‹ Œuvres choisies de BossuetChapitre 21 sur 32 · An d« RoflM S52 ; dev. J.-G · texte numérisé non relu

An d« RoflM S52 ; dev. J.-G

doiottS allié des Carthaginois, fut abattu; les rois de Macédoine* réduits à l'étroit; et la Grèce affranchie de leur joug. Les Romains entreprirent de faire périr Annibal, qu'ils trou voient encore redoutable après sa perte'. £;e grand capitaine, réduit à se sauver de son pays, remua rorient contre eux. et attira leurs armes en A^sie. Par ses puissants raisonnements, Ântiochus surnommé le Grand, roi de Syrie ^, devint jaloux de leur puissance, et leur fit la guerre; mais il ne suivit pas, en la faisant, les conseils d'Annlbal, qui Ty avoit engagé. Battu par mer et par terre, il reçut la loi que lui imposa le consul Lucius Scipio, frère de Scipion l'Africain, et il fut renfermé dans le montTaurus. An- BÎbaJ, réfugié chez Prusias roi de Bithynie ^, échappa aux Romains par ]e poison. Ils sont redoutés par toute la terre, et ne veulent plus souffrir d'autre puissance que la leur. Les rois étoient obligés de leur donner leurs lenfJants pour otage de leur foi. Antiochus, depuis appelé rillustre ou £pipban;es, second fils d'Antiochus le Grand, roi de Syrie, demeura VNigtemps à Rome en cette qualité ; mais sur la fin* Hu règne de Séleucus Phllopator, son frère atné, il fut rendu; et bs Romains voulurent avoir à sa place Démétrius Soter fils du roi, alors âgé de dix ans. Dans ce contre-temps,. Séleucus mourut'; et Antiochus usurpa le royaume sur son neveu. Les Romains étoient appliqués aux affaires de la Majcédoine, où Persée inquiétait ses voisins, et ne vouloit plus s'en tenir aux conditions imposées au roi Philippe son père*. Ce fut alors que commencèrent les persécutions du peuple de Dieu. Antiochus riihistre régnoit comme un furieux : il tourna toiite sa fureur contre les Juifs, et entreprit de ruiner le temple, la loi de Moïse, et toute la nation". L'autorité des Romains l'empêcha de se rendre maître de l'Egypte. Ils faisoient la guerre à Persée, qui, plus prompt à entreprendre qu'à exécuter, perd oit ses alliés par son avarice, et ses armées par sa lâcheté, vaincu par le consul Paul Emile '®, il fut contraint de MB livrer entre ses mains. Gentius, roi de l'Illyrie, son allié, abattu en trente jours par le préteur Anicius, venoit d'avoir un sort semblable. Le royaume de Macédoine, qui avoit duré sept cents ans, et avoit près dejieui cents ans donné des maîtres non-seu'en)ent à la Grèce, mais encore à tout l'Orient, ne fut plus qu'une province romaine. Les fureurs d'Antiochus s'augmentoient contre le peuple de Dieu. On voit parottre alors la résistance de Mathatias sacrificateur, de la race de Phinées ", et imitateur de son zèle; les ordres qu'il donne en mourant pour le salut de son peuple*'; les victoires de Judas le Machabée son fils, malgré le nombre infini de ses ennemis; l'élévation de la famille des Asmonéens, ou des Machabées; la nouvelle dédicace du temple que les Gentils avoient profané '^; le gouvernement de Judas, et la gloire du sacerdoce rétablie *'; la mort d'Antiochus, digne de son impiété et

t. An de Rome 556-, dev. J.-C. 198. — 2. An de Rome 558; dev. J.-C. 196. — S. An de Rome 559-, dev. J.-C. \V5. —4. An de Rome 561 ; dev. J.-C- 19S.'S. An de Rome 572 -, dev. J.-C. 18t. — 6. An de Rome 578-, dev. j.-c. 17)6.— 7. An de Rome 579-, dev. J.-C. 175. — 8. An de Rome 581 ; dev. J.-C. 173. — 9. An de Rome 583-, dev. J.-C- 171. — 10. An de Rome 586 *, dev. J.-C. 168. — 11. An de Rome 587', dev. J.-C- 167. — 12. An de Rome 588*, dev. J.-C. 166. — IS. Ao à» Borne 589; dev. J.-C. 165. — 14. An de Rome 59o; dev. J.-C. 10%.

