‹ uvres choisies de Descartes [microform]Chapitre 32 sur 90 · FAITES CONTRE LES MEDITATIONS^ ETC · texte numérisé non relu

FAITES CONTRE LES MEDITATIONS^ ETC

inimité de mondes^ ne prou voit pas la réalité formelle de ces obiets. Dire que pour avoir une idée claire de Tinfîni il suffit d'en concevoir quelque chose, c'est dire que vous feriez mon portrait en traçant l'extrémité d'un de mes cheveux.

Vin. Ce que vous désirez n*est pas toujours plus parfait que vous : le pain n*est pas plus parfait que le corps. Les choses que l'on conçoit sont actuellement dans Tidée, mais non pas pour cela dans la nature.

IX. Il n'est pas besoin qu'une cause extérieure plus parfaite que vous préside à votre conservation, par une sorte de création perpétuelle ; il y a des effets qui persévèrent dans l'existence, ilors même que leur cause n*existe plus. Rien n'est plus indissolublement lié que les parties du temps, et d'ailleurs le temps

st extérieur à votre vie et n'y contribue pas plus que les flots au rocher qu'ils arrosent. Vous avez en vous-même une vertu qui vous conserve, bien que vous n'en ayez pas conscience. Pourquoi ne procéderiez-vous pas de vos parents et pourquoi ne remontiToif-on pas de vos parents à une série infinie de causes? Le progrès à l'inlini est absurde entre ces causes, dont l'une ne peut agir sans l'autre, comme les anneaux d'une chaîne, mais non entre les causes dont la seconde peut subsister et continuer son action, alors même que la première est détruite. Vous avez pu former Tidée d'un être parfait des perfections qui lont dans ce monde et que vous avez ampli fiées.

X. Il n'est pas vrai qu'on ne puisse rien retrancher ni rien iijouter à l'idée de Dieu; elle n'a pas toujours été dans notre esprit ce qu'elle est maintenant, et vous ne pouvez pas affirmer qu'elle re se perfectionnera pas encore. Si l'idée de Dieu est en nous, comme la marque de l'ouvrier empreinte su^ son image, quelle est la forme de cette marque ? Si elle n'est point difliérente de cet ouvrage, vous êtes donc semblable à l'idée de Dieu, et par conséquent vous êtes à la fois la marque et l'objet marqué. Pour que Dieu nous eût faits à son image^ il faudrait qu'il eût la forme humaine; l'ouvrage n'est jamais semblable à l'ouvrier. Vous concevez, dites-vous, cette ressemblance, en même to^mps

lit ABRtOS DU OBJICTIOMI

que vous vous reconnoisseï incomplet et dépendant, n'e«t-c# pas plutôt une différence que tous devriei concofoirî Enfin, si Dieu a empreint en nous son idée, pourquoi tous let hommes •o ont-ils une idée à différente T

OOHTRE LA QUATBIÈME M&DITATIOI Dn tni «t da fiu.

L Comment pouvons-nous recevoir Terreur du néant, e; pourquoi Dieu ne nous a-t-il pas donné, puisqu'il le pouvoit, une faculté qui nous empêchât de consentir à l'erreur? Sans éouU on ne doit pas s occuper des causes finales dans les sciences physiques, mais cela est permis en théologie naturelle. Que seroit en ▼«» ridée de Dieu, si vous n*anei jamais fait usage de vos lens extérieurs?

II. L'univers n'auroit-il pas été plus parfait si aucune de ses parties n'eût été défectueuse, c'est-è-dire si vous n*eussiei pas été sujet à l'erreur? Dire que la présence de quelques parties imparfaites est une plus grande perfection dans Tunivers, c*est affirmer qu'une république composée de bons et de méchants est plus parfaite que celle où ne figureroient que des gens de bien. Quand l'erreur seroit une négation qui ne procéderoit de rien, ni par conséquent de Dieu, Dieu, en vous créant, ne poufUit-il pas remédier à cette négation ?

III. La volonté n*est pas plus vaste que l'entendement : jamais elle ne s'applique à une chose dont nous n'ayons pas idée. Quand il n'y a dans l'entendement aucune raison qui incline la volonté d'un côté ou d'un autre, il ne s'ensuit aucun j'igement. Si l'entendement conçoit clairement, le libre arbitre porte son jugement sans hésitation; mais il ne le prononce qu'avec crainte lorsque la conception de l'entendement est

obiciiie*

lY. Je répète q« la difficulté est de saioir dans quel cas unt conception claire iMNis égare, et dans quel eu elle nous conduit bien*

PAITEi CONTRE LES MÉDITATlOlft, ITC 163

CONTRE LA CINQUIÈME MÉDITATION J>ê l'êoenca des choses naturelles et de rexistêoee de Dim.

L Ce qu'on appelle l'esssence d'une chose n'est que ce qui convient généralement à tous les individus, et ne peut exister que parles individus. L'homme est, YoilkjàWron^ Inexistence; l'homme e$t animal, voilà l'essence : mais quiconque dit que rhonime existe, entend aussi qu'il est animal ; et quiconque dit que l'homme est animal, entend par là même qu'il existe. L'existence et l'essence ne peuvent donc se séparer. 11 n'est pas vrai que vous eussiez eu l'idée du triangle si vous n'eussiez jamais vu ou touché de corps*

11. Vous prétendez que l'existence fait partie de l'essence de Dieu, comme il est de l'essence d'un triangle rectiligne que ses trois angles soient égaux à deux droits. Or, cette égalité est un mode qui fait sans doute partie de l'essence du triangle, de même que la tuute-puissance est un mode qui fait partie de l'essence de Dieu. Mais si l'existence appartient à l'essence divine, on peut prétendre, avec une égale raison, que l'existence appartient aussi à l'essence du triangle. Comme on ne reconnott le rapport des trois angles d'un triangle avec deux droits que par la démonstration, de même le rapport de l'existence à l'idée de Dieu a besoin d être démontré.

m. Vous faites reposer la certitude de l'évidence sur l'existence de Dieu; mais vous étiez pleinement convaincu des vérités géométriques, et vous aviez admis cette proposition : Je pense, donc je suis, avant d'être assuré de l'existence de Dieu. Plusieurs révoquent Dieu en doute, et personne ne tient pour douteuses les démonstrations de la géométrie.

DeTeii

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