‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 22 sur 73 · LIVRE ÏI · texte numérisé non relu

LIVRE ÏI

Par des moyens nouveaux créa de nouveaux plants. Là d'un arbre fécond les rejetons naissants , Par le tranchant acier séparés de leur père , Vont recevoir ailleurs une sève étrangère ; Ici des souches d'arbre , ou des rameaux fendus , Ou des pieux aiguisés , à nos champs sont rendus : Celui-ci courbe en arc la branche obéissante , Et dans le sol natal Tensevelit vivante ; Cet autre émonde un arbre , et plante ses rameaux , Qui dans son champ surpris deviennent arbrisseaux. Un aride olivier ^ , surpassant ces prodiges , Des éclats d'un vieux tronc pousse de jeunes tiges. De rameaux étrangers un arbre s'embellit , D'un fruit qu'il ignorait son tronc s'enorgueillit ; Le poirier sur son front voit des pommes éclore , Et sur le cornouiller la prune se colore.

Connais donc chaque espèce, et soigne sa beauté; D'un fmit sauvage encore adoucis l'âpreté : Point d'arbres négligés , point de terres oisives; Couvrons de pampre Ismare 7 , et Taburne d'olives.

L'arbre né de lui-même ^ étale fièrement De ses rameaux pompeux le stérile ornement ;

Déposait snlcis ; lue stirpes obruit arvo . Quadrifidasque siides, et acuto robore vallos : SUvarumque aliae pressos propaginis arciis Exspectant, et viva sua plantaria terra. Nil radicis egent aliae, siimmumque putator Ilaud dabitat terrx referens mandare cacumen. Quin et caudlcibus seclis , mirabile dictu ! Truditur e sicco radix oleagina ligno » 40 Et 8»pe alterius ramos impiine videmos Vertere io, alterius, mutalamque insita mala Ferre pinim , et prunis lapidosa rubescere coma.

Quare agite, o, proprios generatim discite cultos, Agricole , froctusque feros mollite colendo. Nea segnes jaceant terr». Juvat Ismara Baccho Conserere, atque olea magnum vestire Tabumum.

Sponte sua quae se tollunt in luminis auras ,

72 LES GÉOnCrQUES.

La nature se plut à parer son ouvrage : Mais qu'on prête à sa tige un rameau moins sauvage , Ou qu'il soit transplanté dans un sol plus heureux ; Dompté par la culture, il comblera tes vœux.

Tels encore, si tu veux les ranger dans la plaine, Ces faibles rejetons patront un jour ta peine ; Par Tombre de leur père étouffés aujourd'hui , Stériles avortons , ils languissent sous lui.

L*arbre qu'on a semé , croissant pour un autre âge, A nos derniers neveux réserve son ombrage : Sa tige même enfante un fruit décoloré ; Le pommier méconnaît son suc dénaturé; La grappe est des oiseaux la honteuse pâture. Tous ces arbres enfin ont besoin de culture ; Que tous soient transplantés , rangés dans les si lions , £t qu'à force de soins ofi achète leurs dons.

Mais chacun d'eux exige un art 9 qu'il faut connaître. De tronçons enfouis '« l'olivier veut renaître ; D'un rameau " sort un myrte agréable à Vénus ; Et les ceps provignés sont plus chers à Bacchus. |

Infecunda quidem, sed Ixta et forlia sutgunt ; i

Quippe solo nabtra subest. Tamen lise quoque si quia 50 Insérât , aut scrobibiu mandet mutata subacUs , |

Exuerint silvestrem aniinum , caltuque frequenti , i

In quascumque voces artes « baud tarda sequentur. I

Nec non et sterilis , qux sUrpibus exit ab imis , |

IIoc faciet , vacuos si sit digesta per agros ; Niuic ait» frondes et rami niatris opacant, Crescentiqne adimunt fétus, uruntque ferentein.

Jam , qu» seminibus jactis se sustulit arbos Tarda venit , seris factura nepotibus umbram ; l^omaque dégénérant , succos oblita prières ; CO Et turpes avibus prsdani fert uya racemos. Scilicet omnibus est labor impendendus, et cmnes Cogendae in sulcum , ac inulta mercede domandx.

Sed trnncis olca; melins, propagine vitcs, llcspoiidentt solido Papliiae de roborc myrdis. IMantis et durs coryli nascuntur, et ingens

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