôn à Thèbes, était transporté de Tautre côté du fleuve dans la partie Libyque et ramené quelques jours après (Diod. Sic, I, 97). Cet antique usage, si général en Egypte sous le règne des Ptolémées, se continua pendant toute la durée du culte égyptien. Le transport des édicules et de la statue d'Isis de Philes en Ethiopie avait encore lieu, non-seulement au temps d*Antonin, mais même dans le cinquième siècle de noire ère (v. mes Matériaux pour servira l'hist, du Christ,, 1. 1, p. 67). Claudien,
à la fin du quatrième siècle^ parle encore de la procession des statues divines à Memphis comme d'un usage en vigueur. . . , . . sic numina Memphis in vulgtis pro ferre solet, penetralibus exit effigies {de IV consul. Honor, V, 570 sq.) ; ces derniers mots se rendraient littéralement, dans le grec de notre inscription, par ii ocÂiiT<ov £^o$euei ro ^oavov.
La cérémonie énoncée dans Finscription, et qui se maintint encore près de sept siècles, remontait aux plus anciennes époques de la religion égyptienne, comme le prouvent les monuments où elle est représentée.
Le supplément de cette ligne, proposé par Porson, est excellent ; le composé <7Jve;o^eueiv est aussi nécessaire au sens que convenable pour la place.