LES. EMPIRES
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GWAPitftB pHEBflER. — Les révolutimg dus entpités sont réglées 'par là Providence j et x«ri*«*it à hiimilier hspHnces.
Ouoit|u*il n'y ait rien de camparlàble à ceti^ suite.de la vraie Eglise ^e je voua ai représentée, la suite des em|)iïës, quiMI faut maintenant vous Tetaetfre devant les yeux, n'est guère moins profitable, je ne dini pas seutéiïient aut grands princes ûoitnme vous, mais ôncore aux partt^llBrs qui contemplent dans ers grands objets les secrète de la divine Pt'ovid'ence.
Wemiè/renlenl ces empires ont pour la plupart une liaison nécessaire avec l%i6tbire du i^ëdple de bieu. t)ie\i s'é^t servi des Assyriens et des Babyloniens,, pour châtier ce peuple; des Perses, pour le rétablir; dTAlèîtandre et de ses premiers successeurs, poiix le protéger, d'Antiochns rillustre et de ses Successeurs, pour l'exercer; des Romains, pour ^utënir sa liberté contre les rois de Syrie, qui ne songeoient qu'à le détruire. Les Juifs ont duré jusqu'à Jé:^us-Christ sous la puissance des tfiêfmes "Romains. (J'uand ils l'ont méconnu et crucifié, ces mômes Romains ont prêté leurs mains, sans y penser, à la vengeance divine, et cfntextertnrné ce peuple ingrat. Dieu, qui avoit résolu de rassembler dans le même temps le peuple nouveau, de toutes les nations, a premièrement réuni les terres et les mers sous ce môme empire. Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des plus puissants moyens dont la Providence se ^oît servie pour donner cours à rfivangilé. Si le même empire romain a persécuté durant trois cents ans ce peuple nouveau qui naissait de tous côtés dans son enceinte, cette perséoutipn a conÀrmé l'Eglise cbrétiènne^ et a fait éclater si gfôire avec sa fbi et sa patience. Enfin l'empire romain a cédé; et ayiiU trouvé quelque chose de plus invincible que lui, il a reçu paisiblement dans son sein cette Eglise à laquelle il avoit fait une si longue et ai Cruelle guerre. Les empereurs ont. employé leur pouvoir à faire obéir rÉjglise; et Home a été le chef de^'empire spirituel que Jésus-Christ a voulu étendre par toute la terre.
Ouand le temps a été venu que la puissance romaine devoit tomber, *• tn*» ce sctsîhd empire, qui s'étoit vainement promis Péternité, defoit subir la destinée de tous les autres. Rome, devenue la proie des Ba^
SUR L'mSTOWE'TOfWERSELLE. J7^3
bares, a conserré^ par la ?aHg*roii son ancienne «mjeBfé. Lès fiMlens t|ui; ont envahi l-empire romain y <mt ap]7Pis pea à peu (a pvété ehf^étïelntie' qui a adouci leur barbarie; et ieut» rois, en «e mettant chacun (lEHiei sa nation à la piaee des empereurs, i^ont trouvé aucun de leurs litres plus giorietix que celai de protecteurs de l'élise.
