Quel «it U principt d« toata» om fonetioni
Mais on ne sait pas comnmnément en quelle façon ces esprits animaux et ces nerfs contribuent aux mouvements et aux sens, ni quel est le principe corporel qui les fait agir; c'est pourquoi, encore que j'en aie déjà touché quelque chose en d'autres écrits, je ne laisserai pas de dire ici succinctement que, pendant que nous vivons, il y a une chaleur continuelle en notre cœur, qui est une espèce de feu que le sang des veines y entretient, et que ce feu est le principe corporel de tous les mouvements de nos Mfiembres.
AftT. t. Commtnt st tàii le moavemeut dn
Son premier effet est qu'il dilate le sang dont les cavités dn cœur sont remplies; ce qui est cause que ce sang, ayant besoin d'occuper un plus grand lieu, passe avec impétuosité de la cavité droite dans la veine artérieuse, et de la gauche dans la grand» artère; puis, cette dilatation cessant, il entra incontinent àt
fS8 L£S FASSIONS DE L'A|fl
nouveau sang de la veine cave en la cavité droite du cœur, et de l'artère veineuse en la gauche; car il y a de petites peaux aux entrées de cas quatre vaisseaux, tellement disposées qu'elles font que le sang ne peut entrer dana le cœur que par les deux derniers ni en sortir que par le» deux autres. Le nouveau sang entré dans le cœur y est incontinent après raréfié en même façon que le précédent; et c'est en cela seul que consiste le pouls ou battement du cœur et des artères; en sorte que ce battement le réitère autant de fois qu'il entre de nouveau sang dans le cœur. C'est aussi cela seul qui donne au sang son mouvement, et fait qu'il coule sans cesse très-vite en toutes les artères et les veines, au moyen de quoi il porte la chaleur qu'U acquiert dans le cœur à toutes les autres parties du corps, et il leur sert dt nourriture.
Art. la. GomntDt iu «sprito animaoi ioat pcodaite dans la earraan.
Mais ce qu'il y a ici de plus considérable, c'est que toutes lej plus vives et les plus subtiles parties du sang que la chaleur a raréfiées dans le cœur entrent sans ce«ie en grande quantité dans les cavités du cerveau. El la raison qui fait qu'eUes y vont plutôt qu'en aucun autre lieu, est que tout le -ang qui sort du cœur par la grande artère prend son cours en ligne droite vers ce lieu-là, et que, n'y pouvant pas tout entier, à cause qu'il n'y a que des passages fort étroits, celles de ses parties qui sont les plus agitées et les plus subtUes y passent seules pendant que le reste se répand en tous les autres endroits du corps. Or ces parties du sang trèwubtiles composent les esprits animaux; et elles n'ont besoin à cet effet de recevoir aucun autre changement dans le cerveau, sinon qu'elles y sont séparées des autres parties du sang moins suhUles; ctr ce que je nomme ici des esprits ne sont que des corps, et ils n*ont point d'antre propriété sinon que ce sont des corps très-peUts et qui se meuvent très-vite, sinsi que les parties de la flamme qui sort d'un flambeau; en sorte (ju'ili ne s'arrêtent en aucun fieu, et qu'à mesura qu'il en entra
fREMltlRR PARTIE |8)^
quelques-uns dans les cavités du cerveau, il en sort aussi quelques autres par les pores qui sont en sa substance, lesquels pores les conduisent dans les nerfs, et de là dans les muscles, lu moyen de quoi ils meuvent le corps en toutes les diverses façons qu'il peut être mû.
ÂKT. 11. GomawDt m font ki moaTtoianti daa miudai.
