LIVRE II
Avec plus de succès on transplante le frêne, L'arbre de Jupiter '> , celui du fils d'Alcmène, Le coudrier noueux ; les palmiers toujours verts , Et le sapin , qui croît pour affronter les mers. D'autres '3 seront greffés : sur les planes '4 stériles On porte du pommier les rejetons fertiles ; Le hêtre '^ avec plaisir s'allie au châtaignier; La pierre abat la noix sur l'aride arboisier; Le poirier de sa fleur blanchit souvent '^ le frêne ; Et le porc sous Tonneau broya le fruit du chêne.
Cet art a deux secrets dont l'effet est pareil : Tantôt dans l'endroit même '7 où le bouton vermeil Déjà laisse échapper sa feuille prisonnière. On fait avec l'acier une fente légère ; Là d'un arbre fertile on insère un bouton , De l'arbre qui l'adopte utile nourrisson : Tantôt des coins aigus entr'ouvrent avec force Un tronc <^ dont aucun nœud ne hérisse l'écorce ; A ses branches succède un rameau plus heureux. Bientôt ce tronc s'élève en arbre vigoureux.;
Fraxinus, Herculeaeque arbos umbrosa corons,
Cbaomique patris glandes ; etiam ardaa palina
Nascitor, et casos abies visura marinos.
Inseritor vero ex fêta nucis arbutas horrida: 70 Et stériles platani malos gessere valentes;
Gastane» , fagus, ornusque incanuit albo
Flore piri, glandemque sues fregere sub ulmis. Nec modus inserere , atque oculos imponere» simplex.,
Nam qua se medio trudunt de cortice gemm».
Et tenues nimpunt tunicas, angustus in ipso
Fit nodo sinus; hue aliéna ex arbore germen
Includnnt, udoque docent inolescere libro.
Aut rursom enodes trunci resecantur, et aite
Finditur in solidum cuneis via; deinde feraces 80 Plants immittuntur , nec longom tempus, et ingens
Exiit ad ccelam ramis felicibus arbos ,
Miraturque novas frondes, et non sua ponia. Pra;terea genus haud nnom, nec fortibus ulmis,
£t , se couvrant des fruits d*une race étrangère, Admire ces enfants dont il n*est pas le père.
Le même arbre d'ailleurs >9, diversement produit , Voit changer son feuillage et varier son fruit. La terre , dans les bois , nourrit sous plusieurs formes La race des lotos *^ , des cyprès et des ormes ; Les saules ne sont pas les mêmes en tous lieux ; L'olive*' , ainsi qu'au goût , est différente aui yeux : En des moules divers la nature la jette; En globe l'arrondit, ou l'allonge en navette. La poire** est distinguée, ici par sa grosseur, Là par son coloris , plus loin par sa douceur. L'une mûrit l'été , l'autre tombe en automne, Celle-ci dans l'hiver à la main s'abandonne. Notre vigne fleurit suspendue aux ormeaux ; T^ grappe de Lesbos *^ rampe sur les cc^eaux ; I..es raisins sont tardi& ou se pressent d'éclorc; I^e pourpre les rougit ou le safran les dore : Ceux-ci sur les rochers se cuiront lentement , Ceux-là s'amolliront dans l'airain écumant. Ici d'un jus vermeil la sève généreuse Dans nos veines répand une chaleur heureuse ;
Nec salid , lotoque, nec Id»is cyparissis. Nec pingaes unant lu faciem nascuntor oliv», Orchades, et radM » et amara pausia baeca , Pomaqoe, et Alcinoi silys ; nec sorculos idcii» Criutamiig, Syriûque piris , gravibosqne volemis^ Non eadem arboribiu pendet vindemia nostris, 90 Quam Hethymnaeo carpit de palmite Lesbos. Sant Thasue Tîtes , sant et Mareolides alb» ; Pingnibus hs terris habiles, levioribiis illie : Et passo Psithia ntillor, tenuisijiie Lageos, Tentatura pedes olim, vincturaque linguam; Purpareae, precixque ; et qoo te carminé dicani , Rbxtica? nec celUs ideo contende Faiernis. Sont et Aminxae vites, firmissima vina, Traolius assurgit qnibns, et rex ipse Phanicus ; Argitisqjiie mmor, coi non certaverit ulla,