Mais il faut iot vous décuurrir les secrets jugements de IMea avr Tempire romain et sur Rome même : mystère que le Saint-Baprita'r^ yélé à saint Jean, et que ce grand homme, apôtre, évangèiiste-et'pro-' pbdte, a expliqué par TApocalypse. Rome, qui-aroit rieilli dans le-cultedes idoles, aroit une peine extrême l s'en défaire, môme «ouslea^em^ pereurs chrétiens ; et le sénat se faisoit un honneur de déi^ndre leadieux de f^otnulus, auxquefs il attrfbuoit tontes le» viotoirea de' l'aircienne république (Zojtm., lib. iv. Orat.Syinm. apud i^lniVr. , tom. t. lib.T.'Fp. XXX. »«f»c xvn. tom. ii. col, %i% etseq.; Aug^j De€irit,'Deif lib.i. c. 1. etc. tom. vu.). Les empereurs étotent fatigués des'députatiomde ee grand corps qui demaniloitle rétablisFement 'de ses idoles, et qui croyoit que corriger Rome de ses vieilles superstitions étoit faire injurt» au nom romain. Ainsi cette compagnie , composée- de ee que l'empire aroit de plus grand, et une immense multitude de peupleoù setrouroient presque tous les plus puissants^de Rome, ne pouvoient être retirées de leurs erreurs, ni par la prédication de l'Évangile, ni par un visible accomplissement des anciennes prophétie», ni parla coaversion presque de teut le re9te de l'empire, ni enfin par celle des princes dont tous les décrets autorisoient le christianisme. Au contraire, ils eontinuoient à charger d'opprobre l'Église de Jésus-Christ, qu'ils accusoient encore, à l'exemple de leurs pères, de tous les malheurs de l'empire, toujours prêts à renouveler les anciennes persécutions , s'ils n'eussent été réprimés par les empereurs. Les choses étoient encore en cet état , au quatrième siècle de TEglise, et cent ans après Constantin . quand Dieu en6ii se res<:ouvint de tant de sanglants décrets du sénat contre tes fidèles, et tout ensemble des cris furieux dont tout le peuple romain, avide du sang chrétien, avoit si souvent fait retentir l'amphithéâtre. H livra donc aui Barbares cette ville « enivrée du sang d(» martyrs, » comme parle saint Jean {Apoc.j zvu. 6.). Dieu renouvela snr eue les terribles châtiments qu'il avoit exercés sur Babylone ; Rome môme est appelée de ce nom. Cette nouvelle Babylone, imitatrice- de l'ancienne, comme elle enflée de ses victoires, triomphante dans ses délfces et dans ses richesses, souillée de ses idolâtries, et perséctitrice du peuple de Dieu, tombe aussi comme elle d'une grande chute, et saint Jean chante sa mine (/&td., xvii, xviii.). La gloire de ses conquêtes, qu'elle attribuoit à ses dieux, lui est ôtée; elle est en proie aux Barlrai'es, prise trois et quatre fois, pillée, saccagée, détruite. Le glaive des Barbares ne pardonne qu'aux chrétiens. Une autre Rome toute chrétienne sort des cendres de la première; et c'est seulement après l'inondation des Barbares que s'achève entièrement la victoire de Jésus-Christ sur les dieux romain.<>, qu'on voit non-seulement détruits, mais encore oubliés.
C'est ainsi que les empires du monde ont se'vi à la religion et iU.
consenraUoQ du peuple de Dieu; c*est pourquoi ce même Dieu, qui a fkit prédire à ses prophètes les divers états de son peuple, leur a fait prédire aussi la succession des empires. Vous avez vu les endroits où Nabuebodonosor a été marqué comme celui qui devoit venir pour punir les peuples superbes, et surtout le peuple juif ingrat envers son auteur. Vous avez entendu nommer Cyrus deux cents ans avant sa naissance, comme celui qui devoit rétablir le peuple de Dieu, et punir Torgueil de Babylone. La ruine de Ninive n'a pas été prédite moins clairement. Daniel, dans ses admirables visions, a fait passer en un Instant devant vos yeux l'empire de Babylone, celui des Médes et des Perses, celui d'Alexandre et des Grecs. Les blasphèmes et les cruautés d*un Antiocbus l'Illustre y ont été prophétisés, aussi bien que les victoires miraculeuses du peuple de Dieu sur un si violent persécuteur. On y voit ces fameax empires tomber les uns après les autres ;et le nouvel empire que Jésus» Christ devoit établir y est marqué si expressément, par ses propres caractères, qu'il n*y a pas moyen de le méconnottre. C'est l'empire des saints du Très-Haut; c'est l'empire du Fils de l'homme ; empire qui doit subsister au milieu de la ruine de tous les autres , et auquel seul ^éte^ nité est promise.
Les jugements de Dieu sur le plus grand de tous les empires de ce monde, c'est-à-dire sur l'empire romain, ne nous ont pas été cachés. Vous les venez d'apprendre de la bouche de saint Jean. Rome a senti la main de Dieu, et a été comme les autres un exemple de sa justice. Mais son sort étoit plus heureux que celui des autres villes. Purgée par ses désastres des restes de l'idolâtrie , elle ne subsiste plus que parle christianisme qu'elle annonce à tout l'univers.
