‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 31 sur 73 · LIVRE ir. 9t · texte numérisé non relu

LIVRE ir. 9t

Un bouc ^** était le prix de ces grossiers acteurs

Qui, de nos jeux brillants barbares inventeurs,

Sur un char mal orné promenaient dans TAttique

Leurs théâtres errants et leur scène rustique ;

Et, de joie et de vin à la fois enivrés ,

Sur des outres^' glissants bondissaient dans les prés.

Nos Latins , à leur tour, ont des fils de la Grèce

Transporté dans leurs jeux la bachique allégresse :

Ils se forment d'écorce un visage hideux,

Entonnent pour Bacchus des vers grossiers comme eux ;

£t de Fobjet sacré ^> de leurs bruyants hommages

Suspendent à des pins les mobiles images.

Soudain l'aspect du dieu fertilise les monts ,

Les arides coteaux, les humides vallons.

Gloire, honneur à ce dieu! célébrons ses mystères ;

Chantons pour lui les vers que lui chantaient nos pères;

Qu'un bouc soit par la corne entraîné vers Tautei.

Préparons de ses chairs un festin solennel ;

Et que le coudrier, de ses branches sanglantes ,

Perce de Tennemi les entrailles fumantes.

La vigne veut des soins sans cesse renaissants ; De la terre trois fois il &ut fendre les flancs,

Theâds posuere» atque inter pocula IsU Mollibiis in pratis unctos salière per utres. Nec Don Aôsonii, Troja gens missa , coloni Versibns incomptis ludunt , risuque soluto , Oraque corticibus sumunt horrenda caTatis ; Et te , Bacche , vocant per carmlna Ixta , tibiquc Oscilla ex alta suspendant mollia pina.

390 Uinc omnis largo pubescit Tinea fétu;

Complentur vallesque cavs , saltùsque profundi , Et quocumque deus circum caput egit honestuin. Ergo rite 'suum Baccho dicemus honorcm Carminibus patriis, lancesque et liba feremus; Et ductus cornu stabit sacer hircus ad aram , Pinguiaque in veribus torrebimus exta colurnis.

Est etiam ille labor curandis vitibus alter, Cui niuiquam exbausU satis estj naïutiuc onmc quotannis

92 LES GÉ0R6IQUES.

Sans cesse retrancher les feuilles inutiles, Sans cesse tourmenter des coteaux indociles. Le soleil ^^ tous les ans recommence son cours : Ainsi roulent en cercle et ta peine et tes jours.

Même lorsque le cep , privé de sa parure , Cède aux froids aquilons un reste de verdure , Déjà le vigneron, reprenant ses travaux, Bien loin vers Tautre année étend ses soins nouveaux ; Déjà, d'un fer courbé, la serpette tranchante Taille et forme à son gré la vigne obéissante.

Veux-tu de ses trésors f enrichir tous les ans, . Prends le premier la bêche et les boyaux pesants : Retranche le premier les sarments inutiles; Le premier, jette aux feu leurs dépouilles fragiles ; Renferme leurs appuis, remets-les le premier : Pour boire du nectar vendange le dernier. Deux fois de pampres verts la vigne est surchai^ée ; Deux fois d'herbage épais sa tige est assiégée. Ne désire ^^ donc point un enclos spacieux : Le plus riche est celui qui cultive le mieux. Ne faut-il pas encor, le long des marécages. Dans le fond des forêts, au penchant des rivages

Terqne quaterque solam sclndendum , glebaque vcrsis 400 iEternum fraiigenda bidentibus ; omne levandum Fronde ncmus : redit agricoUs labor aclus in Gtbem , Atque in se sua per vestigia volvitur annu9.

El jam olim, seras posait quum vinea frondes , Frigidus et silvis Aquilo decussit honorera , Jam tum acer curas venientem eitendit in annum Rusticus , et curvo Saturni dente relictam Persequitur vitem attondens , fingilque putando. Primus humwm fodito , primus devecU cremato Sarmenta , et vallos primus sub lecta referto ; 410 Postremus meUto. Bis vitibus ingruit umbra; Bis segetem densis obducunt sentibus herb» •• Duras uterque labor. Laudato ingentia rura , Exiguum colilo. Nec non etiam aspera rusci Vimina per silvam , et ripis Ouvialis arundo

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