NOTICE SUR BOSSUET. JJ
en action et en spéculation, de fuir tous les excès, de nç pas pa^n^ pw^nwfcr iitbovt la logique, et de se ten(r dans ce milieu apprôpir(6 à 99$» naluriBiet à notre condition, au-dessus et au-dessous duquel toutêe jJMi «Jartés s'éyanouissent ?
NaHjB.«0Qft;¥U;£os6uet ocenpé, à Metz, à- convertir dés'protestaptp fli«i.«aii*eDlr6edaBs le ministère spirituel, et- chargé depuis d.e9 con- «trsioii^JtS'plus illustres. L'Ëglise catholique eut, sous Louis XIV, dans JSMMAt.etidans Féneloji, deux hommes diversement et merveilleuser ]jCMnft.a(i|U'0|iriés au rôle d'apôtre. Fénelon avait Tonction, la douceur, ' tofOhMina.iDConiparablt de la personne et du langage, Tari de sMnsi: Dvert dADS les coeurs et d'y découvrir le côté vulnéral)Ie, un talent df dMQOitiim très-soupie, mêlé de subtilité et de -mysticité, et qui raipe- PMl touJDucs les discussions au côtéintimeet personnel.. Daps un te^npa Mome le nôtre, où la religion est surtout une affaire'de.sentimebv^r Miait été sans contredit le premier convertisseur; mais il y avait , son» lAiâ&XIV, une classe nombreuse d*hemmes et même de femmes,, qui adhâraiaet à. la. religion réformée par des raisons historiques et théo- IqgiquM, comprenant À fond le point réel de la dispute , armés de tou^ 1m textes de râcriture invoqués par leur ministre, rompus à la.poV^T «pqne, et contre lesquels il fallait soutenir thèse. Cest pour ceux-Ii <|«»,Bo8Suet était puissant, parce qu'il -avait à la fois une éruditioi t#|]gours présente, Phabitude de la polémique , le dédain des vaine» subtilités, et le mérite suprême dans une discussion d'aller toujouri diaMlemeikt an point litigieux , en repoussant et rejetant les question» QîlNiaeft^'les épisodes, les subtilités qui accablent et égarent les meil leUfs esprits. S'il parlait quelquefois au cœur, avec sa grande maniera idtfJAfi de foi et d'autorité, c'est quand il voyait l'ancienne convictioi à demi détruite, et remplacée déjà par les lueurs de la foi nouvelle C'était moins le protestant qu'il combattait que le protestantisme eb lui; aussi fut-il. toute sa vie l'athlète infatigable de l'orthoiloxie catholique. Son zèle aboutissait à des livres, comme celui de Fénelon s'arr^liit à des.sermons, parce que chacun suivait son inclination et son c^fîflèni. Tantôt Bo^uet ré:»umait, comme dans la réfutation de Paul Fi^rflU 1m .objections du catholicisme contre la doctrine protestante, ott link'U ra^mblaitr comme dans TExposition , le^ points fondamentaux d«ia 4sroyance orthodoxe; tantôt il suivait dans les détails de leur po* léoiMpie les plus savants exégètes, tels que Richard Simon, et il luttait aftf eux xi'érudition et de sagacité, ou bien prenant l'offensive, il déroula dans un vaste tableau, comme dans l'Histoire des variations, les CMtrwUjQtions de la religion réformée. Il ne faut pas croire que la po- Hmiqncde Bossuet fât dure; inflexible sur les dogmes nécessaires, il était. ,pnèt à des tempéraments sur des points qui n'intéressaient que la fonoA de r£glise et de la discipline. Personne, de son temps, n'allait auMi.lojua que lui, dans cet ordre 4e concessions. Il était homme d'autorité avant tout, mais à la manière des hommes d'état, et non pas *y9C Mi-emportement aveugle des esprits qui ne voient partout qu'une qmpiMoD d'école. Il acceptait notamment tout ce qui était propre à faéUliaf aux personnes la transition d'une religion à l'autre ; l'Église es •
Xn NOTICE SUR BOSSUET.
tiioUque a donné le m6me exemple quand elle a accepté le mariage dei prêtres et la, communion sous les deux espèces dans rfiglise mtMnienne. Il commença ces négociations avec Paul Ferry ; il lea mptii plus tard avec ^ibnitz. La correspondance de ces deux grands hommei est un échange de notes diploaiatiques, sous la forme de discossioBi scientifiques. Au fond^ il est impossible de croire que des esprits teli que ceux de Bossuet et de Leibnitz pussent s*y tromper : il s'agiattl de négociation et non de conversion. Deux Ëglises, séparées par la dit cipline, peuvent se réunir; à la rigueur môme, l'antagonisme sur in point de dogme peut disparaître à la faveur d'une nouvelle définitioi ou d*uhe nouvelle interprétation; mais entre le catholicisme et le protestantisme , il y a uine question de principe , abîme infranchissable, ici Tautorité, lÀ4a liberté, ou si Ton veut, ici la tradition interprété! par l'Sglise, là la tradition» livrée à l'interprétation libre. Du momeni que l'essence du protestantisme consiste à ne pas accepter l'autorité di rSglise universelle, et l'essence du catholicisme à accepter cette autorité, même dans le passé, et dans toute la suite des conciles œcuméniques, il n*y a qu'une manière pour les protestants de se réunir an catholicisme; c'est de quitter la communion protestante et d'entrei dans la communion catholique. Mais de conserver à la fois les deu principes, et d'admettre le droit de discuter et de résister tout en subissant l'obligation absolue de croire, c'est ce qui n'est pas plus possible que de nier le principe de contradiction. Au fond, Bossuet offrait une capitulation honorable, et Leibnitz en discutait les conditions : voilà le vrai. Il n'y a de fusions qu'entre des opinions libres. L'autoritI absolue en matière de religion, la royauté de droit divin en politiqm peuvent accepter des convertis, et ne font jamais d'alliés.