ABRÉGÉ DES OBJECTION
tngles ; voilà en quoi consiste ici toute Vopération inlellectuelle, c'est un nom. L'intellection et rimagination suivent le sort l'une de l'autre quant à la clarté ; elles ne diffèrent que
de desré* 11. Si (luelquefois les sens nous trompent, ils nous montrent
quelquefois la vérité.
m. De ce qu'il vous est donné de vous concevoir sans votre corps, vous concluez que vous en êtes distinct. Il ne s'agissoit pas de savoir si vous éUez ce corps grossier composé de membres, mais un corps plus subtil répandu dans l'autre.
lY. Comment 1 espèce représentative du corps qui est étendue, formée, etc., pourroil elle être reçue en vous, si vous liiez inétendu? Vous ne savez pas ce que vous êtes, en supposant même que vous sachiez que vous n'êtes pas étendu. Pouvez-vous n'avoir pas d'extension, vous qui êtes dans toutes les parties de votre corps? Si vous n'êtes point corporel, comment pouvez-vous mouvoir le corps?
V. Comment l'union est-elle possible entre un être corporel et un être incorporel? La douleur n'est qu'une séparation de parties, comment puurriez-vous souffrir si vous éUez simple et
indivisible. ,
VI. J'approuve vos conclusions sur la croyance qu il faut accorder à ce que nos sens nous montrent le plus souvent, sur li distinction de la veille et du sommeil, et enfm sur les f<»blesset et les infirmités de notre nature.
fttPONBES AUX CINQUIÈMES OBJECTIONS Des thoêêi qui out M objectée» coniM U premier» MédiUtio».
Aucune des objections présentées contre la premier-. Méditation n'est appuyée de preuves.
De» eàoMe qui ont été objectée, contre U deuxième MéditaUê».
l. L'appareil dont je me suis servi pour prouver que j'existe
„'a pas été trop grand, puisque je ne vous ai pas encore con-
FAITES CONTRE LES MEDITATIONI, ETC. I^g
vaincu; je ne pouvois conclure mon existence d'aucune autre action que de ma pensée, car toutes les autres peuvent être révoquées en doute.
IL Tai fait voir que je ne suis pas un vent quand j'ai montré que je ne puis supposer qu'il n'y a point de vent au monde, sans altérer en rien la connoissance que j'ai de moimême.
III. Si Tâme semble languir avec le corps, en cela elle ressemble à un bon ouvrier qui ne peut rien laire avec an mauvais outil. C'est à vous de prouver que je suis un corps, que l'âme des bêtes est corporelle et que le corps contribue à la pensée.
IV. Pourquoi ràrae ne penseroit-elle pas toujours, puisqu'elle est une substance qui pense ? Il n'est pas étonnant que nous oubliions les pensées que nous avons eues dans le sein de nos mères ou pendant les léthargies, puisque nous ne nous souvenons pas d'un grand nombre de pensées de la veille et de r&ge mûr.
V. Ce que j'ai dit sur l'imagination est assez clair. Autre chose est appartenir à la connoissance que fai de moi-même, auu-e chose appartenir à mon essence.
VI. Je regarde ce que vous dites sur l'imagination et Tintellec* tion comme des murmures et non comme des raisons.
VIL Tout ce que vous alléguez sur les bêtes est hors de propos, car l'esprit méditant sur lui-même peut expérimenter qu'il pense, mais non pas que les bêtes ont des pensées.
VIIL Je n'ai point séparé le concept de la cire du concept de ses accidents ; mais j'ai voulu montrer comment la substance est manifestée par les accidents ; je ne vois pas sur quel argument vous vous fondez pour affirmer que le chien juge de la mêiiie façon que vous.
IX. En sachant que je suis, je sais par cela même ma nature; car pour rendre une substance manifeste on n'a besoin que d'ea faire connoltre les divers attributs. Quand je parle de la cire et de ses accidents, je ne prétends pas me servir de la vue et du toucher qui s'exercent par l'entremise des organes, mais d«
■-^r.-irr^lf^^S^ii^f,'^^^^.,
fOi ABRftOfl DV8 OBJECTIOm
la seule pensée de voir et de toucher^ semblable à cette de nM iongee.
