LIVRE III
OÙ le sommeil l*învite au fond d'un antre sombre, Où des rochers voisins versent le frais et Tombre .
Surtout je crains pour elle et la rage et le bruit Des insectes ailés que la chaleur produit. A.UX rives du Silare , où des forêts d'yeuses Prolongent dans les champs leurs ombres ténébreuses , Vole un insecte affreux >^, que Junon autrefois, Pour tourmenter lo, déchaîna dans les bois. Aux bourdonnements sourds de son aile bruyante , Tout un troupeau s'enfuit en hurlant d'épouvante : De leurs cris furieux le Tanagre frémit ; La forêt s'en ébranle, et l'Olympe en gémit. Fais donc pattre la mère au soir ou dès l'aurore, Lorsque de son hymen les fruits sont près d'éclore.
Sont-ils nés, à tes soins ils ont droit à leur tour. Marque au front de chacun quel sort l'attend un jour : Les uns sont du troupeau Tespérance certaine ; D'autres d'un soc tranchant déchireront la plaine ; D*autres pour les autels de fleurs seront parcs , Et le reste au hasard ="? bondira dans les prés.
Non saltu snperare viam sit passus, et acri Carpere prata fuga , flaviosqiie innare rapaces. Saltibus in vacuis pascant, et plena secunduin Flamina, muscusubi, et viridissima gramme ripa , Spelancxque tegant , et saxea procubet umbra.
Est laoos Silari circa ilicibusque virentem Plurimiis Alburnum volitans, cui nomen asilo Romanum est, oestrum Graii vertcre vocantes : Asper , acerba sonans; que tota exterrita silvis 150 Diffugiimt armenta ; furit mugitibus xthcr Concussos , silvaeque et sicci ripa Tanagri. Hoc qnondam roonstro horribiles exercuit iras Inachis Jano pestem meditata juvencae :
Ilunc qaoque , nam mediis fervoribiis acrior instat , Arcebis graTÎdo pecori , armentaque pasces Sole recens orto, aut noctem ducentibus astris.
Post partum cura in vitulos traducitur omnis ; Continuoqne notas et nomina gentis inurunt ;
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iro LES GÉORGIQUES.
Ceux qu'on destine au soc, il faut dès leur jeune âge Discipliner au joug leur docile courage : Sur son cou libre encor, ton jeune nourrisson Porte un collier flottant, pour première leçon; Bientôt deux compagnons , qu*un joug d'osier rassemble , Apprennent à marcher, à s'arrêter ensemble; Déjà même un char vide est par eux emporté, Et glisse sur Tarène avec agilité; Puis sous un lourd fardeau, qu'ils ébranlent à peine , Us font crier la roue , et sillonnent la plaine.
Cependant, pour nourrir tes élèves naissants. Au feuillage du saule, au vert gazon des champs , A rherbe des marais joins la moisson nouvelle. De la mère autrefois on pressait la mamelle : Pasteur plus indulgent , laisse-la sans regret Pour ses tendres enfants épancher tout son lait.
Mais veux«>tu près d'Élis, dans des torrents de poudre, Guider un char plus prompt, plus brûlant que la foudre ;
Et quos ant pecori malint snbmittere habendo , «60 Aut aris wrvare sacros, aut scindere terram,
Et campnm borrentem fractis invertere glebis.
estera pascuntur virides annenta per berbas. Tu quOB ad studiam atqoe usam formabis agrestinn ,
Jam vitulos bortare, viamque insiste domandi ,
Imm faciles animi Juvenum , dum mobilis xtas.
Ac primum laxos tenu! de vimine circlos
Gervici subnecte ; dehinc , ubi libéra colla
ServIUo assuerint, Ipsis e torquibus aptos
Jnnge pares, et coge gradum conferre Juvcncos ; 170 Atque illis Jam saepe rots ducantur inanes
Per terrain , et summo Yçstigia pulvere signent :
Post Talido nitens sub pondère faginus axis
Instrepat , et Jonctos temo trahat xreus orbes. Interea pubi indonûts non gramina tantuni ,
Nec Tescas salicum frondes, ulvamque palustrem,
Sed frumenta manu carpes sata ; nec tibi fetx,
Uore patrum, nivea implebunt mulctralia vaccx»
Sed tota In dulces consument ubera natos.