Car la seule cause de tous les mouvements des membres est que quelques muscles s'accourcissent et que leurs opposés s'allongent, ainsi qu'il a déjà été dit; et la seule cause qui fait qu'un muscle s'accourcit plutôt que son opposé est qu'il vient tant soit peu plus d'esprit du cerveau vers lui que vers l'autre. Non pas que les esprits qui viennent immédiatement du cerveau suffisent seuls pour mouvoir ces muscles , mais ils déterminent les autres esprits qui sont déjà dans ces deux muscles à sortir tous fort promptement de l'un d'eux et passer dans l'autre, an moyen de quoi celui d'où ils sortent devient plus long et plus lâche, et celui dans lequel ils entrent, étant promptement enflé par eux, s'accourcit et tire le membre auquel il est attaché. Ce qui est facile à concevoir, pourvu que l'on sache qu'il n'y a que fort peu d'esprits animaux qui viennent continuellement du cerveau vers chaque muscle, mais qu'il y en a toujours quantité d'autres enfermés dans le même muscle qui s'y meuvent très- vite, quelquefois en tournoyant seulement dans le lieu où ils sont, à savoir lorsqu'ils ne trouvent point de passages ouverts pour en sortir, et quelquefois en coulant dans le muscle opposé : et d'autant qu'il y a de petites ouvertures en chacun de ces muscles par où ces esprits peuvent couler de l'un dans l'autre, et qui sont tellement disposées que, lorsque les esprits qui viennent du cerveau vers l'un d'eux ont tant soit peu plus de force que ceux qui vont vers l'autre, ils ouvrent toutes les entrées par où les esprits de l'autre muscle peuvent passer en celui-ci, et ferment en même temps toutes celles par où les esprits de oeluHÛ peuvent passer en l'autre; au moyen de quoi tous les esi-its contenus auparavant en ces deux muscles
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lOd LES FASSIONS ÛË L*AMt
l'assemblent en l'un d'eux fort promptement^ et ainsi l'enflent et l'accourcissent , pendant que l'autre s'allonge et se relâche.
A RT. 11. Commtnt let objets de dehon agissent contre les orgues des lens.
Il reste encore ici à savoir les causes qui font que les esprits ne coulent pas toujours du cerveau dans les muscles en même façon , et qu'il en vient quelquefois plus vers les uns que vers les autres. Car, outre l'action de l'âme, qui véritablement est en nous l'une de ces causes, ainsi que je dirai ci-après, il y en a encore deux autres qui ne dépendent que du corps , lesquelles il est besoin de remarquer. La première consiste en la diversité des mouvements qui sont excités dans les organes des sens par leurs objets, laquelle j'ai déjà expliquée assez amplement en la JHoptrique; mais afin que ceux qui verront cet écrit n'aient pas besoin d'en avoir lu d'autres, je répéterai ici qu'il y a trois choses à considérer dans les nerfs, à savoir : leur moelle, ou substance intérieure, qui s'étend en forme de petits filets depuis 1« cerveau , d'où elle prend son origine , jusques aux extrémités des autres membres auxquelles ces filets sont attachés; puis les peaux qui les environnent et qui , étant contigués avec celles qui enveloppent le cerveau , composent de petits tuyaux dans lesquels ces petits filets sont enfermés; puis enfin les esprit? animaux qui, étant portés par ces mêmes tuyaux depuis le cerveau jusques aux muscles, sont cause que ces filets y demeurent entièrement libres et étendus, en telle sorte que la moindre chose qui meut la partie du corps où l'extrémité de quelqu'un d'eux est attachée fait mouvoir par même moyen la partie du cerveau d'où il vient, en même façon que lorsqu'on tire un des bouts d'une corde on fait mouvoir l'autre.
A HT. 13. Oue Cette «ctioo des objets de dehors pent eondmn diTersement
!«:> esprits dans les maseles.
E^. j'ai expliqué en la Dioptriqtte comment tous les objets de vue ne se communiquent h nous que par cela muX qu'ils meu-
PRÊIIIÈRE PAftTIÈ
lent localement, par l'entremise des corps transparents qui sont entre eux et nous , les petits filets des nerfs optiques qui sont lu fond de nos yeux, et ensuite les endroits du cerveau d'où îiennent ces nerfs; qu'ils les meuvent, dis-je, en autant de diverses façons qu'ils nous font voir de diversités dans les choses, Hi que ce ne sont pas immédiatement les mouvements qui se fou' en l'œil, mais ceux qui se font dans le cerveau, qui représenteni à l'âme ces objets. A l'exemple de quoi il est aisé de concevoir que les sons, les odeurs, les saveurs, la chaleur, la douleur, la faim, la soif, et généralement tous les objets, tant de nos autres sens extérieurs que de nos appétits intérieurs, excitent aussi quelque mouvement en nos nerfs, qui passe par leur moyen ju» qu'au cerveau ; et outre que ces divers mouvements du cerveau font voir à notre âme divers sentiments, ils peuvent aussi faire sans elle que les esprits prennent leur cours vers certains musdes plutôt que vers d'autres, et ainsi qu'ils meuvent nos membres, ce que je prouverai seulement ici par un exemple. Si quelqu'un avance promplement sa main contre nos yeux, comme pour nous frapper, quoique nous sachions qu'il est notre ami, qu'il ne fait cela que par jeu et qu'il se gardera bien de nous faire aucun mal, nous avons toutefois de la peine à nous empêcher de les fermer; ce qui montre que ce n'est point par l'en treraise de notre âme qu'ils se ferment, puisque c'est contre notre volonté, Jaquelle est sa seule ou du moins sa principale action; mais c'est à cause que la machine de notre corps est tellement composée que le mouvement de cette main vers nos yeux excite un autre mouvement en notre cerveau, qui conduit les esprits animaux dans les muscles qui font abaisser \e» paupières.