D«s choMs qui ont 4t4 objecUes ooutra U tr >isièine MédiUtioa.
I. Od ne saurait prouver que les fiersonncs dont les opinions jiil fausses les conçoivent clairement et distinctement. Je croig
avoir donné une méthode pour reconnoltre si la clarté d'une connoissance est vraie ou apparente.
II. Prétendre que l'idée factice vient du dehors, c'est affirmer que Praxitèle n*i point fait ses statues. Pour connoltre que je suis une chose qui pense, je n'ai pas besoin des idées d'animal,
de plante, etc.
m. C'est une question que de savoir si je marche sor la terre. Celui qui nie le monde matériel ne peut-il pas dire que c'est nous-mftmes qui forgeons l'idée de couleur, et que si l'aveugle ne l'a point, c'est faute d'invention T Refuser le nom d'idée à celle que l'astronomie nous donne du soleil, c'est restn^ndre ce nom aux seules images, contre oo que j'ai expressément
établi.
IV. Vous faites la même chose quand vous dites qu'on n'a aucune idée véritable de la substance. L'idée de substance n'emprunte pas aux accidents tout ce qu'elle a de réalité, car on ne conçoit jamais la substance à la façon des accidents. Si nous avons appris des autres ce que nous savons de Dieu, d'où les autre** l'ont-ils appris T Je ne prétends pas que nous ayons de l'infini, ni même de la plus petite chose, une conception adéquate de tout ce qu'il y a d'intelligible dans ces objets; mais nous en possédons une intellection conforme à la portée de notre esprit. Ce n'est pas pour nous cne simple négation du fini, car au contraire, toute l'imiution contient la négation de l infini. L'idée de Dieu renferme plus de réalité que celle des ihose finies; car vous oonvenei vous-même que nous amplifions les qualités de ces choses pour les attribuer à Dieu. Or, d'où lous vient cette faculté d'amplifier, si ce n'est de l'idée d'une whose plus grande, c'est-à-dire de Dieu même T
FAITES CONTRE LES MEDITATIONS, BTO. If?
f • U n'est rien dans un effet qui n'ait été premièrement dans sa cause. La réalité formelle d'une idée n'est pas uat substance.
VI. Vous aimez mieux vous en rapporter k ^ros aneiens préjugés sur l'existence du monde matériel, que d'en chercher les raisons. L'esprit peut se prendre pour objet de son action : le sabot qui tourne n'agit-il pas sur lui-même ? Je n'ai point dit que l'idée des choses matérielles dérivât positivement de l'esprit, mais seulement que rien n'empêchoit qu'elle en put dériver.
VII. Je n'ai pas besoin pour avoir idée de l'infini de le comprendre, car il y a contradiction entre infini et comprendre, et pourtant l'idée que j'en ai ne représente pas seulement une partie de l'infini, mais tout l'infini, comme il peut être représenté par une idée humaine.
Vlli. De ce que je désire du pain, je n'infère pas que le pain soit plus parfait que moi, mais que je suis moins parfait quand j'ai besoin de pain que quand je puis m'en passer. Les choses contenues dans une idée sont dans la nature, quand cette idée ne peut avoir d'autre cause que ces objets eux-mêmes.
IX. Nier que nous ayons besoin de l'influence continuelle de la cause première pour être conservés, c'est se mettre en contradiction avec tous les métaphysiciens. Quand j'ai parlé de Pindépendance des parties du temps, je n'ai pas entendu le temps abstrait, mais la durée de l'objet qui peut cesser d'être à chaque moment. En supposant que nous avons en nous une faculté qui nous conserve, vous attribuez à la créature la perfection du Créateur et à celui-ci l'imperfection de la créature, parce qu'il luroit besoin d'agir pour détruire. Vous êtes en contradiction avec vous-même sur le progrès à l'infini des causes, puisque vous le reconnoissez absurde pour celles dont l'inférieure nt peut agir sans une supérieure qui la remue. Enfin je ne puis accroître les perfections humaines, jusqu'à ce qu'elles ne soient plus humaines, que si j'ai un Dieu pour auteur de mon être.