‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 17 sur 73 · LIVRE I. C · texte numérisé non relu

LIVRE I. C

Et d'un gosier moins rauque expriment leur gaîté : Souvent , au haut de Tarbre où flotte leur cité , Vous voyez leurs ébats agiter le feuillage ; . Une douceur secrète attendrit leur ramage : Ils aiment à revoir , depuis longtemps bannis , Leur arbre hospitalier, leur famille et leurs nids.

Non que du ciel ^^ en eux la sagesse immortelle D'un rayon prophétique ait mis quelque étincelle : L'instinct seul les éclaire : et lorsque ces vapeurs D'où naissent tour à tour le froid et les chaleurs , Ou des vents inconstants lorsque l'humide haleine Change pour nous des cieux l'influence incertaine > Les êtres animés changent avec le temps : Ainsi, muet l'hiver , l'oiseau chante au printemps. Ainsi l'agneau bondit sur le naissant herbage , £t même le corbeau pousse un cri moins sauva8;e.

Mais , malgré ces leçons , crains-tu d'être séduit Par le perfide éclat d'une brillante nuit, Du Soleil , de sa sœur, observe la carrière. Quand la jeune Phébé rassemWe sa lumière ,

Aut qnater ingeminant ; et saepe cubilibns altis , NeHcio qaa prêter solitam dulccdine Ixti , iQter se foliis strepitant ; juvat imbribus actis Progeniem parvain duicesque revisere nidos. Haud equidem credo quia sit diviuitus illis , Ingenium , aut rerum fato prudentia major; Verom, ubi tempestaset cœli mobilis bumor Mutavere via?, et Jupiter uvidus austris Denset , erant qusp rara modo , et que densa, relaxât» 420 Vertuntur species animorum , et pectora motus Nunc alios, alios, dum oublia ventus agebat, Concipiunt Hinc ille aviam cencentus in agris» Et Istx pecudes. et ovantes gutture corvi.

Si vero solem ad rapidum lunas(|ue sequeutcs Ordine respicies, imnquam te crastina fallet Hora , neque insidiis noctis capiere serenx. Luna , revertentes quum primum coliigit ignés » Si nigrum obecuro comprenderit aéra cornu»

Si son croissant terni s'émousse dans les airs, La pluie alors menace et la terre et les mers. Du fard de la pudeur peint-elle son visage, Des vents prêts à gronder c'est le plus sûr présage. Le quatrième jour ^9 (cet augure est certain) , Si son arc est brillant , si son front est serein , Durant le mois entier que oe beau jour amène , Le ciel sera sans eau , TAquilon sans haleine , L'océan sans tempête ; et les nochers heureux ?» Bientôt sur le rivage acquitteront leurs vœux.

Le soleil à son tour t'instruit , soit dès l'aurore , Soit lorsque de ses feux l'occident se colore. Si de taches semé, sous un voile ennemi Son disque renaissant se dérobe à demi , Crains les vents pluvieux ; leurs humides haleines Menacent tes troupeaux, tes vergers et tes plaines. Si de son lit de pourpre on voit l'Aurore en pleurs Sortir languissamment sans force et sans couleurs; Si Phébus , à travers une vapeur grossière Dispersant faiblement quelques traits de lumière ,

Blaxinras agricolis pelagoqae parabitar imber.

430 At si Yirgineiim sufFuderit ore mborem ,

Ventus erit; vente semper rubetaurea Phœbe. Sin orta quarto , namque is certissimus aactor , Pura, neque obtusis per cœlura cornibm ibit, Totns et ille dies , et qui nascentur ab iilo Eiactum ad mensem, piuvia ventisque carebnnt, Totaque serrati solvent in litore nauUe Glauoo, et Panope», et Inoo llelicertx.

Sol quoque et exoriens, et quum se condet in nndas, signa dabit : solem certissima signa sequuntur,

440 Et qu» mane refert , et qus surgentibus aslris. nie ubi nascentem maculls yariaTerit ortum , Conditus in nubem, medioque refngerit orbe, Suspeeti tibi sint imbres : namqve urget ab alto Arboribusque satisque Notus pecorique sinistcr. Aut ubi sub lucem densa inter nubila sese Diversi nimpent radii, aut ubi pallida surget

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