LIVRE II
Là, que la pierre pouce aux conduits spongieux « Que réeaille poreuse ^7 , enfouie avec eux, Laissent pénétrer Tair dans leurs couches fécondes , £t du ciel orageux interceptent les ondes. J*ai vu des vignerons , du ciel favorisés, Couvrir leurs ceps de pierre ou de vases brisés : Ainsi du Chien brûlant ils évitent Thaleine; Ainsi la froide Hyade inonde en vain la plaine.
Mais à la terre enûn dès qu'ils sont conûés , Que souvent le boyau la ramène à leurs pieds : Qu'on y pousse la bêche, et^^, sans rompre les lignes, Que le soc se promène au travers de tes vignes.
Puis tu présenteras aux naissants arbrisseaux Ou des appuis de frêne, ou de l^ers roseaux; La vigne les rencontre ; et l'arbuste timide , Conduit sur les ormeaux par ce fidèle guide , Bientôt unit son pampre à leurs feuillages verts. Comme eux soutient l'orage, et les suit dans les airs.
Quand ses premiers bourgeons ^9 s'empresseront d'éclore , Que l'acier rigoureux n'y touche point encore :
Qaod SDperest, qascoinqae premes virgolta per agros« Sparge fimo pingui , et multa memor occule terra : Ant lapidem bU>iiliim, ant sqnaientes infode ooncbas. Inter eniin labentar aqaae , tenuisque sobibit S30 Halitos, atqœ animes toUent sata : jamque reperti , Qui saxo super, atque ingentis pondère testa CJrgerent : hoc ef fuses munimen ad imbres, Hoc, ubi hiolca siti findit Canis sstifer arva.
Saninibus posltis, soperest dedacere terrain Sspius ad capita, et duroe jactare bidentes, Aut presso exercere solum sub vomere, et ipsa Flectere luctantes inter vineta juvencos.
Tum levés calamos, et ras» hastilia virgs, Fraxineasqne aptare sudes , furcasque bicornes, 360 Viribus eniti quarum, et contemnere ventos Assuescant , summasque sequi tabulata per ulmos.
Ac . dum prima novis adolescit frondibus aîtas. Parcendum tencris, et, dum se Ixtus ad auras
Même lorsque dans Tair, qu'il commence à braver, I^e rejeton, moins frêle, ose enGn s'élever. Pardonne à son audace en faveur de son âge ; Seulement de ta main éclaircis son feuillage. Mais enûn, quand tu vois ses robustes rameaux Par des nœuds redoublés embrasser les ormeaux, Alors saisis le fer : alors sans indulgence De la sève égarée arrête la licence; Borne des jets errants Tessor présomptueux. Et des pampres touffus le luxe infructueux.
Surtout que de buissons la vigne environnée Évite des troupeaux la dent empoisonnée ; Que la génisse avide et les chevreaux gloutons Respectent sa faiblesse et ses jeunes boutons : L'hiver^ dont les frimas engourdissent la terre, Uété, qui fend la plaine et qui brûle la pierre, Lui seraient moins cruels que ces vils animaux, Dont la dent déshonore et flétrit ses rameaux.
Aussi le dieu du vin, pour expier ce crime, Partout sur ses autels veut un bouc pour victime :
Palmes agit , Iaxis per pmum immissas habenis, Ipsa acie nondum falcis tentanda, sed uncis Carpends manibus frondes, interqne legendae. Inde, ubi jam yalidis amplex» stirpibus ulmos Exierint, tum stringe comas, tum bracbia tonde. Ante reformidant ferrum : lum deniqae dura
570 Exerce imperia , et ramos compesce fluentes.
Texendae sepes etiam , et pecas omne tenendiim, -Prxcipuc dum frons tenera impmdensqae labormus Cui, super indignas hiemes, solemque potentem , Silvestres uri assidue capreaeque se((uace8 Illudunt: pascuntur oves, avidaeque juvencs. Frigora ncc tan tum cana concreta pruina, Aut gravis incumlïens scopulis arentibus sstas, Quantum illi nocuere grèges , durique venenum Dentis, et admorso signala in stirpe cicatrix.
380 Non aliam ob culpam Baccho caper omnibus aris Csptlitur, et veteres ineunt proscenia Indi ; l'raemiaque ingeniis pagos et compita circum