Ainsi tous les grands empires que nous avons vus sur la terre ont concouru par divers moyens au bien de la religion et à la gloire de Dieu, comme Dieu même l'a déclaré par ses prophètes.
Quand vous lisez si souvent dans leurs écrits que les rois entreront en foule dans i'Ëglise, et qu'ils en seront les protecteurs et les nourriciers, vous reconnoissez à ces paroles les empereurs et les autres princes chrétiens; et comme les rois vos ancêtres se sont signalés plus que tous les autres en protégeant et en étendant I'Ëglise de Dieu, je ne craindrai point de vous assurer que c'est eux qui de tous les rois sont prédits le plus clairement dans ces illustres prophéties.
Dieu donc, qui avoit dessein de se servir des divers empires, pour chMier, ou pour exercer, ou pour étendre, ou pour protéger son peuple, voulant se faire connoitre pour l'auteur d'un si admirable conseil, en a découvert le secret à ses prophètes, et leur a fait prédire ce qu'il avoit résolu d'exécuter. C'est pourquoi , comme les empires entroient dans l'ordre des desseins de Dieu sur le peuple qu'il avoit choisi, la fortune de ces empires se trouve annoncée par les mêmes oracles du Saint-Esprit qui prédisent la succession du peuple fidèle.
Plus vous vous accoutumerez à suivre les grandes choses, et aies rappeler à leurs principes, plus vous serez en admiration de ces conseils de la Providence. Il importe que vous en preniez de bonne heme les idées, qui s'éclairciront tous les jours de plus en plus dans votr»
esprit, et que vous appreniez à rapporter les choses humaines aux ordres de cette sagesse éternelle dont elles dépendent.
Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les rois et les monarchies qu'il élève ou qu'il détruit. Mais l'ayant fait tant de fois dans ces grands empires dont nous venons de parler, il nous montre, par ces exemples fameux, ce qu'il fait dans tous les autres ; et il apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c'est lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il lui plaît; et secondement, qu'il sait les faire servir, dans les temps et dans Tordre qu'il a résolu, aux desseins qu'il a sur son peuple.
C'est ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu'il médite pour sa gloire dans toutes les occasions qu'il leur en présente.
Mais cette suite des empires, même à la considérer plus humainement, a de grandes utilités, principalement pour les princes; puisque l'arrogance, compagne ordinaire d'une condition si éminente,est si fortement rabattue par ce spectacle. Car si les hommes apprennent à se modérer en voyant mourir les rois, combien plus seront-ils frappés eo voyant mourir les royaumes mêmes; et où peut-on recevoir une plus belle leçon de la vanité des grandeurs humaines?
Ainsi quand vous voyez passer comme en un instant devant vos yeux, je ne dis pas les rois et les empereurs, mais ces grands empires qui ont fait trembler tout l'univers; quand vous voyez les Assyriens anciens et nouveaux, les Mèdes, les Perses, les Grecs, les Romains se. présenter devant vous successivement, et tomber, pour ainsi dire, les uns sur les autres : ce fracas effroyable vous fait sentir qu'il n'y a rien de solide parmi les hommes, et que l'inconstance et l'agitation est le propre partage des choses humaines.
Chap. II. —Les révolutions des empires ont des causes particulièrts
que les princes doivent étudier.
Mais ce qui rendra ce spectacle plus utile et plus agréable , ce sera la réflexion que vous ferez , non-seulement sur l'élévation et sur la chpte des empires, mais encore sur les causes de leur progrès et sur celles de leur décadence.
Car ce même Dieu qui a fait l'eirchaînement de l'univers, et qui, tout-puissant par lui-même, a voulu, pour établir l'ordre, que les parties d'un si grand tout dépendissent les unes des autres; ce même Dieu a voulu aussi que le cours des choses humaines eût sa suite et ses proportions : je veux dire que les hommes et les nations ont eu des qualités proportionnées à l'élévation à laquelle ils étoient destinés; et qu'à la réserve de certains coups extraordinaires, où Dieu vouloit que 11 main parût toute seule, il n'est point arrivé de grand changement qui n'ait eu ses causes dans les siècles précédents.
Et comme dans toutes les affaires il y a ce qui les prépare, ce qui détermine à les entreprendre, et ce qui les fait réussir, la vraie science.