A»T. 14 Que la diversité qni est entre les esprits peut ansri diTersifler
leur cours.
L'autre cause qui sert à conduire diversement les esprits ani- Biaux dans les muscles est l'inégale agit;jtion de ces esprits et » diversité de leurs oarties Car lorsque quelquesunes de leun
rt!
parties sont plus grosses et plus agitées que les atilres, ellek pas^ sent plus avant en ligne droite dans les cavités et dans les pores du cerveau, et par ce moyen sont conduites en d'autre» muscla qu'elle! ne seraient si elles avaient moins de force.
Ait. 15- Quellei loot 1m causes de leur diversiU
Et cette inégalité peut procéder des diverses matières dont ils sont composés, comme on voit en ceux qui ont bu beaucoup de vin que les vapeurs de ce vin, entrant promptement dans le sang, montent du cœur au cerveau, où elles se converUssent en esprits, qui, étant plus forts et plus abondants que ceux qui 7 sont d'ordinaire, sont capables de mouvoir le corps en plusieurs étranges façons. Cette inégalité des esprits peut aussi procéder des diverses dispositions du cœur, du foie, de l'estomac, de U rate et de toutes les autres parties qui contribuent à leur production; car il faut principalement ici remarquer certains petiU nerfs insérés dans la base du cœur, qui servent à élargir et êtrecir les entrées de ces concavités, au moyen de quoi le sang, s'y dilatant plus ou moins fort, produit des esprits diversement disposés. H faut aussi remarquer que, bien que le sang qui entre dans le cœur y vienne de tous les autres endroits du corps, il arrive souvent néanmoins qu'il y est davantage poussé de quelques parties que des autres, à cause que les nerfs et les muscles qui répondent à ces parties-là le pressent ou l'agitent davantage, et que, selon la diversité des parties desquelles il vient le plus, il se dilate diversement dans le cœur, et ensuite produit des esprits qui ont des qualités différentes. Ainsi, par exemple-, celui qui vient de la partie inférieure du foie, où est le fiel, {6 dilate d'autre façon dans le cœur que celui qui vient da 'a rate, et celui-i autrement que celui qui vient des veines des bras ou des jambes, et enfin celui-ci tout autrement oue le suc des viandîs, lorsque, étant nouvellement sorti de l'estomac et des boyaux, il passe promptement par le foie jusques an
cœur.
FKtSMlERE PARTIE
Ait. II. CMBm«ni tous les membres peuvent êtres mus par les objets des sent et par les esprits sans l'aide de l'ime.
Enfin il faut remarquer que la machine de noire corps est tellement composée que tous les changements qui arrivent au mouvement des esprits peuvent faire qu'ils ouvrent quelques porcs du cerveau plus que les autres, et réciproquement que, lorsque quelqu'un de ces pores est tant soit peu plus ou moins ouvert que de coutume par l'action des nerfs qui servent aux sens, cela change quelque chose au mouvement des esprits, et fait qu'ils sont conduits dans les muscles qui servent à mouvoir le corps en la façon qu'il est ordinairement mû à l'occasion d'une telle action; en sorte que tous les mouvements que nous faisons sans que notre volonté y contribue (comme il irrive souvent que nous respirons, que nous marchons, que nous mangeons, et enfin que nous faisons toutes les actions qui nous sont communes avec les bêtes) ne dépendent que de la conformation de nos membres et du cours que les esprits, excités par la chaleur du cœur, suivent naturellement dans le cerveau, dans les nerfs et dans les muscles, en même façon que le mouvement d'une montre est produit par la seule force de son ressort et la figure de ses roues.
