LIGNE XLIV
(90) Le mot àoTri^oei^biv semble manquer un peu de justesse. Car, dans la réalité, les basilies n'ont pas la forme d'aspic,
(1) [Nous en avons jugé la reproduction inutile; on peut le voir dans L*hôte.]
332 liNSCRIPTION GRECQUE DE ROSETTE.
mais elles portent un ou plusieurs aspics : il semble donc que le mot propre eût élé àcrxiÂofopaiv. Cependant Taspic a quelquefois une telle grandeur que la forme générale, vue de face, se rapproche de celle de Fanimal; et que le mot iamioti^ii; n'est peut-être pas tout à fait sans convenance. GhampoUiou traduit l'égyptien en ce sens : « les courjonnes ornées d'aspic étant sur les chapelles » {Gramm, égypt:, p. 837) ; sens qui supposerait ou que le rédacteur égyptien, fort peu grec^ comme on Ta vu, a lu par erreur ...tôv âa:7i$oeiSûv PaciXeiûv ^ONTÛN (pour oùaôv) iizi twv a^Xcov vxûv., au lieu de PaçiXeiwv TON £7:1 Tûv a. v.; ou bien qu'il n'aura pas compris la phrase. Mais encore ici l'erreur n'est pas du côté du grec.
(91) Autre circonstance : au milieu des basilies (aCrrôv ev P^m) sera placée la basilie appelée PschenL . On a été longtemps incertain sur le sens de ce mot. Yilloison voulait y voir le nom d'un vêtement royal, à cause de l'expression ïiv i7epiO<[uvoç (6 PaciXeu;), « que le roi ayant revêtue », Mais M. Drumann a déjà répondu à la difficulté, en citant le passage où Hérodote (II, 162) dit d'Amasis : irepiiOi^xe ol xwe^^v. Il est sûr que le verbe TrepmôecOai, appliqué à une coitTure quelconque, n'est au fond pas plus déplacé qu'avec l'idée de couronne (cf. Aristoph., Thesm., v. 387; Suid., v. TceptOou). Le . traducteur d'Isaïe, écrivain d'Alexandrie comme notre Grec, a dit de même irepiéOiQxé jxoi jxiTpav (Jes., LXI^ 10). C'est dans ce même sens qu'Horapollon a dit de l'aspic ou uraeus qui ornait la coiffure des dieux, Oeotç irepiriOfadiv (I, i) ; leçon que M. Leemans a conservée dans le texle, avec beaucoup de raison {ad h. L, p. 119)..
Le sens du mot Pschent ou plutôt Schent, en retranchant le préfixe (Champ., Gr. égypt,, p. 76), a été définitivement fixé par Champollion, qui a reconnu qu'il signifie cette coifi'ure royale, cette espèce de casque , dont les rois se couvraient la tête dans les grandes cérémonies, composé de deux parties, quelquefois séparées, quelquefois réunies^ commo dans cette figure, [bien connue du Pschent, que nous ne reproduisons pas].
C'est la partie inférieure seule du Pschent qui est figurée dans le texte hiéroglyphique de rinscription de Rosette, à Tendroit correspondant à ce passage.
(93) Cet ornement devait être placé au milieu des basilies^ a^Tôv £v Tô iLiGto. La seule manière d'entendre cette disposition, à ce qu'il semble, c'est d'admettre que le Pschent s'élevait sur une base, dans Tespaco vide laissé au milieu dos basilies, disposées autour du tétragone, les dominant, et formant le sommet de la pyramide.
C'est avec le Pschent en tôte que le roi était entré dans le temple de Memphis, pour la cérémonie du couronnement. C'était donc, à proprement parler, l'attribut royal, la coiflFure jprivilégiée du roi, celle qu'il devait prendre dans cette grande solennité Aussi, je ne doute point que le Pschent ne soit désigné par le mot xiivêq, casque, dans les deux passages où Hérodote, à propos de Psammitichus (II, 151) et d'Amasis (II, 162), nous représente l'action de se coiffer du jcuv^yi comme propre au roi, ou annonçant la royauté.
Au temps d'Hérodote le mot ^yi^tr ne pouvait être encore adopté par les Grecs ; aussi emploie-t-il l'équivalent xuvtTj ; mais, sous les Ptolémées, le terme égyptien était devenu le terme d'usage, parce que le xuveY) n'avait réellement aucun rapport avec la coiffure égyptienne. A cette époque, bien d'autres mots égyptiens, relatifs à des usages dos pays, étaient employés par les Grecs, tels que yoXyuTr,;, cTupiow et autres que les papyrus nous font connaître, comme à l'époque romaine, beaucoup de mots latins, tels que xiiv(?>;, fiVxo;, ^iQvapiov, >.eyi&)Vy xevTupicov, etc., avaient passé dans la langue.
(93) La fin de cette ligne peut être suppléée encore avec une certitude complète. Porson lisait : ei; tô êv Mf(jL9[«i 'AmeTov éiircdç (jvvjreXecO^; et Yilloison ..Méjx9[8i ^aGi>.eiov 577<o; çuv[TeX. Ce dernier supplément est inadmissible, et le premier est trop court; les conditions sont satisfaites, si nous lisons : ei; t6 ti Me;xç[ei Upôv, ora>; év aÙTû GuvjTsXe^Tdv) ; comme plus haut (1. 8) êv tû £v MétAçet itfC^.