SUR l'hîstotre universelle. 199.

de son orgueil; sa Fausse conversion durant sa dernière maladie, et l'implacable colère de Dieu sur ce roi superbe. Son fils Ântiochus £upator, encore en bas Age, lui succéda, sons la tutelle de Lysias son gouverneur. Durant cette minorité, Démétrius Soter, qui étoit en otage à Rome, crut se pouvoir rétablir; mais il ne put obtenir du sénat d'être renvoyé dans son royaume : la politique romaine aimoit mieux un roi enfant. Sous Antiochus Eupator ', la persécution du peuple de Dieu et les victoires de Ju(ias le Machabée continuent. La division' se met dans le royaume de Syrie. Démétrius s'échappe de Rome; les peuples le reconnoissent; le jeune Antiochus est tué avec Lysias son tuteur. Mais les Juifs ne sont pas mieux traités sous Démétrius que sous ses prédécesseurs; il éprouve le même sort : ses généraux sont battus par judas le Machabée; et la main du superbe Nicanor, dont il avoit.si souvent menacé le temple, y est attachée. Mais un peu après, Judas^ accablé par la multitude, fut tué en combattant avec une valeur étonnante ^. Son frère Jonathas succède à sa charge, et soutient sa réputation. Réduit à l'extrémité, son courage ne l'abandonna pas. Les Romains, ravis d'humilier les rois de Syrie, accordèrent aux Juifs leur protection; et l'alliance que Judas avoit envoyé leur demander fut accordée, sans aucun secours toutefois : mais la gloire du nom romain ne laissoit pas d'être un grand support au peuple affligé. Les troubles de la Syrie croissoient tous les jours. Alexandre Balas, qui se vautoit d'être fils d'Antiochus l'Illustre , fut mis sur le trône * par ceux d'Antioche. Les rois d'Egypte, perpétuels ennemis de la Syrie, se mêloient dans ses divisions pour en profiter. Ptolomée Philométor soutint Balas. La guerre fut sanglante* : Démétrius Soter y fut tué, et ne lai.ssa, pour venger sa mort, que deux jeunes princes encore en bas âge, Démétrius Nicator et Antiochus Sidétès. Ainsi l'usurpateur demeura paisible, et le roi d'Egypte lui donna sa fille Ciéopâtre en mariage. Balas, qui se crut au-dessus de tout, se plongea dans la débauche, et s'attira le mépris de tous ses sujets. En ce temps Philométor ' jugea le fameyz procès que les Samaritains firent aux Juifs. Ces schismatiques, toujours opposés au peu(>le de Dieu, ne manquoient point de se joindre à leurs ennemis, et pour plaire à Antiochus l'Illustre leur persécuteur % ils avoient consacré leur temple de Garziim à Jupiter Hospitalier (2, Machah. ,yi. 2; Joseph. Antiq., lib. xii. c 1 , al. 5.). Malgré cette profanation, ces impies ne laissèrent pas de soutenir quelque temps après, à Alexandrie, devant Ptolomée Philométor, que ce temple devoit l'emporter sur celui de Jérusalem. Les parties contestèrent devant le roi et s'engagèrent de part et d'autre, à peine de la vie , à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse {Jns., An t. lib. xm. c. 6, al. 3.). Les Juifs gagnèrent leur cause, et les Samaritains furent punis de mort, selon la convention. Le même roi permit à Onias, de la race sacerdotale, de bAtir en Egypte le temple d'Héliopolis , sur le modèle de celui

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