▲ir. 17. Quelles sont les fonctions de Time.
Après avoir ainsi considéré toutes les fonctions qui appartiennent au corps seul, il est aisé de connoître qu'il ne reste rien •n nous que nous devions attribuer à notre âme, sinon nos pensées, lesquelles sont principalement de deux genres, à savoir : les unes sont les actions de l'âme, les autres sont ses passions. CeUes que je nomme ses actions sont toutes nos volontés, à cause que nous expérimentons qu'elles viennent directement de notre âme, et semblent ne dépendre que d'elle; comme, au contraire, on peut généralement nommer ses passions toutes les sortes de perceptions ou connoissances qui se trouvent en nous, à caust
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que souvent ce n'est pas notre âme qui les fait teUes qu'elle. sont, et que toujours eUe les reçoit des choses qui sont représentées par elles.
Art. tl. D« U toIobU.
Derechef nos volontés sont de deux sortes; car les unes sont des actions de Tâme qui se terminent en l'âme même , comme lorsque nous voulons aimer Dieu ou généralement appliquer uotre pensée à quelque objet qui n'est point matériel; les autres sont des actions qui se terminent en notre corps, comme lorsque de cela seul que nous atons la volonté de nous promener, il suit que nos jambes se remuent et que nous marchons.
▲rt. <f. Des p«rc«ytioQi.
Nos perceptions sont aussi de deux sortes, et les unes ont l'âme pour cause, les autres le corps. Celles qui ont l'âme pour cause sont les perceptions de nos volontés et de toutes les imaginations ou autres pensées qui en dépendent; car il est certain que nous ne saurions vouloir aucune chose que nous n'apercevions par même moyen que nous la voulons; et bien qu'au regard de notre âme ce soit une action de vouloir quelque chose, on peut dire que c'est aussi en elle une passion d'apercevoir qu'elle vtut; toutefois, à cause que cette perception et cette volonté no sont en effet qu'une même chose , la dénomination se fait toujours par ce qui est le plus noble, et ainsi on n'a point coutume de 1* nommer une passion, mais seulement une action.
Ait. ti. !>•• iaufuitUoni ft viin» p«iué« qui lomt fonnéM pu Vêêu
Lonqu« notre âme s'applique à imaginer quelqu* choM qui B*«tt point, comme â se représenter un palais enchanté ou une chimère « et tuaai lorsqu'elle s'applique à considérer quelqi« chose qui eit leotoment intelligible et non point imaginable, nr «xem^ à etniidérer sa propre nature, )m perceptions
FIlMIftRB FARTIB 198
qu'elle a de ces choses dépendent principalement de la volonté qui fait qu'elle les aperçoit; c'est pourquoi on a coutume de les onsidérer comme des actions plutôt que comme des passions.
▲iS. tl« Dm iuufiflations qni B*oot pour caïut qttt It oorpf.
Entre les perceptions qui sont causées par le corps, la plupart dépendent des nerfs; mais il y en a aussi quelques-unes qui n'en dépendent point, et qu'on nomme des imaginations, ainsi que celles dont je viens de parler. d«squ«lles néanmoins elles différent en ce que notre volonté m 5 emploie point â les former, ce qui fait qu'elles ne peuvent être mises au nombre des actions de l'âme, et elles ne procèdent que de ce que les esprits étant diversement agités, et rencontrant les traces de diverse! impressions qui ont précédé dans le cerveau , ils y prennent leur cours fortuitement par certains pores plutôt que par d'autres. Telles sont les illusions de nos songes et aussi les rèYeriet que nous avons souvent étant éveillés, lorsque notre pensée erre noMchalàniment sans s'appliquer à rien de soi-même. Or, encore que quelques-unes de ces imaginations soient des passions de l'âme, en prenant ce mot en sa plus propre et plus parfaite signification, et qu'elles puissent être toutes ainsi nommées, si on le prend en une signification plus générale , toutefois , pour ce qu'elles n'ont pas une cause si notable et si déterminée que les perceptions que l'âme reçoit par l'entremise des nerfs, et qu'elles semblent n'en être que l'ombre et la peinture, avant que nous les puissions bien distinguer, il faut considérer la différence qui est entre ces autres.
Ait. tl. D« la difféitoct qax Mt «Btrt 1m miru ptrctptioM.
Toutes les perceptions que je n'ii pis encore expliquées viennent à l'âme par l'entremise des nerfs, et il y t entre elles cette différence que nous les rapportons les unes aux objets de dehon ^ui frappent nos sens, les autns à notre âme.
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' LBI fAlllOK» Dï L'AMI ta. LV« i^reeptinn» qoe nom rtpportoni lU objits qai lOllt k« !•
PKKMI£RC PAnTIt
Celles que nous rapportons à des choses qui sont bon de nous, à savoir aux objets de nos sens, sont causées , tu moins lorsque notre opinion n'est point fausse, par ces objets qui, excitent quelques mouvements dans les organes des sens exténeurs, en excitent aussi par Fentremise des nerfs dans le cerveau, lesquels font que l'âme lu sent. Ainsi lorsque nous voyons U lumière d'un flambeau et que nous oyons le son d une cloche, ce son et cette lumière sont deux diverses actions qui, par celi seul qu'elles excitent deux divers mouvemenU en quelques-um de nos nerfs, et par leur moyen dans leur cerveau, donnent à rime deux senUmenis différents, lesquels nous rapportons tellement aux sujets que nous supposons être leurs causes, que nous pensons voir le flambeau même et ouïr la cloche, non pu senUr ^ulemcnl dts mouvements qui Tiennent d'eux.
Art. U. I>e« perciptious que aous Mpi>onon8 à notre eorp*.
Les percei.iions que nous rapportons à notre corps ou à quelques-unes de ses parties sont celles que nous avons de la faim, de la soif et de nos autres appéUts naturels, à quoi on peut joindre la douleur, la chaleur et les autres affections que nous sentons comme dans nos membres, et non pas comme dans lei objets qui sont hors de nous : ainsi nous pouvons sentir pd même temps, et par l'entremise des mêmes nerfs, la froideur de notre main et la chaleur de la flamme dont elle s'approche, ou bien au contraire la chaleur de la main et le froid de l'air auquel elle est exposée, sans qu'il y ait aucune différence entre les actions qui nous font sentir le chaud ou le froid qui est en notre main et celles qui nous font sentir celui qui est hors de nous, sinon que, l'une de ces actions survenant à l'autre, noui lUfitons que la première est déjà en nous, et que celle qui survient n'y est pas encore, mais en l'objet qui la cause.
▲bt. it. Dm pOMptlou qvt uùm nppoïKmi I Min âa«.
Les perceptions qu'on rapporte seulement à l'âmt sont cellev doxt on sent les effets comme en l'âme même, et desquelles on ne connoU communément aucune cause prochaine à laquelle on les puisse rapports : tels sont les sentiments de joie, de colère, •t autres semblables, qui sont quelquelbis excités en nous pai les objeU qui meuvent nos nerfs, et quelquefois aussi par d'autrei causes. Or, encore que toutes nos perceptions, tant celief fu'on rapporte aux objets qui sont hors de nous que celles qu'on rapporte aux différentes affections de notre corps, soient véritablement des passions au regard de notre âme lorsqu'on prend ce mot en sa plus générale signification, toutefois on a coutume de le restreindre â signifier seulement celles qui se rapportent à l'âme même, et ce ne sont que ces dernièreis que j'ai entrepris ici d'expliquer sous le nom de passions de l'âme.
A»T. t«. Que les imïfiuations qui nt dépendent que dn MOUTement furtuit de* esprits, peuveat iue d'aoMi TériUble* passiooi que les perceptions qai lèl*tDdent des nerf«.
U reste ici â remarquer que toutes les mêmes choses que l'âme aperçoit par l'entremise des nerfs lui peuvent aussi êtie reprélentécs par le cours fortuit des esprite, uns qu'il y ait au^ différence sinon que les impressions qui viennent dans le cerveau par les nerfs ont coutume d'être plus vives et plus expresses que celles que les esprits y excitent : ce qui m'a fait dire en l'article 21 que celles-ci sont comme l'ombre et la peinture des autres. Il faut aussi remarquer qu'il arrive quelquefois que cette peinture est si semblable â la chose qu'elle représente, qu'on peut y être trompé touchant les perceptions qui se rapportent aux objets qui sont hors de nous, ou bien celles qui se rapportent à quelques parties de notre corps, mais qu'on ne peut pas l'être en même façon touchant les passions, d'autant qu'elles sont li proches tt si intérieures à notre âme qu'il eat